Alerte – Info : Nourreldine Adam à Ndélé pour haranguer ses troupes et s’imposer militairement

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Alors que Touadéra et son cher aîné Sarandji sont obnubilés par les préparatifs de leur deuxième année à la tête du pays, les nouvelles en provenance de l’intérieur de ce qui reste encore de la République centrafricaine ne sont pas bonnes.

 Les choses se compliquent tous les jours que Dieu fait sur cette terre. Les forces non conventionnelles s’activent frénétiquement, s’organisent, s’arment au vu et au su de tous et avancent sur le terrain. Même si les soldats onusiens, forts de leurs 12.000 hommes, sont visibles dans nos principales préfectures, cette présence ne se limite que dans les chefs – lieux. Toutes les zones périphériques, c’est – à – dire au – delà de  plus de 20 mètres des voies routières, de gauche et à droite,  sont contrôlées soit par des antibalaka soit par les éléments de la Séléka avec leurs hordes de mercenaires soudanais et tchadiens.

 Il va sans dire que les victimes de cette situation caractérisée par le délitement total de l’autorité de l’Etat et par le règne de la terreur imposée par ces bandes armées et les seigneurs de guerre, sont nos populations qui retournent la terre, produisent à la sueur de leur front pour nourrir le plus grand nombre, qui portent la vie et qui doivent tout simplement attendre, en retour de l’Etat et de leurs autorités légales et légitimes, honneur, dignité, respect et protection. Des hommes et des femmes qui ont massivement décidé, lors des élections de 2015, de confier la gestion de leur destinée au candidat des pauvres qu’était Touadéra, pour un lendemain meilleur. Mais, deux années plus tard, ils ne peuvent plus vaquer à leurs  occupations quotidiennes, c’est – à – dire aller aux champs, à la pêche, à l’école, à l’hôpital et jouir tranquillement du droit à la vie et de la liberté d’aller et venir.

Pris en otages dans leurs propres villages et communes, esclaves en plein 21ème siècle sur leur propre terre, celle de leurs aïeux et de leurs ancêtres, ils sont obligés de trouver refuge sur des sites des déplacés ou  loin en brousse et contraints d’y vivre comme des animaux. Mêmes les bonnes âmes qui tentent de leur venir en aide dans  le cadre des  actions humanitaires et qui doivent être protégées par les soldats onusiens et les autorités civiles et militaires ne peuvent plus le faire et sont tous les jours attaquées et leurs convois entièrement pillés, à l’exemple de ce qui vient de se passer à Markounda !

Une situation bien catastrophique qui, sous d’autres cieux, aurait dû retenir l’attention de tout régime issu des urnes, et ayant l’obligation de rendre des comptes à ses électeurs  et susciter donc une avalanche de propositions humanitaires  urgentes, adéquates et pérennes. Fort étrangement, celle – ci  n’intéresse personne.

Pis, l’homme du 30 mars  qui a été démocratiquement élu n’en fait pas sa priorité des priorités ; ce qui l’intéresse n’est rien d’autre que son pouvoir pour le pouvoir et tous les délices qui en découlent. N’ayant aucune vision réelle pour le devenir de ce pays, aucun projet de sortie de crise à court, moyen et long terme, et aucune volonté courageuse et ambitieuse d’écrire l’une des plus belles pages de son histoire,  si ce  ne sont que sa fameuse politique de main tendue aux égorgeurs et aux liquidateurs de la République et son DDRR, inadaptés et rejetés par tous, il ne peut rien faire, a même toujours laissé et laisse toujours trop faire.

 Et comme la nature  a horreur du vide, les bandes armées et les seigneurs de guerre en profitent pour contrôler et piller nos ressources minières. Une à une, nos villes sont encerclées, si elles ne sont pas occupées de fait par ces forces non conventionnelles qui cohabitent avec les forces onusiennes qui, à leur tour, les alimentent en armes, minutions et équipements contre des grammes d’or et des poussières de diamant. Qui est con ?

C’est ainsi que depuis plus de deux (2) mois, le nord – est de la RCA connait de sérieux regains d’hostilités, après une longue période d’accalmie. Cette fois – ci, Nourreldine Adam, le patron du FPRC, en réponse à la condamnation à des peines de travaux forcés à perpétuité de ses 14 éléments, et en vue de mieux peser stratégiquement dans les négociations à venir, sous l’égide de l’UA, a décidé de faire tomber les villes de Bambari, et de Bangassou et de marcher vers Bangui. Il en a les moyens : des armes, des véhicules BJ 80, des hommes, des mercenaires Djandjawids venus du Soudan et des peulhs en soutien à un certain Ali Darass qui contrôle le trafic de l’or et du diamant dans cette zone très riche du pays.

Alors, il tente d’atteindre ces objectifs depuis quelques semaines mais se butte à Bakouma, Rafaï et à Gambo  contre une farouche et héroïque résistance de la part des antibalaka. Jusques à quand tiendront – ils ? Puis,  il y a deux (2) jours, a commencé la bataille pour la conquête de Bambari. L’assassinat crapuleux d’un chef antibalaka, d’un directeur d’école et de son épouse en a été le détonateur,  suivi de la mort de plus de 15 civils dans la commune de Séko dont l’Abbé Angbabata et  de violents combats se poursuivent actuellement à Malloum, loin des grandes caméras du pays et du monde. C’est dans ce contexte que, depuis hier soir,  est parvenue à notre rédaction l’importante nouvelle selon laquelle Nourreldine Adam est à Ndélé officiellement pour échanger avec les représentants de l’UA, mais en réalité il est là pour haranguer ses troupes et leur donner les dernières consignes, dans l’objectif de conquérir plus de territoires avant l’échéance de la future table ronde, dans le cadre du dialogue inclusif en cours de préparation. Qui est con ? En fin stratège, l’enfant terrible de Miskine et ancien vendeur de cartouches de chasse, prend le devant, anticipe et veut s’imposer militairement afin de partager le pouvoir avec ses adversaires d’en face.

Pendant ce temps, comme si rien ne se passait, Touadéra et tout son gouvernement paradent dans les rues de la capitale où règne un semblant de sécurité, avec son homologue portugais, en visite éclair à ses troupes.

 Jean – Paul Naïba

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