Bambari 3 : Affaire Angbabata : silence complice et coupable de l’Eglise et de tous les soldats du Christ

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Il était froidement abattu avec une dizaine de ses fidèles, le 19 mars 2018, dans sa belle paroisse de Séko, située à 65 km de la ville de Bambari sur l’axe d’Ippy, alors qu’il avait ouvert ses portes pour accueillir de milliers de personnes déplacées, fuyant d’ ignobles exactions des mercenaires de l’UPC d’Ali Darass, leur donner du refuge et du réconfort en tentant de les soulager tant moralement que matériellement, les soigner et leur donner de quoi à manger.

De nobles valeurs qui fondent et qui doivent caractériser toute existence humaine sur cette terre des hommes, pour lesquelles, il y a aujourd’hui 2000 ans, un certain Jésus – Christ a milité pendant 3 ans, quelque part en Palestine, jadis colonie romaine. De nobles valeurs au nom desquelles le Galiléen, comme l’appelaient  si ironiquement ces accusateurs, les oligarques de son temps,  a été arrêté pour « association de malfaiteurs, agitation à l’ordre public et atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat », jugé et condamné le même jour et crucifié avec des voleurs. De nobles valeurs  qui fondent le christianisme,  qui servent de solides et indestructibles fondations à l’Eglise Catholique et qui justifient après la Résurrection du Christ la foi pour tout chrétien à l’espérance et à la vie éternelle.

Ceci étant dit, l’Abbé Joseph Désiré Angbabata, était lâchement et crapuleusement assassiné dans sa paroisse dont il assumait avec ferveur, don de soi et totale disponibilité, les fonctions de curé. Mort dans l’exercice de ses fonctions, diraient les experts chevronnés en gestion des ressources humaines.Tombé courageusement en martyr, selon les doctrinaires de l’Eglise Catholique  et tous les soldats du Christ. Une mort violente et gratuite dont l’annonce a été faite quelques heures plus tard par le contingent mauritanien de la Minusca, à son supérieur hiérarchique, l’évêque du diocèse de Bambari, Richard APPORA.

Mais alors que l’on s’entendait tout logiquement à ce  que ce dernier pût se lever pour faire le voyage de Séko, bravant ainsi la peur et l’insécurité afin d’en savoir davantage sur les circonstances de l’assassinat de son prêtre, à l’exemple de l’intrépide missionnaire spiritain, Prosper Augouard, vicaire apostolique de l’Oubangui de 1890 à 1909, avec siège à Brazzaville, qui n’avait jamais cessé de remonter les cours du Congo et de l’Oubangui, pour  aller s’enquérir des nouvelles de ses prêtres, à savoir le Père Jules Rémy, fondateur de Saint Paul des Rapides, le Père Joseph Moreau, fondateur de la Sainte Famille des Banziris, le Père Emile Leclerc, le Père Félix Sallaz, pour ne citer que ceux – là, les réconforter et les soutenir dans leurs œuvres messianiques, l’évêque de Bambari ne fera miraculeusement ce déplacement que le 21 mars 2018, sous de fortes pressions de certaines personnalités et des membres de la famille du De Cujus qui exigeaient coûte que coûte l’exhumation de la dépouille pour une inhumation digne de ce nom au cimetière des Pères Missionnaires à Bambari.

C’est en ce moment – là où l’on apprendra avec effarement que l’Abbé Angbabata a été mis en terre, par quelques – uns de ses courageux et intrépides chrétiens, dans un cercueil de fortune fait de planches et de quelques bouts de bois ramassés ça et là. Ces onze (11) malheureux compagnons du jour, quant à eux, ont été jetés dans une fosse commune, dans l’enceinte de la paroisse.

Voilà de bien tristes nouvelles qui auraient dû non tantum faire  sortir l’évêque de Bambari, Richard APPORA, de son silence pour demander des explications à la Minusca  dont la base se trouvait à 5 Km des lieux du crime et aux autorités légalement et légitimement établies de notre pays, sed etiam faire révolter l’Eglise Catholique de Centrafrique dans toute son entièreté, au premier rang de laquelle le Cardinal Nzapalaïnga, d’une part, et tous les soldats du Christ, clercs, chrétiens et laïcs engagés, d’autre part.

Une si belle opportunité qu’ils auraient dû saisir pour briser le silence de la peur, raffermir la foi aux Saintes Paroles de l’Evangile du Christ et rallumer la flamme de l’espérance, dans un pays en crise depuis décembre 2012, où sévissent et règnent partout les forces des ténèbres, des cris de détresse, des pleurs et des deuils. Une si belle opportunité qu’ils auraient dû saisir pour se lever, s’organiser et marcher tous les dimanche au sortir de la messe, chapelets et Bible à la main,  pour dénoncer toutes ces exactions et ces milliers de morts et demander à la Minusca et au Gouvernement plus de responsabilités et plus d’efforts pour le respect des droits humains dans ce pays. Comme le font depuis plusieurs jours déjà, avec beaucoup de courage, de ferveur, de détermination et d’engagement, l’Eglise Catholique en RDC, tous les clercs, les laïcs, et les chrétiens sous l’impulsion du vaillant soldat du Christ, Mgr Monséngo.

Mais, au lieu de suivre cet exemple auquel tout chrétien et tout soldat du Christ sont appelés, depuis l’inhumation de l’Abbé Angbabata, aucun signal dans ce sens n’ a été émis ni par son supérieur Mgr Richard APPORA, ni  par  le Cardinal Nzapalaïnga  ni par tous les soldats du Christ. A peine a – t – on vu des feuilles de palmiers en sa mémoire, pendant la semaine sainte, à l’entrée de nos églises ! Et jusqu’à ce jour, plus rien. Comme si l’homme n’avait jamais vécu. Comme s’il n’avait jamais  été un apôtre du Christ.

 Venant de la part de l’Eglise Catholique et de tous les soldats du Christ de Centrafrique, ce silence est complice et coupable. Silence complice ? Parce que la situation que connait actuellement la République centrafricaine exigerait  une parfaite collaboration entre les chefs religieux et les instigateurs de la crise, au nom de la réconciliation nationale  et de la cohésion sociale, conformément aux termes des statuts et règlement  intérieur de la Plateforme des Confessions Religieuses, et ce, moyennant de gros avantages matériels et financiers qui procurent honneurs et gloire terrestres à ses différents membres, contre le respect scrupuleux de la loi d’omerta.

Silence coupable ? Parce que l’Eglise Catholique de Centrafrique et tous les soldats du Christ, faute d’avoir dénoncé cet assassinat et d’en avoir fait une large diffusion, au point où le Pape n’en a pas fait échos dans son fameux discours urbi et orbi, le dimanche de la messe pascale à Rome, ne peuvent ne pas être responsables de tous les crimes les plus odieux qui y sont commis in dies singulos et qui continuent d’y être commis.

Jean – Paul Naïba

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