Affaire GSTC : La marche des travailleurs contre la mal gouvernance incarnée et institutionnalisée par Sarandji

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Quoique certaines sources  très proches de Mme Samba – Panza, suite à des révélations, par elle, faites sur son mur, et de certains observateurs les plus avertis de la vie politique centrafricaine ne cessent de vulgariser dans la conscience collective l’information selon laquelle l’élection du candidat indépendant Touadéra aurait été le fruit d’un grand complot et de manœuvres de la communauté internationale dont la France, par l’entremise de son ambassadeur Charles Malinas, il n’en demeure pas moins cependant que l’autiste mathématicien de Boy – Rabé, l’actuel président de la République, a été massivement et démocratiquement élu par une large majorité des centrafricains. Sur la base des promesses de la sécurisation et de la pacification du pays, de la restructuration des forces de défense et de sécurité, du désarmement forcé de toutes les bandes armées, du redéploiement de l’administration civile et militaire sur toute l’étendue du territoire national, du retour des milliers des personnes et familles déplacées dans leurs maisons, villages et quartiers, de la réconciliation nationale et de la renaissance de la République.

Un alléchant et ambitieux  programme et projet de société sous le charme desquels était béatement  tombé le petit peuple, assoiffé de changement, de justice et de paix. De séduisantes promesses fondées sur la politique de la rupture auxquelles devront s’atteler à donner forme  Sarandji et son gouvernement. Peine perdue,  car plus de 17 mois plus tard, le maître de conférences en géographie à l’université de Bangui, qui a été nommé à ce poste pour parer au plus pressé, le processus électoral, en ce qui concerne les législatives, n’étant pas encore à l’époque  complètement achevé, et qui était tenu de rendre son tablier à la fin de ces élections, non seulement n’était pas l’homme de la situation mais surtout se révélera un homme du sérail, un défenseur invétéré de l’ancien système, celui de ces hommes politiques qui n’ont rien d’hommes d’état, celui de ces hommes politiques qui usent de leurs positions au plus haut sommet de l’Etat, non pas pour servir la cause de l’intérêt général, mais plutôt pour se servir, placer leurs parents, amis et connaissances, s’enrichir et leur permettre aussi de s’enrichir à leur tour, quitte à  fouler allégrement aux pieds les règles élémentaires de la bonne gouvernance, en général, et de la bonne gouvernance  administrative, en particulier.

 En effet, dès la publication de la liste des membres de son premier gouvernement, il n’a fallu que quelques secondes de réflexion aux professionnels des médias, aux leaders de toutes les forces vives de la nation et à la majorité des partenaires de la République centrafricaine pour se rendre compte de la propension de l’homme à incarner et à institutionnaliser la mal gouvernance comme mode de gestion de la chose publique.

 L’a incontestablement prouvé et établi la présence dans son gouvernement I des baroudeurs politiques, des bras cassés et des débauchés, à l’exemple d’un certain Guy Francky Leffa, 4ème vice – président du comité politique provisoire dissous de l’UNDP,  titulaire  d’un CAP en électricité et nommé curieusement ministre de l’habitat sans que son non n’ait figuré  dans le panel des experts dudit parti et sans qu’il n’ait été proposé par l’UNDP et Michel Amine. Il en sera de même avec la mise en place du gouvernement Sarandji 2 composé de 34 membres alors  que  le précédent en comptait 23 et caractérisé par l’entrée des hommes d’affaires, des  rebelles, des égorgeurs et autres bourreaux du peuple centrafricain, en flagrante violation des dispositions de la constitution du 30 mars 2016 sur laquelle Touadéra a prêté serment.

 En réalité, pour Sarandji, l’avènement du Touadéra au pouvoir était le parachèvement d’un rêve : une opportunité pour lui de faire comme les autres, en ce sens que son tour à lui  est arrivé, son temps de jouir du pouvoir et de bénéficier de tous ses délices, ses privilèges et ses avantages matériels et financiers.

