BEAC : UN TEST D’HONORABILITÉ ET DE CREDIBILITÉ POUR LE PRÉSIDENT TOUADERA

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BEAC: UN TEST D’HONORABILITÉ ET DE CREDIBILITÉ POUR LE PRÉSIDENT TOUADERA
Par GJK
À Bangui comme dans les milieux centrafricains de l’étranger, ça se discute. Le sujet est à l’ordre du jour et les spéculations vont bon train. Qui sera le successeur du Tchadien Abbas Mahamat Tolli à la tête de la BEAC ? Des noms sont cités, des CV circulent. On le sait, en vertu du principe de la rotation des postes à la tête des institutions communautaires, il revient au Chef d’Etat centrafricain, de proposer dans les prochains jours à ses pairs des autres pays, le nom du futur Gouverneur. Un véritable test de crédibilité et d’honorabilité pour Faustin Archange Touadera.
Considérée comme le ventre mou de la région – c’est de notoriété quasi universelle -, la RCA, ou plus précisément tout ce qui la concerne, semble souvent se mêler d’inquiétudes, de doutes, de suspicions, de mauvais augures. Aussi, il est facile d’imaginer en ce qui concerne le poste de Gouverneur de la BEAC, que les autres pays de la communauté monétaire, ne demandent pas mieux, que d’acter un échec de notre pays, au bout de cet exercice. Une désignation simple en apparence, mais sensible dans le fond, et pleine d’inconnus du fait des enjeux politiques multiples et non négligeables.
D’où l’importance pour le Président Centrafricain, d’analyser finement tous les intérêts en présence, de résister à ses propres faiblesses habituelles, et surtout de faire preuve d’une lucidité infaillible face aux écueils dont certains sont connus, notamment :
– l’implication de la France au niveau de certaines étapes du processus de désignation. Une telle présence ne saurait être un atout pour la RCA quand on connaît les relations difficiles qu’entretiennent les deux pays ;
– Le risque de voir la candidature centrafricaine contestée et finalement rejetée par un ou plusieurs chefs d’Etat, comme ce fut le cas à l’époque, pour le premier candidat équato-guinéen retoqué par le Président congolais Denis Sassou-Nguesso ;
– l’éventualité de voir les autres Chefs d’Etat des pays membres de l’Institution, remettre sur la table, la fameuse polémique autour de l’adoption par la RCA de la crypto monnaie. Ainsi, le moment pourrait être choisi pour demander au Président Touadera, d’apporter certaines précisions et prendre des engagements écrits, clairs et précis, dans le but de rassurer ses homologues et de garantir la stabilité de l’institution par rapport à cette question de crypto monnaie. Sans ajouter que les discussions autour d’un tel sujet, peuvent faire naître des frustrations et servir de prétexte pour demander à la RCA de passer son tour… en attendant une prochaine fois.
Au-delà de toutes ces considérations, le point qui suscite malgré tout plus d’interrogations et d’inquiétudes, reste celui du profil du candidat de la RCA.
En effet, il est à craindre, et il serait en tout cas hasardeux, s’agissant des fonctions de Gouverneur de la BEAC, un poste international, de faire prévaloir les habituels critères ridicules, qui souvent servent pour les nominations au niveau national. Autrement dit, céder au népotisme aveugle pour cette désignation cruciale, serait simplement suicidaire pour notre pays.
En tout état de cause, aucune raison ne saurait justifier que le poste si convoité de Gouverneur de la BEAC échappe à la RCA. Il existe bien des cadres centrafricains au profil exempt de toute équivoque, et dont la carrière, l’expérience et la maîtrise des institutions bancaires internationales, prédisposent à accomplir valablement cette noble mission.
Wait and see.
GJK-Guy José KOSSA

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