Affaire Socatel : M. Touadéra, que dites – vous de la révélation faite par M. Maléyombo sur votre conseiller spécial ?

0
120

MA CONTRIBUTION A LA REDACTION DU LIVRE A PARRAITRE DE
FIDELE GOUANDJIKA

Je voudrais tout d’abord féliciter et encourager le ministre GOUANDJIKA pour la rédaction de ses mémoires à un moment donné de l’histoire de sa vie politique afin de rendre compte au peuple centrafricain de sa part de la gestion du pays. Tout en appréciant cette initiative, je voudrais à travers cette contribution, en tant qu’acteur de la vie politique de notre pays éclairer sa lanterne sur quelques dossiers exhibés dans ses mémoires considérés par lui comme criminels et en profiter pour faire un recadrage sur certains points vécus en conseil des ministres afin de lui permettre de ne dire que la vérité et rien que la vérité pour une meilleure compréhension de nos concitoyens qui ont soif de savoir comment notre pays a été depuis le temps géré. Sans esprit de polémique ou de vengeance, je lui souhaite bon vent pour cet exercice citoyen.

Le 27 novembre 2017

Thierry Savonarole MALEYOMBO
Ancien membre du gouvernement de la République de 2007 à 2011.

LE PEUPLE SOUVERAIN A LE DROIT DE SAVOIR !

A/ POURQUOI L’AUDIT DE LA SOCATEL ?

« Au sortir du DPI en fin décembre 2008 et pour ne pas être juge et parti j’ai quitté le département des télécoms pour l’agriculture »

Non, le président de la République, Chef de l’État a pris un décret remaniant le gouvernement. Nommé ministre de l’agriculture, nous étions tous surpris d’ailleurs d’autant plus qu’il soutenait régulièrement, à qui veut l’entendre, qu’il avait un contrat avec le président BOZIZE pour qu’il demeure ministre des télécoms à vie pendant tout son mandat Pour ainsi dire que Monsieur Fidèle GOUANDJIKA n’a aucunement changé de portefeuille ministériel en raison d’une exigence quelconque du DPI dont une des résolutions exigeait l’audit de toutes les société d’État.
Mais d’ailleurs, posons la bonne question de savoir pourquoi le Dialogue Politique Inclusif exigeait ces audits.

Je ne suis pas le seul à savoir que le ministre GOUANDJIKA n’était pas du tout content de son départ de ce département. Il continuait de passer beaucoup de temps dans les services administratifs de la SOCATEL, à L’ART, en mon cabinet et multipliait les contacts téléphoniques à l’endroit de cadres ciblés du ministère des postes et télécommunications qui me rendaient compte de son comportement si désobligeant et agaçant, j’ai du informer le conseil des ministres du
jeudi 05 février 2009, dans les questions diverses.

V-t-il oublier la remarque du chef de l’État après mon intervention à son endroit ?

Monsieur le ministre GOUANDJIKA, je suis au courant de ce que dit le ministre MALEYOMBO à travers les services de renseignements. Je vous ai confié le ministère de l’agriculture. Je compte beaucoup sur l’agriculture pour faire développer le pays. Vous êtes parti des PTT. Qu’est ce que vous continuez de cherchez encore la bas ? Je vous demande de laisser le nouveau ministre des PTT faire son travail tranquillement.

Soyez en édifier

Pourquoi le ministre à vie des télécoms continuait-t-il ses multiples fréquentations dans ancien département alors qu’il a été promu ministre d’un grand département vital pour le pays?
La suite de mon développement est édifiant.

Le lendemain, vendredi 06 février 2011, le ministre GOUANDJIKA m’appelle et demande à me voir. Il propose que l’on puisse se rencontrer à son cabinet, à défaut du mien pour une affaire très sérieuse. Finalement, c’est lui qui se présentera en mon cabinet vers 15h30. L’entretien a porté sur la société TELSOFT GATEWAY

« petit frère, je suis venu te voir pour te demander un service. Je te demande de protéger cette société, je ne te cache pas, c’est ma société. En contrepartie, je te donnerai 1.500.000FCFA par mois »

Joignant le geste à la parole, il m’avait remis sur le champ ladite somme de (1500,000FCFA) ce jour-ci, pour le mois de janvier, crut-il préciser !

