Affaire « Ludovic Ngaiféi » : M. Touadéra, quelle légèreté au plus haut sommet de l’Etat !

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Depuis samedi dernier, dans un article intitulé « Alerte Info Centrafrique : le Chef d’État-Major le Général Ludovic Ngaïfei vient d’être limogé de son poste par le Président Touadera », paru le 30 décembre 2017, le journal en ligne dénommé Corbeaux News de Centrafrique, sous la plume de Gisèle Moloma, a révélé au peuple centrafricain et à la communauté internationale la nouvelle du limogeage  du haut commandant en chef des forces armées centrafricaines.

 Un coup de tonnerre dans un ciel serein à la veille de la fête de la Saint – Sylvestre 2018. Ce jour – là, il y a aujourd’hui 51 ans, un autre chef d’état – major, le nommé Jean – Bedel Bokassa s’est emparé du pouvoir, à la suite d’un coup d’état militaire contre le régime de David Dacko. Dès la diffusion de cette information, 51 ans plus tard, les esprits ne pouvaient qu’être surchauffés et l’atmosphère politique tendue dans un contexte sécuritaire délétère généralisé.

En effet, quelques jours plutôt,  des folles rumeurs d’un probable coup d’état étaient en circulation dans les milieux autorisés et des dates précises auraient même été avancées : le 1er ou le 31 décembre 2018. A cet instant précis, la révélation faite par CNC  ne pouvait que convaincre plus d’un observateur averti de la vie politique centrafricaine à tendre vers ce qui s’apparenterait à donner forme à cette inquiétude qui planait. Le Cema Ludovic Ngaiféi serait – il en train de vouloir faire un coup d’état à la veille ou pendant la Saint – Sylvestre ? Telle est la question qui vaut la peine d’être posée.

 En réalité, cette affaire du limogeage de l’homme ne serait que l’expression palpable, visible et lisible d’un grand complot savamment ourdi, planifié, organisé et exécuté contre Ludovic Ngaiféi par Mme Koyara, ministre de la défense en étroite collaboration avec un général de division et certains officiers. Un véritable acte de subversion contre la République qui vient d’être réalisé à travers la publication de l’article ci –dessus mentionné et qui aurait démarré par une campagne médiatique de dénigrements, de délations et de commérages mortels contre ce ressortissant de l’EMET, le meilleur de sa promotion, le plus intellectuel et le plus pragmatique d’entre tous, en le traitant de peureux, de timide, de bavard, de tribaliste, d’affairiste et même d’orgueilleux.

L’apothéose de ces manœuvres de manipulation de l’opinion nationale serait atteinte lorsque leurs auteurs, à savoir le général de division précité et certains officiers à la solde de Mme Koyara, auraient fait circuler l’information selon laquelle Ludovic Ngaiféi, d’ethnie gbaya et surtout de connivence avec Bozizé, serait sur le point de faire un coup d’état.  C’est là où l’information révélée par le journal en ligne www.lavoixdessansoix.com dans son article intitulé : « Affaire « Ludovic Ngaiféi » : Une affaire de corbeaux dans l’entourage direct de Koyara et de FAT » a toute sa raison d’être et mérite de retenir l’attention de tous. En Voici le contenu, afin que nul n’igonre :

« Selon des informations dignes de foi en notre possession, l’histoire du  limogeage du chef d’état – major, le général Ludovic Ngaiféi ne serait en réalité que l’expression savamment ourdie et pensée d’une  affaire de corbeaux dans l’entourage direct de Mme Koyara, ministre de la défense nationale et de Touadéra.

Ces sources affirment qu’elle aurait vu le jour le vendredi dernier, lors d’une rencontre des généraux avec leur chef hiérarchique le plus immédiat, à savoir Mme Koyara en sa qualité de ministre de la défense nationale. Etait inscrit à l’ordre du jour une histoire d’un coup d’état en préparation par un général.

En réponse, les généraux présents à cette audience à laquelle le Cema Ludovic Ngaiféi se serait fait représenter, parce qu’il aurait estimé qu’il ne peut avoir dans l’armée un syndicat, auraient mis la pression sur leur interlocutrice pour que le nom du putschiste leur fût révélé, mais en vain. Cette rebuffade les aurait poussés à la traiter de tous les noms et à l’humilier, elle, cette brave civile qui ne serait nommée là que grâce à ses réseaux et ses relations avec des loges et autres organisations secrètes. C’est alors que mécontente, cette dernière aurait décidé de jeter son dévolu sur le Cema, prétextant de sa non-présence à la fameuse rencontre. Sous le coup de la colère, Mme Koyara aurait confectionné un projet de décret qui n’aurait pas reçu l’aval du premier ministre et qui aurait effaré le président de la République. Mais, entretemps des corbeaux seraient passés par là, s’en seraient saisis  et auraient accompli leur devoir de sale boulot. Voilà ce qu’il en serait des faits à l’origine de cette affaire de limogeage du Cema Ludovic Ngaiféi dont le décret n’existerait nulle part si ce n’est dans l’imaginaire de leurs conspirateurs. Affaire à suivre … ! »

