Assemblée Nationale : 300 millions de Fcfa pour la destitution de Méckassoua et l’instabilité du pays

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300 millions de Fcfa. Selon des sources dignes de foi, tel est le montant exact de la somme extraite directement de la caisse de l’Etat, sur instructions du premier ministre Sarandji, alias le boxeur, pour en finir avec le président de l’assemblée nationale Abdoul Karim Méckassoua et le faire remplacer par Martin Ziguélé.

300 millions de Fcfa, c’est ce qu’il faut pour construire 12 bâtiments de 4 salles de classe, à Bozoum, chef de la préfecture de l’Ouham – Pendé et dans ses environs, afin de tenter de juguler l’absence d’infrastructures scolaires dans cette région dont il est  originaire. 300 millions de Fcfa, c’est ce qu’il faut pour doter certaines communes de cette préfecture de centres de santé et de maternité afin de tenter de soulager des femmes enceintes des risques liés à la grossesse et au fort taux de mortalité infantile ; 300 millions de Fcfa, c’est ce qu’il faut pour venir en aide à plus de 600 ménages qui, victimes des dernières pluies qui se sont abattues ces derniers temps dans la capitale, sont sans – abris, abandonnés à eux – mêmes, et livrés à de nouvelles intempéries, comme des animaux ; 300 millions de Fcfa, c’est tout simplement plus que ce qu’il faut pour payer les salaires de l’entraineur des Fauves, le français Jules ACORSI, pour lesquels la République centrafricaine a été condamnée et court le risque d’être suspendue par la FIFA des toutes les compétitions internationales de Football.

Malheureusement, pour assouvir des projets machiavéliques, personnels et étrangers aux besoins prioritaires du peuple centrafricain qui a décidé de confier, dans les urnes, la gestion de sa destinée au président Touadéra, c’est cette somme qui est mise en jeu pour acheter les voix de la majorité des députés, obtenir la destitution du président Abdoul Karim Méckassoua, et rendre ad aeternam vitam ingouvernable le pays.

Les raisons avancées par les partisans de cette funeste entreprise, dont un certain Emmanuel Nakoé Dimblélé, touchent à la mal – gouvernance, au manque total d’esprit de management de la part de Méckassoua et à la haute trahison. Mais ces griefs sont – ils prévus et réprimés par les dispositions de la constitution du 30 mars 2018, sur laquelle Touadéra a solennellement prêté serment et la loi organique portant règlement intérieur de l’assemblée nationale ? Répondre à cette pertinente interrogation, c’est évoquer sans ambages et sans fioritures les conditions de mise en route de la destitution du président de l’assemblée nationale.

Ces conditions sont formellement consacrées par les dispositions des  lois susmentionnées. La constitution du 30 mars 2016 en fait mention en son article 70 en ces termes : « le président de l’assemblée nationale peut faire l’objet d’une procédure de destitution pour manquement aux devoirs de sa charge sur la demande motivée du 1/3 des députés. La destitution n’est prononcée que si le vote recueille plus des 2/3 des députés composant l’assemblée nationale. L’assemblée nationale procède alors à l’élection d’un nouveau président dans les 3 jours francs qui suivent cette destitution. Le scrutin se déroule en bulletin secret ».

Ces critères ont été développés par les dispositions de la loi organique portant règlement intérieur en ses articles 12 et 13 en ces termes : « Le Président de l’Assemblée Nationale peut faire l’objet de procédure de destitution pour manquement aux devoirs de sa charge sur demande de un tiers (1/3) des députés. Sont considérés comme manquements aux devoirs de sa charge : le fait de s’opposer de quelque manière que ce soit à ce que le Bureau de l’Assemblée Nationale rende compte aux Députés de ses activités et de sa gestion, conformément à l’article 130 de la présente loi Organique portant Règlement Intérieur de ladite Institution ; la rétention délibérée du rapport d’une Commission Spéciale ou ad ‘hoc à l’Assemblée ; la non transmission de la résolution de mise en accusation du Président de la  République au Procureur Général Près la Haute Cour de Justice, conformément aux alinéas 2 et 3 combinés de l’article 125 de la Constitution du 30 mars 2016 ; de la décision de mise en accusation des Députés, conformément aux dispositions de l’article 123 de la Constitution du 30 mars 2016.

La demande motivée et revêtue des signatures des députés est adressée à la Conférence des présidents pour programmation. L’examen de la demande de destitution est inscrit d’office au point un (01) de l’ordre du jour de la séance suivante de l’Assemblée Nationale. Les débats relatifs à la destitution du Président de l’Assemblée Nationale sont présidés par le 1erVice président. Avant l’ouverture du débat, lecture est faite de la demande de destitution et parole est donnée au Président mis en cause. La destitution n’est prononcée que si le vote recueille la majorité des deux tiers (2/3) des députés composant l’Assemblée Nationale. L’Assemblée Nationale procède alors à l’élection d’un nouveau Président dans les trois (03) jours francs qui suivent cette destitution dans les conditions fixées à l’article 10 ci-dessus. Le scrutin se déroule à bulletin secret » ; « En cas de défection totale du Bureau, le Président de la République convoque une session extraordinaire au cours de laquelle il est procédé à l’élection d’un nouveau Bureau ».

Au regard des dispositions sus-évoquées, une seule question mérite d’être posée, celle de savoir si le président Méckassoua a posé dans sa gouvernance des actes de nature à le faire tomber sous le coup de ces conditions. En réponse, et loin de prendre fait et cause pour le député de la circonscription du 3ème arrondissement de la ville de Bangui, les faits soutenus par ses détracteurs et qui sont relatifs à l’affaire Mme Dékono et à la mal – gouvernance administrative et financière qui défraient actuellement les chroniques et ne cessent de contribuer à jeter du discrédit sur la deuxième institution de la République, peuvent bien être débattus par les députés en conférence des présidents et y trouver des solutions sans pour autant en arriver à cette fameuse entreprise en cours visant à sa destitution. C’est une tempête dans un verre d’eau, comme dirait l’autre.

Le faire, c’est tout simplement y donner des connotations politiques pour des manœuvres politico politiciennes à des fins étrangères à la cause du peuple centrafricain qui est privé du droit à la vie, la paix et au pain sur sa propre terre. Le faire, c’est se rendre complice de tous les liquidateurs de la République qui ne veulent que manœuvrer en eaux troubles afin de  créer  l’instabilité et alimenter ad aeternam vitam la crise encore pendante et encore vivante.

Cela ne saurait en être autrement tant les conséquences de ces manœuvres ne visent qu’à mettre un terme, à travers la personne du président de l’assemblée nationale, à l’équilibre géopolitique national au nom duquel la communauté internationale, à savoir la France, les Etats – Unis, la Chine, l’Onu, le G5+, l’UE, le FMI, la BM, et tous les autres partenaires continuent de porter à bout de bras la République centrafricaine. Cela veut tout simplement dire en français facile que cette destitution sonnera la fin de cette coopération et la descente aux enfers.

Cette vérité doit leur être dite de vives et particulièrement au boxeur Simplice Matthieu Sarandji qui avait pourtant, au nom de la réconciliation nationale, de la cohésion sociale et du vivre ensemble, œuvré pour l’accession de Méckassoua au perchoir de l’assemblée nationale, mais qui passe aujourd’hui pour la tête pensante de cette hypocrisie et ce coup d’état en marche contre la République et le peuple centrafricain.

Jean – Paul Naïba

 

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