Par la même occasion, le ministre GOUANDJIKA me gratifia de quelques conseils. Je le cite mot par mot :

« Petit frère, tu vois ce bureau dans lequel tu es assis ! moi, ton grand frère, je suis devenu multi milliardaire aujourd’hui grâce à ça. Tout le monde parle des réformes que tu envisages de faire. Tu fais peur aux opérateurs. Laisse tomber ton histoire là, n’écoute pas BOZ, il ne te fera rien. Si tu ne m’écoutes pas, tu quitteras le gouvernement pauvre un jour et les gens vont se moquer de toi. Avec ce que j’ai amassé aux télécoms, je vais bouffer jusqu’à ma mort, mes enfants vont bouffer, mes arrières petits enfants vont bouffer jusqu’à cinq générations. Zia tènè ti bouba ti réforme ti mo so mo wara mo tè biani. » Je prends Dieu à témoin.

Le mercredi 09 février 2017, au cours d’une audience avec le président de la République, je l’informa sur mon entretien avec le ministre GOUANDJIKA, à sa demande, de la proposition qu’il m’a faite et lui présentais comme preuve la somme qu’il m’a remise telle quelle, dans son enveloppe originale. Le président me conseilla de continuer de jouer son jeu afin de voir jusqu’où il ira.

Plus tard, au cours d’une réunion du Comité de suivi du Secteur des Postes et Télécommunications, avec les opérateurs de téléphonies mobile, présidé par le chef de l’Etat j’ai du expliquer cela devant toute l’assistance. Le compte rendu de ladite réunion est consigné dans un rapport rédigé par le contrôleur général des sociétés d’État, secrétaire du Comité de Suivi du Secteur des Postes et Télécommunications. Pour information, ledit Comité est ainsi composé :

Président : le président de la République, chef de l’État
Vice président : le ministre des postes et télécommunications

Membres : le premier ministre, le directeur de cabinet à la présidence, le ministre de la justice, le ministre de la sécurité publique, le ministre des finances, l’inspecteur général d’État, le directeur général de la gendarmerie nationale, le directeur général de la police nationale, le contrôleur général à la primature chargé des Sociétés d’État.

B / DE LA SOCIETE TELSOFT GATEWAY INTERNATIONAL

Cette société spécialisée dans la gestion du trafic international est la première cause de la faillite de la SOCATEL. Avant la loi portant régulation des télécommunications, c’est la SOCATEL qui avait la gestion du trafic international en RCA. Cette loi fixe la redevance de la passerelle internationale à 1.500.000FCFA. SOCATEL ne pouvant payer cette licence, l’astuce est vite trouvée pour la léser.

Le projet de la dite loi examiné et adopté en Conseil des ministres va rapidement être tripatouillé avant d’arriver à l’assemblée nationale. On y glissera un chapitre expressément pour exiger à tous les opérateurs de passer impérativement par la société TELSOFT GATEWAY pour leur trafic international.

Scandale ! Les opérateurs qui ont payé leur licence globale ( MOOV et TELECEL) se voient obliger de payer la dividende à cette société créée pour la cause criminelle et de toutes pièces.

Le système a fonctionné jusqu’à ce que j’arrive pour y mettre un terme, autorisant les opérateurs disposant de la licence globale qui inclue la passerelle internationale d’user de leur droit. Il est utile de signaler que cette société a fonctionné en toute illégalité puisqu’elle n’a jamais payé la redevance prévue par la loi.

C/ AFFAIRE DANIEL INVESTISSEMENTS

Privée d’une grande partie de ses ressources et criblée de dettes la SOCATEL est abandonnée à elle même. Les mouvements de grève se multiplient. Un investisseur arrive, c’est le messie pour le personnel de la SOCATEL qui compte sur cet investisseur pour la relance de la société. Lequel investisseur va rapidement fournir à la SOCATEL le matériel nécessaire pour l’exploitation de la gateway (passerelle internationale) mais sans aucune démarche administrative….c’est l’affaire DANIEL INVESTISSEMENTS.

