Affaire Touadéra / Becker : M. Doubane, qui a délivré ce passeport diplomatique ?

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Le  ministre des affaires étrangères de la République centrafricaine, Charles Arme Doubane, a déclaré lundi qu’il n’avait jamais pris rendez-vous avec Boris Becker, détenteur d’un passeport diplomatique centrafricain.  Pour le responsable politique et administratif  en charge de gestion de cet important département de souveraineté,  sa signature était nécessaire pour qu’un diplomate soit nommé. « Je n’ai jamais signé de tels documents, » a-t-il dit.  » Le président ne m’a jamais demandé de prendre les mesures appropriées dans le cas de Boris Becker »,a – t – il poursuivi.
 Il s’est également dit préoccupé par le fait que la procédure de faillite de Becker pourrait réduire l’image du pays déchiré par la guerre, qui est actuellement l’une des 10 nations les plus pauvres du monde.
 Qui a alors signé et délivré ce passeport en lieu et place de M. Charles Armel Doubane ? Est – ce un faux document délivré en bonne et due forme ? A – t – il été obtenu directement à partir de la présidence ? M. Ngrébada, est – ce une nouvelle fois une désinformation conçue par les professionnels des médias et les lanceurs d’alerte pour ternir l’image de la République centrafricaine et noircir le régime du mathématicien de Boy-Rabé ?
Rappelons tout simplement que, selon des informations publiées par l’AFP et relayées Le Monde, «  Boris #Becker se prévaut de l’immunité diplomatique pour échapper à la banqueroute. Le triple vainqueur de Wimbledon met en avant sa mission d’attaché pour les affaires sportives de l’UE auprès de la #Centrafrique.
Afin d’échapper à la procédure de mise en faillite personnelle qui le vise au Royaume-Uni, l’ancien champion de tennis allemand Boris Becker tente de se prévaloir de l’immunité diplomatique centrafricaine, rapporte vendredi 15 juin la presse britannique.
Sans lien de proximité connu avec la Centrafrique, l’ancien joueur met en avant la mission que lui a confiée le 26 avril la Centrafrique en tant qu’« attaché » pour les affaires sportives dans l’Union européenne, comme il l’écrivait fin avril sur Twitter.
Recours déposé
Les avocats de l’ancien numéro un mondial et triple vainqueur de Wimbledon, âgé de 50 ans, ont déposé un recours, jeudi 14 juin, devant la Haute Cour de justice britannique dans lequel ils font valoir cet argument. Pour eux, cette immunité suppose que toute action légale contre Boris Becker devrait être préalablement approuvée par le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, et par son homologue centrafricain.
« La décision d’entamer des procédures pour banqueroute contre moi était injustifiée et injuste, a dit Boris Becker. « J’ai à présent fait valoir mon immunité diplomatique, comme j’y suis tenu, afin de mettre un terme à cette farce, pour que je puisse commencer à rebâtir ma vie. » Joint par téléphone, le porte-parole du gouvernement centrafricain, Ange-Maxime Kazagui, rappelle que « l’immunité des ministres, députés ou diplomates ne s’applique que dans des conditions bien précises ». Il ne se prononce pas sur le cas de Boris Becker « qui n’a pas été discuté en conseil des ministres ».
Sa nomination semble avoir été décidée au niveau de la présidence centrafricaine. Sur son compte tweeter, Boris Becker affiche d’ailleurs une photo sur laquelle il serre chaleureusement la main du président Faustin-Archange Touadéra, le 26 avril à Bruxelles. « Personne ne peut reprocher à la Centrafrique de faire appel à une personnalité étrangère connue internationalement, cette pratique n’est pas l’apanage de la Centrafrique », explique Ange-Maxime Kazagui.

Déboires judiciaires
Six fois titré en Grand Chelem, Boris Becker a remporté 49 titres et obtenu plus de 20 millions d’euros de gains. Mais sa gestion de l’après-carrière a viré au cauchemar au point qu’un tribunal londonien l’a déclaré en faillite en juin 2017. Il a tenté récemment de rassembler les trophées et récompenses accumulés pendant sa prestigieuse carrière, comme celui de sa première victoire à Wimbledon, ou une montre qui appartint à Novak Djokovic, afin de les vendre pour éponger ses dettes. Mais il a égaré les plus prestigieux, notamment cinq de ses six trophées majeurs qui restent introuvables.
L’ex-numéro un mondial avait eu des déboires judiciaires pour des dettes impayées avec la justice espagnole, concernant des travaux dans sa villa de Majorque, et la justice suisse, pour ne pas avoir payé le pasteur qui l’avait marié en 2009. En 2002, la justice allemande l’avait condamné à deux ans de prison avec sursis ainsi qu’à 500 000 euros d’amende pour quelque 1,7 million d’euros d’arriérés d’impôts.
« La RCA, regrette un officiel à Bangui, a des problèmes de loin plus importants que la faillite d’un sportif de haut niveau».
Il est grand temps que les institutions de la République, tels que l’assemblée nationale, le ministère de la justice, par l’entremise du parquet général et la haute autorité chargée de la bonne gouvernance  puissent se saisir de ce dossier pour situer les responsabilités.
La rédaction

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