Bangassou/Alindao : Bientôt Touadéra sur place pour décompter des cadavres !

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Alors que le président français, Emmanuel Macron, vient de prendre service, de nommer  Edouard Philippe comme son premier ministre qui s’attèle à former le premier gouvernement de son premier quinquennat,  afin de créer les conditions indispensables à la mise en œuvre de sa promesse de la défense des intérêts du peuple français, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, qui a été démocratiquement et massivement élu plus d’un an plutôt, sur la base de la promesse de la sécurisation et de la pacification de la République centrafricaine, non seulement peine avec un gouvernement de bras cassés et de débauchés à trouver des excuses pour justifier un tant soit la non traduction de cet engagement en actes, mais surtout ne cesse de démontrer tous les jours que Dieu fait  son incapacité notoire à agir avec courage et détermination.

 C’est le triste et très regrettable  constat auquel sont parvenus tous les combattants de la liberté et de la démocratie, au lendemain des derniers évènements d’Alindao et de Bangassou avec leurs lots d’exactions et d’actes de graves atteintes aux droits humains qui ont pour noms tueries, lâches et crapuleux assassinats, femmes enceintes éventrées et égorgées, hommes, femmes, enfants et personnes du 3ème âge  brûlés à vifs dans leurs maisons ou huttes de fortunes,  villages et maisons incendiées, personnes déplacées et obligées de trouver refuge en brousse et d’y vivre comme des animaux, etc.

Des  crimes odieux dont les responsabilités sont imputables aux égorgeurs d’un certain Ali Darass, mercenaire peuhl d’origine nigérienne, d’une part, et à des bandes armées, d’autre part. Au vu et au su des autorités légitimement et légalement établies et des forces onusiennes, en flagrante violation des dispositions des  résolutions 2127 et 2149 du conseil de sécurité leur faisant formellement obligation de désarmer par la force et sous le chapitre VII de la charte, toutes les bandes armées sans exclusive !

Aussi, les populations locales abandonnées à elles – mêmes et livrées à la merci de ces seigneurs de guerre sans foi ni loi et de leurs égorgeurs, sont – elles obligées pour se défendre et résister jusqu’à ce que la mort ne survienne, de se constituer en éléments d’autodéfense avec des armes rudimentaires. Ce qui s’est passé à Yongofongo, à Alindao, et à Bangassou, ces derniers jours, n’est autre chose que l’expression d’une soif de justice, d’un abandon, d’un raz – le bol généralisé et d’une détermination à s’autodéfendre  de la part des centrafricaines et des centrafricains meurtris et fatigués de courir sur leur propre terre, de pleurer et d’enterrer leurs morts dans l’anonymat le plus total.

Une manière tout simplement pour eux de rappeler, d’abord, au président Touadéra à qui ils ont confié la gestion de leur destinée, sa responsabilité et son engagement, en tant que chef suprême des armées, à défendre l’intégrité du territoire national, assurer la protection du peuple et à préserver les intérêts fondamentaux de l’Etat. Une manière tout simplement pour eux de rappeler, ensuite, à M. Onanga Anyanga, représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, l’obligation qui est la sienne, celle de désarmer conformément aux termes des résolutions 2127 et 2149 du conseil de sécurité, par la force, toutes les bandes armées qui ne cessent de tuer, de prendre en otage tout un peuple et de mettre en coupes réglées le pays de B. Boganda. Une manière tout simplement pour eux d’attirer, enfin, l’attention de  l’opinion nationale et internationale, sur leur triste sort et de les informer sur leurs parts de complicités dans la tragédie que vit le peuple centrafricain, depuis plus de deux ans sur sa propre terre.

Ceci étant dit, si beaucoup d’arguments peuvent aujourd’hui être avancés pour soutenir la non application stricto sensu des résolutions 2127 et 2149 et  alléger les charges devant peser sur les épaules de M. Onanga et de la Minusca, il n’en demeure pas moins cependant qu’il leur sera non seulement très difficile de convaincre le peuple centrafricain sur les raisons de leur refus d’arrêter le mercenaire Ali Darass, lorsqu’il sévissait à Bambari, mais surtout de justifier leur incapacité de l’empêcher, lui et ses éléments, de continuer leurs exactions et leurs tueries à Alindao, Mingala, Nzacko, Bakouma, etc…Une complicité qui saute à l’œil nu et qui se justifie par la défense et le partage d’intérêts communs : le pillage des ressources minières que sont l’or, le diamant et autres.

Quant au président Touadéra, en sa qualité de chef suprême des armées, il n’est plus l’homme de son temps, l’homme du peuple et le défenseur de ses intérêts. Comme l’a dit Laurent Fabius, lors de la cérémonie d’investiture d’Emmanuel Macron !

En effet, au lieu de prendre toutes les dispositions pour rendre opérationnelles, en un temps record, les forces armées centrafricaines, seules forces capables de défendre l’intégrité du territoire national et d’assurer au prix de leur sang la protection du peuple centrafricain, il s’est totalement perverti et fourvoyé en s’alignant sur la position de la Minusca et de M. Onanga qui les trouvent politisées, indisciplinées, ethnicisées et non professionnelles et du coup se fondent sur l’approche de la formation pour les mettre hors course,  prolongeant ainsi la souffrance du peuple centrafricain et justifiant in fine le maintien de la présence de la Minusca en RCA. S’est ajoutée à cette absence de volonté politique et de courage digne de tout homme d’Etat à braver le danger pour défendre les intérêts de son peuple et de son pays, sa politique de mains tendues, au nom de la paix, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, à tous ces seigneurs de guerre et leurs éléments, bourreaux du peuple centrafricain.

La conjugaison de ces deux approches a fini par faire de lui, non pas un bon père de famille prêt à se faire violence pour la vie et l’avenir de ses progénitures, jusqu’au sacrifice suprême, à l’exemple d’une mère poule couvant ses poussins et les défendant contre tout prédateur, mais plutôt un responsable qui fuit ses devoirs de chef de famille et qui préfère confier la charge de ses enfants et de son épouse à ses voisins. Alors que ceux – ci se battent, par souci d’humanité, à s’en occuper, il passe le plus clair de son temps à l’extérieur et revient sur la pointe des orteils tard la nuit pour se coucher.

Telle est l’impression que le peuple centrafricain a aujourd’hui, après plus d’un an du pouvoir, du président Touadéra à qui il a confié la gestion de sa destinée. Et, comme il n’a pas la volonté politique et le courage d’un homme d’Etat de rendre opérationnelles les faca, il ne peut et ne pourra que passer son temps à discourir et à décompter des cadavres.

Jean – Paul Naïba  

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