Le ministre demande à l’investisseur de se mettre en règle vis à vis de la loi, refus de ce dernier. Le ministre décide de faire baisser l’antenne, foudre du personnel….

A mon arrivée, Tenant compte des difficultés de la SOCATEL, j’ai autorisé par Arrêté, l’exploitation de la passerelle internationale à la SOCATEL à titre expérimentale, ceci afin de voir le rendement pour la SOCATEL avant toute décision, demandant par la même occasion à cet investisseur de se conformer à la loi pendant la durée accordée à la SOCATEL.

Cinq mois plus tard, il s’est avèré que le seul bénéficiaire de cette opération ne soit que l’investisseur lui même. Je le reçois et lui exige de se conformer à la loi en payant la redevance s’il veut continuer, dialogue de sourd et finalement la décision est prise de lui demander d’arrêter son aventure et de plier bagage. Voilà l’affaire Daniel Investissements qui a tant fait couler d’encre.

D/ « Je suis parti de la SOCATEL sans arriérés de salaires »

Le ridicule ne tu pas.
Ma première séance de travail avec le directeur général de la SOCATEL a eu lieu le 28 janvier 2009 à 11h30. Toutes les difficultés sont passées en revue, le premier point était la situation des arriérés de salaires de 4 mois.

Ce même jour, j’ai également rencontré les syndicats de la SOCATEL qui me feront part de leur inquiétude

« Monsieur le ministre, nous avions décidé d’un mouvement de grève début février. Comme vous venez d’être nommé à la tête du département, nous allons surseoir à ce préavis pour vous laisser le temps de vous organiser. Nous vous demandons dans le cadre de la continuité des affaires de l’État de tout faire pour régulariser cette situation . Payez nous nos quatre mois d’arriérés de salaires»

J’estime qu’à ce degré de responsabilité et vu l’importance des mémoires de Fidèle GOUANDJIKA pour situer le peuple, la vérité reste le seul moyen de convaincre et de bénéficier de la sympathie des lecteurs qui attendent avec impatience de payer le prix pour lire ce document si précieux.

E/ « l’audit indépendant de 100 pages coûtant un million d’euros des secteurs des télécoms a été fait par un cabinet externe(Europe et Afrique du Nord pour le compte d’une société étrangère qui était sur le point d’acquérir la SOCATEL à 100%. Plusieurs centaines de millions de francs avaient été versés à la partie centrafricaine à titre d’acompte »

A ma prise de fonction, la SOCATEL accusait donc de 4 mois d’arriérés de salaires contrairement à ce que raconte le ministre GOUANDJIKA. Pire encore, la seule activité qui faisait de bonnes recettes à la SOCATEL que sont les cabines publiques ont toutes été détruites sur décision de la mairie de Bangui . Préavis de grève sur préavis de grève. Les dépenses dépassaient très largement les recettes de la société. Tous les mois, il me fallait mendier auprès des banques de la place pour prétendre payer les salaire à crédit.

Non ! J’ai été nommé ministre des télécommunications avec une lettre de mission précise, reformer le secteur.

Très rapidement, j’avais instruit le Conseil d’administration d’organiser impérativement une cession pour ordre du jour : la réduction des postes de responsabilité en vue de celle de la masse salariale.

Très curieusement, ma surprise fut grande de recevoir en retour, des résolutions contraire du Conseil d’administration souhaitant plutôt les augmenter, ces postes de responsabilité, ce qui de facto augmentait les dépenses salariales alors que la situation de la société était déjà catastrophique.

Faisant suite à une communication en Conseil des ministres, je proposais au président de la République, chef de l’État, la dissolution des conseils d’administration et des directions générales de l’ONPE et de la SOCATEL Ces dissolutions seraient provisoirement comblées par l’institution des. Comité de gestion constitués chacun desdites structures SOCATEL et ONPE, , syndicats, délégués du personnel, représentants des cadres et agents….

En réponse, le président de la République, Chef de l’Etat m’instruit de prendre contact avec l’ancien premier ministre Élie DOTE, son conseiller spécial, chargé des investissements qui lui avait auparavant soumis un dossier sur le secteur.

