Affaire ICS/CCS : Touadéra ordonne l’adjudication du marché à un de ses amis libanais

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Selon des informations dignes de foi en notre possession, au moment où nous mettons sous presse cet article, il y a quelques jours, lors d’un conseil de ministres, le président Touadéra aurait purement et simplement ordonné l’adjudication du marché d’identification, de traçabilité des personnes et de sécurisation des documents administratifs, à savoir carte nationale d’identité, carte de séjour, permis de conduire pour ne citer que ceux – là, à un de ses amis libanais.

Et ce, sans pour autant officiellement dénoncer comme l’exigent les dispositions de la convention du 22 septembre 2016 dûment signée entre le gouvernement centrafricain, représenté par le ministre des finances et du budget, M. Henri Marie Dondra, en sa qualité d’autorité contractante et la présidente directrice générale de l’entreprise ICS/CCS, Mme Coulibally. Ainsi, semble prendre fin une affaire qui aurait défrayé les chroniques plusieurs mois  durant.

 Mais si cette information venait à s’avérer exacte, rien n’irait plus en Centrafrique sous le règne de Touadéra pourtant démocratiquement et massivement élu. Tout marcherait à l’envers et en totale et flagrante violation des lois et règles de la République, au risque d’exposer la souveraineté nationale, la crédibilité du pays de B. Boganda ou de ce qui en reste encore et de la dignité du peuple centrafricain.  

En effet, comment comprendre qu’un Etat digne de ce nom qui a accepté de signer en bonne et due forme une convention d’exploitation avec CCS de droit centrafricain et conforme à l’acte uniforme de l’OHADA, va – t – il se déjuger de manière unilatérale et officieuse, sans qu’ aucun reproche ni aucune notification n’aient été préalablement faits ? Comment comprendre qu’un Etat digne de ce nom peut – il remettre en cause un tel engagement, allant jusqu’à lancer un avis à manifestation d’intérêt relatif à l’objet de ce même marché déjà précédemment attribué ? DU JAMAIS VU dans l’histoire de la République depuis son accession à l’indépendance !

 Voilà un bel exemple d’anomalie et d’irrégularité manifeste dans la gestion des affaires de la cité  dont s’en serait immédiatement saisi, s’il était encore en vie, Me Zarambaud Assingambi, l’un des meilleurs guerriers de la plume et combattants de la liberté que la République ait connus. C’est là où ses qualificatifs de pays de tous les paradoxes et de tous les records négatifs ont toute leur signification et doivent lui forcer du respect, même au – delà de la mort.

Ainsi donc ce que redoutaient certains médias est finalement devenu réalité. Touadéra et son gouvernement ont décidé de tourner le dos à la société CCS. Cependant, en agissant de la sorte, ils ne peuvent pas continuellement feindre d’ignorer les conséquences juridiques, diplomatiques et surtout financières auxquelles ils vont exposer le pays. Ils ne peuvent pas continuellement feindre d’ignorer tous les investissements engagés par CCS qui, confiante aux termes de la convention signée et soucieuse de créer des emplois et de la richesse, n’ a pas lésiné sur les moyens pour exister. Ils ne peuvent pas continuellement feindre d’ignorer les fonds levés par cette société près des banques, les dépenses engagées dans les annonces publicitaires, les locations des locaux devant abriter bureaux, services techniques et logements des experts techniciens, l’achat et l’acquisition des équipements lourds et stratégiques, et le recrutement de près de 300 salariés. Ce qui représenterait un bien lourd investissement de plus de 3 milliards de Fcfa ; ce dont les autorités qui ont été associées à toutes les étapes régulières du processus de la convention d’avril à septembre 2016, ne peuvent pas continuellement feindre d’ignorer, parce qu’elles ont librement et officiellement accepté de signer cette convention au nom du peuple centrafricain. Alors pourquoi vouloir faire marche arrière à ce stade et sans aucune élégance ? Est – ce dans l’intérêt du peuple centrafricain ou pour et dans leurs propres intérêts, personnels, égoïstes et catégoriels ?

Malheureusement, c’est ce que retient aujourd’hui l’opinion publique dès l’annonce de l’octroi de ce marché à un des amis de Touadéra. Le marché des cartes de séjour, des cartes nationales d’identité, des permis de conduire pour ne citer que ceux – là  octroyé à un libanais ? C’est la seule question que tout le monde se pose aujourd’hui. Une question à laquelle Touadéra doit répondre dans les meilleurs délais, car le peuple centrafricain veut connaitre la vérité dans cette affaire.

En effet, au lendemain de la signature de cette convention, le peuple centrafricain voulait voir l’aboutissement et la matérialisation de son objet dans la gestion des documents administratifs. Aller à l’encontre de l’octroi de ce marché à une entreprise de droit centrafricain, c’est aller à l’encontre d’une faveur au profit du peuple. C’est maîtriser ce peuple qui a élu Touadéra pour le sécuriser et non pour l’exposer à la prédation, pour lui offrir des emplois et non pour le réduire à la mendicité, enfin pour le respecter et le faire respecter et non pour le ridiculiser et le faire ridiculiser sur sa propre terre, celle   de ses aïeux et de ses ancêtres. Le peuple centrafricain tenait à la poursuite des activités de CCS et ne peut pas comprendre cette dérobade de celui qu’il a élu pour son bonheur et non pour son malheur. Il veut des explications claires et nettes de sa part sur ce qui ressemblerait désormais à un acte de flagrant délit de haute trahison.

Affaire à suivre….. !

Kassa Mongonda

 

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