Assemblée Nationale : Touadéra crée un scandale lors de la cérémonie des obsèques du député des M’Brès Pierre Marie Aimé FRANCK

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Comme si un grand danger imminent et attentatoire à la vie de la République, la stabilité des institutions, l’intégrité du territoire et à la sûreté nationale devait provenir de la Maison du Peuple, le président Touadéra, secoué psychologiquement et intérieurement par une effrayante peur bleue, depuis le retour inopiné de l’ancien chef d’état – major du président Patassé, a fait quadriller l’assemblée nationale par un dispositif sécuritaire impressionnant des éléments de la garde présidentielle et du contingent rwandais, dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 janvier 2020, alors qu’il devait s’y dérouler dans la matinée de ce jour la cérémonie des obsèques du député de la circonscription des M’Brès Pierre Marie Aimé FRANCK. La suite est tout simplement pathétique, humiliante, révoltante et indigne de son statut de président de la République.

En effet, selon les informations rapportées par la majorité des élus de la nation présents à cette cérémonie d’hommage mérité et d’adieu à leur collègue et parvenues à notre rédaction, de fermes instructions ont été données par l’homme fort de Bangui à ses ouailles en tenues militaires et à ses mercenaires rwandais et ceux du Groupe Wagner de les fouiller systématiquement, à l’entrée de la guérite. Même si quelques – uns parmi eux, et Dieu seul sait qu’ils sont minoritaires, plus retors et plus courageux, ont refusé de se soumettre à cet exercice, indigne de leur rang et en évoquant conformément à la constitution leurs privilèges, notamment l’immunité parlementaire qui les mettent à l’abri de certains actes de cette nature dans l’exercice et le cadre de leurs fonctions, la majorité s’est malheureusement pliée à cette opération de recherche minutieuse d’objets suspects. Ainsi donc, tous ont été palpés, touchés, explorés, farfouillés et fouinés, à l’exemple de son propre parent Nestor Nally, député de la circonscription de Damara, tant dans les cartables et les costumes que dans les sacs à mains pour les femmes dont les contenus sont généralement des objets intimes et personnels.

Quelle honte et quelle humiliation subies par les représentants nationaux, en flagrante violation des dispositions de la loi, lors d’une cérémonie funèbre où le recueillement, la politesse, la civilité, le partage, le respect, le pardon et l’humilité de chacun devant la mort doivent être mis en valeur, scrupuleusement observés et transmis comme modèles aux jeunes générations ? Comment Touadéra peut – il avoir si peur jusqu’à en vouloir aux élus de la nation, même à ceux qui sont de la majorité parlementaire présidentielle ? Est – il prêt pour la paix, le pardon, la quiétude nationale, le vivre ensemble, la cohésion sociale et la sécurité ? Qu’est – ce qu’il se reproche tant au point de voir le mal partout ?

Quelques minutes plus tard, cerise sur le gâteau, ces sources de renchérir que dès son arrivée dans la grande salle où est exposée la chapelle ardente, l’homme a été invité par le protocole d’état à aller directement décorer la dépouille mortelle et déposer une gerbe de fleurs. Puis, il a été dirigé vers les membres de la famille du De Cujus pour serrer les mains de son épouse et de ses enfants. Mais, alors que le président de l’assemblée nationale, le premier ministre, tous les membres du bureau de la deuxième institution de la République et les principaux responsables des institutions républicaines l’attendaient pour un check hand, comme l’exigent les us et pratiques protocolaires et comme l’impose le minimum vital éducationnel et civilisationnel, soudainement et sans aucune raison, le mathématicien de Boy – Rabé a été curieusement dévié pour prendre la porte, sans même avoir à lever la main droite en signe de salutation, à la grande surprise de tous, sans exception. Même si son départ inattendu et surprenant n’a pas pourtant mis fin au déroulement de la cérémonie, ce manque total de politesse, de courtoise, de civilité élémentaire et de respect de l’autre dont il a fait montre à leur égard, en sa qualité de garant de la République et de l’unité nationale, et qui résonne comme un acte de mépris et d’humiliation, ne pouvait non seulement que les jeter dans l’émoi et le doute, mais surtout les persuader que dorénavant la collaboration est rompue entre lui et toutes les institutions républicaines et que le divorce entre l’exécutif et le législatif semble définitivement consommer.

A ce propos, dans l’une de nos dernières parutions, n’avons – nous pas annoncé que rien ne va plus entre Touadéra et son pion de Ngon Baba ? N’avons – nous pas révéler que le mathématicien de Boy – Rabé a saisi l’opportunité, à lui offerte par la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an au palais de la Renaissance, pour dire de vives voix à celui qu’il a utilisé à grands coups de billets de banque pour obtenir le départ du président Abdoul Karim Méckassoua, ce qui suit : « M. le président, je regrette d’avoir permis que vous soyez – là. Et j’ai compris votre jeu » ? Que dire maintenant de l’attitude d’impolitesse qu’il a affichée dans la matinée de ce lundi devant tous les corps constitués de l’Etat, et de surcroît, dans l’hémicycle de l’assemblée nationale ? A – t – il refusé de serrer les mains du maître du céans et de tous ceux qui l’entouraient pour ne pas avair à en faire autant avec le député Béa Bertin et tous les membres du bureau politique du KNK qui étaient là ?

Dans tous les cas, depuis le retour inopiné de l’ancien président François Bozizé, à Bangui, l’âme du président Touadéra est profondément en peine. Une peine qui loin d’être soulagée, ne fait que s’intensifier tous les jours. Mais, comment peut – il avoir la paix du cœur quand les ambassadeurs de l’UA et de la CEEAC en poste à Bangui ont décidé d’aller à la rencontre de son pire cauchemar ? Comment peut – il continuer d’avoir confiance en ses plus proches collaborateurs, entre autres le président de l’assemblée nationale, qui n’ont pas hésité, lors de l’arrivée de la dépouille mortelle de Pipo, à aller serrer les mains du chef d’état – major du président Patassé  et lui faire allégeance, selon son entendement? L’ami de ton ennemi n’est – il pas tout bonnement ton ennemi ?

Pauvre Touadéra !

Jean – Paul Naïba

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