C’est ainsi que nous serions en négociation avec la société dont parle le ministre GOUANDJIKA. Il s’agit de la société CIELUX. Les syndicats et délégués du personnels ont été pleinement associés à la démarche de l’ouverture de capital et non d’une reprise à 100%.
Les démarches entreprises avec la société CIELUX ne sont pas faites sous le manteau Monsieur le ministre Fidèle GOUANDJIKA.

Il n’a jamais été question d’une acquisition de la SOCATEL à 100% mais d’ouvrir son capital, l’État devait conserver 30% des actions.

Les syndicats de la SOCATEL ont été associés à toutes les démarches. Des visites de terrain ont été réalisées pour vérifier les installations de la SOCATEL sur toute l’étendue du territoire. Cette action, concluante, aurait été la meilleure solution de relancer la SOCATEL. Nous avions eu plusieurs discussions bien avancées. Il était question pour les partenaires de payer la licence globale par un versement au Trésor Public, d’en éponger les arriérés des salaires, de prendre en compte les licenciements économiques à travers un bonus d’entrée toujours au Trésor Public

Ces partenaires ont bel et bien fait le déplacement à Bangui pour la signature finale.

Selon le protocole d’accord, les partenaires devaient payer un acompte au trésor avant la signature officielle. Or, lorsque j’ai reçu les partenaires à mon bureau, ils me feront comprendre que la signature n’aura pas lieu car ils ne peuvent s’acquitter de la première tranche prévue par ledit protocole d’accord dans l’immédiat. J’ai donc fait annuler l’audience et la cérémonie de signature officielle de la convention prévue à la présidence en présence du chef de l’État, du premier ministre et du ministre des finances. Ce fut mon dernier contact avec ces partenaires.

L’ensemble du dossier est consultable dans les archives du ministère des Postes et Télécommunications.

Quel crime ai-je commis en cherchant à redresser une société qu’il a fortement contribué à la ruine ?
Est-ce ma faute si ces partenaires ne se sont plus jamais manifestés malgré tous les moyens qu’ils ont engagés ?

J’ai d’ailleurs eu, à ce sujet, un entretien avec le ministre conseiller du président de la République, Chef de l’État, Fidèle GOUANDJIKA, quelques fois au téléphone, qui me fera comprendre qu’il est chargé du suivi dudit dossier. A ma demande, une confrontation avec le représentant des partenaires en question qui se trouvait être finalement mon mandataire dans ce dossier.

Très curieux….

En même temps, je pose la question au ministre GOUANDJIKA pour savoir en quoi, sa démarche avortée de privatisation de la SOCATEL étaitt-elle différente de la mienne ?

F/ « Des centaines de millions de francs CFA ont été versés par l’acquéreur sur des comptes ouverts par les responsables du ministère des télécoms sans informer le gouvernement ni passer par le Trésor Public pour régler les droits du licenciement des agents et cadres ingénieurs de la socatel… »
« Ont-tils réellement été indemniser ? »

Les centaines de millions de francs versées à la partie centrafricaine ont été logés dans deux banques de la place régulièrement utilisés pour payer les salaires SOCATEL et une partie des indemnités des agents, ce qui est vérifiable à la CBCA et à ECOBANK. Rien n’a été fait en cachette comme raconte le ministre GOUANDJIKA.

G/ « Le personnel de la SOCATEL a été drastiquement compressé, sur instruction du chef de l’État à la demande de l’investisseur étranger… »

Pour quelle raison ce grossier mensonge?

Une rencontre retransmise en direct à la Radio Centrafrique, a été organisée avec les différentes catégories du personnel de la SOCATEL : syndicats, délégués du personnel, cadres, agents, société civile, presse…. pour débattre démocratiquement de la situation de la SOCATEL.

Des résolutions y relatives ont été prises, à savoir, réduction des postes de responsabilité, baisse de salaires, suppression de certaines primes, mise en chômage technique et licenciement économique de la moitié du personnel……

Un procès verbal a été dressé et signé par tous les représentant des participants.