Alerté depuis Damara où il serait en repos, Touadéra en sa qualité de chef suprême des armées serait contraint de revenir dare – dare à Bangui. Mais alors que l’opinion publique nationale et la communauté internationale  s’attendaient tout naturellement à ce que la présidence de la République pût réagir immédiatement, confirmer ou démentir officiellement cette information à caractère  hautement sensible, subversif et déstabilisateur par un communiqué de presse et ouvrir une enquête pour en savoir davantage sur les en-dessous, leurs auteurs et leurs complices, rien  n’a été curieusement et étrangement  fait dans ce sens pour rassurer le peuple, l’opinion publique nationale et la communauté internationale.

Pis, ni le gouvernement ni les services de la communication de l’état – major ne se sont levés pour dénoncer cette désinformation qui remet fondamentalement en cause le bon fonctionnement des institutions de la République, qui crée des troubles  à l’ordre public, qui ternit l’honneur, l’image et la dignité de l’armée et qui est de nature à ne pas rassurer sur la capacité de sa grande muette à assurer la sécurité du peuple, défendre l’intégrité du territoire national, et à  faire préserver la vie des intérêts fondamentaux de l’Etat.

Ce silence de la présidence de la République et du gouvernement ne peut que faire douter l’opinion publique nationale et la communauté internationale de la capacité réelle et intrinsèque du mathématicien de Boy – Rabé et de son gouvernement  à observer et à faire observer scrupuleusement les règles élémentaires de la confidentialité et du secret défense qui fondent la gestion de toute administration digne de ce nom. Et pour une affaire aussi grave qui touche l’armée où doivent régner l’ordre et la discipline, celle de diffusion d’une désinformation à but subversif, une affaire de corbeaux dont les auteurs seraient connus de tous, ce silence de Touadéra et de son cher aîné Sarandji ne peut être que l’expression d’un acte de légèreté au plus haut sommet de l’Etat, de non – maîtrise réelle de la technicité et de haute trahison. Ou bien ils sont venus pour s’enrichir en usant du choix du peuple à des fins personnelles, égoïstes et catégorielles, ou bien ils sont venus pour travailler à la renaissance de la vie dans ce pays. Pour l’opinion publique nationale, ils seraient venus pour s’en mettre plein la poche. C’est ce qui expliquerait tout simplement  leur silence sur cette campagne avérée de déstabilisation de l’armée et cet  acte de fuite d’informations, de soustraction de documents administratifs et de divulgation de secrets d’état. Qui a  instrumentalisé Gisèle Moloma et fait publier ce canular par CNC ? Cette information ne lui a – t – elle  pas été fournie par un corbeau tapis dans les entrailles  de la présidence, du gouvernement et de  l’armée ? N’est – ce pas lui qui aurait donné des détails croustillants sur le geste financier fait par le Cema aux éléments de sa garde et sur le nom de son successeur, le colonel Ngrepet ? Et comment pouvait – on accepter de recevoir ce jour  de la part  du mis en cause, en sa qualité de soldat au service de la nation et de Cema, la présentation des  vœux de nouvel an, au nom de l’armée et  au président de la République, chef suprême des armées, sans pour autant lever cette équivoque et cette campagne de désinformation ? Terrible, n’est – ce pas ?

Quand le feu sort de l’eau, il est difficile de l’éteindre, disait ATT.  Et quand il existe au sein de l’armée censée être républicaine plusieurs centres de décisions, quand l’on ne sait pas qui fait quoi et qui décide de quoi dans une armée, quand plusieurs lobbies se battent pour des luttes de positionnement dans une armée et quand le chef suprême de cette institution  se laisse gérer et manipuler  par ces groupes de pressions et plusieurs forces en présence, alors il y a de quoi vraiment  à s’inquiéter  de  l’avenir de ce pays,  de la sécurité du peuple centrafricain et  même de celle de toutes les institutions légales et légitimement établies au lendemain des dernières élections législatives et présidentielle. A ce rythme, l’on se réveillerait un beau matin pour entendre dire que Touadéra et Sarandji, incapables de contrôler la gestion et la circulation des informations sur les grands dossiers touchant à la vie de la nation et à la sécurité du peuple, et manquant de professionnalisme, de rigueur  et du sens élevé du devoir national, auraient déjà vendu la République et se seraient déjà évaporés dans la nature.

 Affaire à suivre…. !

Jean – Paul Naïba

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