Saisie, l’inspection générale du Travail a marqué son accord et a accompagné le département dans le processus. Compte rendu a été fait en conseil des ministres.

Des documents y relatifs seront publiés ultérieurement.

H/ « AIDER LES BONNES PERSONNES A OBTENIR LES BONNES INFORMATIONS ET ILS FERONT DE BONNES CHOSE »

Le ministre GOUANDJIKA exhibe un audit faisant ressortir les chiffres d’affaires, les dépenses, les sommes allouées par le gouvernement, l’utilisation et la conclusion des signataires dudit document concluent à un détournement.

Tous les fonds alloués à l’occasion par le gouvernement pour aider la SOCATEL était dépensés conformément au cahier de charges décidé par le comité, suivi d’un compte rendu détaillé des dépenses effectuées. Il s’agissait de paiement des salaires, achat de matériel pour la relance des activités. L’inspecteur général d’État était instruit de vérifier la situation financière réelle des dépenses et des recettes et d’en rendre compte régulièrement au Comité de Suivi.

Permettez moi de rappeler que, ministre des télécommunications, j’ai initié beaucoup de réformes dans le secteur. Comme a dit Gandhi, c’est le réformateur qui impose la réforme dans l’intérêt de la société mais il est toujours combattu et incompris, et peut payer le prix de sa vie. Je comprends donc aisément l’esprit des signataires de ce document.

Après notre mise en examen, et notre audition par le doyen des juges d’instruction, nos passeports avaient été retirés, nous étions en liberté provisoire. Je n’étais plus membre du gouvernement, le ministre GOUANDJIKA, lui est resté au gouvernement mais son immunité avait été levée.

J’ai été régulièrement convoqué à raison de deux fois par semaine à la SRI pendant six mois pour justifier de ces dépenses. J’ai été entendu des centaines d’heures contrairement au ministre GOUANDJIKA qui continuait de bénéficier de quelques largesses du gouvernement malgré la levée de son immunité. Parfois, quand on me convoquait, je venais, on me faisait attendre des heures pour commencer à m’interroger.

Un jour, le gendarme enquêteur très gêné me dira : Monsieur le ministre, ne m’en voulez pas. Je ne fais que faire mon travail. Je ne vois pas ce qu’on vous reproche, c’est entre vous les kota zo .

Je suis resté à Bangui après ma sortie du gouvernement et de l’invalidation de mon mandat de député près de deux (2) ans sans voir ma famille pour répondre de mes actes devant la justice. J’ai été humilié, sali et traîné dans la boue mais, j’ai supporté parce que je tenais à la manifestation de la vérité pour rétablir mon honneur.

Ce dossier a été finalement classé sans suite.

Le ministre GOUANDJIKA oublie de faire savoir au peuple dans « ses mémoires » qu’une plainte a été déposée par le ministre d’État en charge des télécommunications, celui qui m’a succédé, Monsieur Karim MECKASSOUA contre lui pour prise illégale d’intérêt dans la société TELSOFT GATEWAY.

Pendant notre mise en examen, le ministre GOUANDJIKA avait jugé inutile de prendre un avocat, il n’a donc pas eu connaissance du dossier complet d’accusation.

Moi, j’avais comme conseils, Maître TIANGAYE et Maître MOUSSA VEKETO que je tiens à saluer ici car ce n’était pas facile, je me battais contre la sommité de la République, j’ai pris beaucoup de coups. Grâce à mes conseils, j’ai pu prendre connaissance du dossier complet.

J’ai appelé le ministre GOUANDJIKA un soir pour l’informer de la situation et de l’évolution de la plainte contre lui, déposée par le ministre d’État en charge des télécommunications. Je lui laisse le soin en toute honnêteté de raconter la suite qui a été un spectacle hors du commun d’abord en réunion de trésorerie et en conseil des ministres.

Je n’étais plus au gouvernement comme vous le constatez mais j’avais toujours des contacts avec le ministre GOUANDJIKA (je le remercie) qui passais régulièrement prendre de mes nouvelles et m’assistait quelques fois.

Un jour, l’huissier de justice est passé à mon domicile pour me notifier la décision de la justice de saisir nos comptes. J’ai appelé le ministre GOUANDJIKA pour l’en informé.

Entre temps, le ministre revenait de la banque CBCA. Comme un jeu, il me montra son relevé de compte qu’il venait de prendre : cinq milliards et sept cent millions de FCFA(5,700,000,000FCFA)

J’étais ébahis ! ce document me donna beaucoup à réfléchir. Je lui dis : grand frère, je ne sais vraiment pas ce qu’on me reproche. Je pense qu’ils cherchent à mettre la main sur ta fortune connue. Tu as déclaré plusieurs fois sur les ondes et dans la presse écrite que tu vas être le prochain président de la République. Tu en as les moyens. Je suis convaincu que c’est là l’origine de tout ce que nous subissons….Dieu m’entend parler.

En Centrafrique ou ailleurs, faut-t-il travailler combien d’années travailler et avoir quel niveau de salaires pour prétendre disposer d’une telle somme logée sur un compte bancaire à Bangui?

I/ APRES DIEU, C’EST LE CONSEIL DES MINISTRES

J’étais le seul à tenir tête au président Bozizé en conseil.
C’est à cause de ma signature que vous êtes tous là…
une autre signature de moi, vous renverrait d’où vous venez.

Le président BOZIZE a ses défauts et ses qualités. Il s’est emporté quelques fois certes mais respectait chacun de nous.

Non, BOZIZE ne s’est jamais pris pour Dieu. Il n’a jamais déclaré en conseils des ministres aux quels je participais que c’est grâce à lui que les ministres sont là et qu’une signature de lui, suffisait à les renvoyer dans leur foyer.

Le président BOZIZE était méthodique et méticuleux. Ses notes étaient bien préparées à l’avance. Après l’ouverture du conseil des ministres par le ministre SGG, il faisait ses communications et interpellait ses ministres selon les sujets de préoccupation de l’heure touchant leur département.

Oui, le président BOZIZE a dit qu’après Dieu dans le pays, c’est le conseil des ministres, c’était pour lui une manière de faire prendre conscience aux membres du gouvernement de l’importance de leur mission dans l’intérêt de la nation.

J/ Le ministre GOUANDJIKA, porte parole du gouvernement

Oui je me souviens encore comme si c’était hier, d’une interpellation du ministre GOUANDJIKA par le président BOZIZE en Conseil des ministres.

Dans ses communications habituelles avant la présentation des dossiers par les ministres, il s’est plaint de la situation des deux portes-parole du gouvernement et de la présidence qui ne s’exprimaient plus depuis quelques mois. Ce jour en question, aux informations matinale de RFI, une intervention d’un membre de l’opposition démocratique critiquait vivement les actions du gouvernement et le président BOZIZE.

A la fin de la communication du chef de l’État, le ministre GOUANDJIKA prit la parole pour déclarer qu’il avait à cet effet pris ses responsabilités en tant que membre du gouvernement en répliquant de son chef à l’opposition sur RFI.

Très surpris, le président demande au premier ministre s’il a autorisé le ministre d’intervenir en réplique sur RFI.

Réponse négative du premier ministre.

S’adressant au ministre GOUANDJIKA, le président lui tint ce langages

« Monsieur le ministre, une communication au nom du gouvernement doit être minutieusement préparée. Le premier ministre et moi devions être au courant de l’intervention et marquer notre accord avant que vous ne parliez »

A peine terminé, le ministre GOUANDJKA réplique de nouveau en hilare :

« Monsieur le président, j’ai pris mes responsabilités »

C’est à ce moment que le président va s’énerver.

GOUANDJIKA, je vous explique les choses et vous me dites que vous avez pris vos responsabilités ? Je peux aussi prendre les miennes pour vous démettre du gouvernement.

Est-ce à cet épisode que le ministre GOUANDJIKA fait allusion ? à lui la réponse.

Ce même soir, j’ai eu une séance de travail avec le président de la République après le Conseil des ministres à sa haute initiative. A la fin, je lui ai respectueusement posé la question suivante : Excellence, pourquoi vous en prendre à GOUANDJIKA ? J’ai moi même suivi son intervention sur RFI, il a bien défendu le gouvernement. Vous même vous vous plaignez que les porte-paroles ne s’expriment plus. Il a eu ce courage de bien faire. Je pense humblement qu’il ferait un bon porte-parole.

Le président me regarda avec un air étonné et me dit : » avec tous les coups qu’il te fait tu le défends ».

Ma réponse : « Monsieur le président, je ne vois que l’intérêt du gouvernement »

Il était pratiquement une heure du matin, nous sortions de son cabinet, le président demanda à ses éléments de sécurité de faire venir ma voiture, je lui répondis que j’étais venu en conseil sans chauffeur et sans aide de camp. Il m’accompagna jusqu’à ma voiture garée sur le parking, coté inspection générale d’État.

Arrivée chez moi, j’appelle le ministre GOUANDJIKA et lui raconte mon entretien avec le chef de l’État à son sujet et lui dis ensuite : « tu peux dormir tranquillement grand frère. Je t’ai bien défendu et ne sois pas surpris d’être nommé un matin, porte-parole du gouvernement »

Le ministre GOUANDJIKA : « mon petit, ta so baba ni a dekongo na ndo ti mbi na le ti a zo koue so »

Le lendemain, j’ai pris un vol pour Douala où je devais rejoindre Abidjan.

Au moment où je me préparais pour partir à l’aéroport, mon téléphone sonna, c’est le ministre GOUANDJIKA « MO YEKE NZAPA MON PETIT. BABA NI A ZA CLAIRON NA YANGA TI MBI AWE OH . DECRET NI A TI AWE MBI LA MBI GA FINI PORTE-PAROLE TI GOUVERNEMENT NI » j’ai repris ici, les termes exacts du ministre.

Je ne m’éloigne pas du sujet. Je raconte cette histoire pour vous permettre de juger l’Homme que le ministre GOUANDJIKA veut diaboliser. Mon chemin avec le président BOZIZE s’était très mal séparé mais je garde de lui le souvenir d’un homme qui aime son pays et son peuple.

K/ « Un décret a été pris délibérément en conseil des ministres pour contourner une loi interdisant aux sociétés et offices publics sous tutelle d’octroyer des appuis institutionnels aux ministres »

Pourquoi faire porter le chapeau à BOZIZE ou à d’autres ministres « influents »’ ?

J’étais ministre de la justice à l’époque, n’ayant aucune société sous tutelle, j’observais tous les ministres, je dis bien tous sans exception qui ont des sociétés sous tutelle se battre contre le président de la République expliquant l’importance de ces appuis institutionnels. GOUANDJIKA était ministre des télécommunications avec sous sa tutelle, l’ART, SOCATEL et l’ONPE.

A titre de rappel, pendant tout le temps passé au ministère des postes et télécommunications, j’ai refusé les appuis institutionnels que la SOCATEL et l’ONPE mettaient à la disposition du ministre car la situation de cette société d’État et de cet Office Public était déjà catastrophique contrairement à mon prédécesseur qui les empochait sans pitié.

Les archives comptables de ses sociétés peuvent en témoigner….

L/ l’ONPE,

Le ministre a oublié de parler de cet office.

Une convention a été signée sous sa gestion par ses soins confiant la réforme de la Poste à une société européenne dénommée TEXULT.

Tout le travail de réforme était réalisé par les cadres de l’ONPE et des centaines de millions de francs CFA sont payés à ladite société qui n’était plus jamais revenue à Bangui suivre l’évolution des activités de la réforme après la signature de la convention y relative.

Au cours d’une réunion de travail avec les syndicats de l’ONPE le, 05 février 2009, la situation m’a été présentée, j’ai pris immédiatement la décision de mettre un terme à cette convention qui n’était qu’un moyen de siphonner les fonds de l’État. Les représentants de cette société ont fait le déplacement à Bangui pour me rencontrer. Je leur ai notifié la décision au nom du gouvernement. Il n’y a jamais eu manifestation de contestation de leur part jusqu’aujourd’hui.

Je reviendrai sur les différentes conventions avec les opérateurs de téléphonie mobiles prochainement.

Thierry Maléyombo

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here