Malheureusement, après plus de 99 jours d’entreprises machiavéliques et démoniaques, le maître de la maison et le peuple centrafricain  l’ont finalement identifié et ont su au lendemain de la publication des décrets de nominations des préfets et des sous – préfets qu’il était le vers dans le fruit, le virus de la mal gouvernance et l’agent destructeur du régime Touadéra. Sa méthode est toute simple : ignorer les fonctionnaires et agents de l’Etat, les dispositions de statut général de la fonction publique, les différents statuts  particuliers  du personnel appartenant aux différents corps de l’Etat, leurs conditions et critères de recrutement, leurs modes d’avancement, leurs devoirs et leurs obligations, les conditions de leur  mise à la retraite, en un mot le respect du plan de carrière.  

Dorénavant, pour Sarandji, il est normal qu’un vendeur de viande soit intégré dans le corps des enseignants d’université et dispenser des cours au Département de Géographie sans en avoir les qualifications et les profils, qu’un pasteur fictif puisse assumer les nobles fonctions dévolues aux inspecteurs du trésor sans avoir été à l’ENST de Paris et qu’une vendeuse de légumes qui n’a jamais mis les pieds dans une salle de classe soit proposée et nommée sous – préfet de la sous – préfecture de  Boganda. Une volonté manifeste de violer la loi, les textes et les règlements en vigueur qui fonde tout Etat et toute administration. Une  véritable insulte à l’endroit de tous les fonctionnaires et agents de l’Etat du ministère  de l’administration du territoire, en particulier,  et de tous les fonctionnaires et agents de l’état, sans exclusive, en général.

C’est donc tout naturellement cette volonté de Sarandji et de son gouvernement  de politiser, d’ethnitiser, de clientéliser et même de monnayer la gestion de l’Etat et les nominations aux différents postes de responsabilité  qui est aujourd’hui violemment rejetée  par  les cadres et agents du ministère de l’administration du territoire, pour avoir été formés, formatés et techniquement outillés en leur qualité d’administrateurs  pour  assumer les fonctions des préfets et sous – préfets. Une revendication normale qui se fonde sur les dispositions des textes sus – évoqués qui veulent que seuls des ressortissants de l’Enam et titulaires au moins d’une licence en droit peuvent être nommés à ces postes.

C’est donc tout naturellement pour se laver au karcher de cette terrible honte dont ce maître de conférences en géographie les a couverts que ces fonctionnaires et agents de l’Etat relevant du ministère sus – évoqué ont courageusement décidé de se mettre en grève illimitée, après le refus du groupe de contact et de négociation, placé sous l’autorité du premier ministre, de déferrer à leur préavis de grève, d’ouvrir les pourparlers sur la forme et le fond et d’ y proposer des solutions idoines dans un communiqué final dûment signé de part et d’autre et rendu public. Ce combat légal et légitime pour la défense de leurs droits et le respect scrupuleux de leur plan de carrière ne pouvait que recueillir l’indéfectible soutien du groupement syndical des travailleurs de Centrafrique en abrégé GSTC qui se bat depuis quelques jours pour  le paiement des arriérés des salaires et la signature du décret d’application du décret portant  harmonisation de la grille salariale, qui considère les promesses du gouvernement faites par le ministre des finances et du budget, M. Dondra,  avec le concours financiers du FMI, comme de simples annonces et qui peine à obtenir un engagement écrit et solennel y relatif, comme il est de coutume dans toutes les luttes et les négociations syndicales.  

Du coup, avec l’entrée en scène de GSTC, suite à l’assemblée générale du samedi 14 octobre 2017 ayant décidé de l’organisation d’une marche pacifique le vendredi  20 octobre,  s’ouvre pour les nouvelles autorités légales et légitimement établies un chapitre très douloureux de leur règne. A ce propos,  comme l’histoire de la République centrafricaine très riche en rebondissements l’a prouvé en 1979 et 1992 où des travailleurs déterminés et mobilisés se sont non seulement levés pour exiger le paiement de leurs arriérés de salaires mais surtout pour obtenir le départ des princes de la République et le pluralisme démocratique, Touadéra qui a été massivement et démocratiquement élu sur la base de la politique de la rupture, a intérêt à tendre une oreille attentive à ces cris de détresse de ces   » nouveaux  travailleurs », avant que le pire n’arrive. En prenant fait et cause pour le GSTC dans sa lutte, d’une part, contre la mal gouvernance incarnée et institutionnalisée par son premier ministre Sarandji qui refuse de reconnaitre les droits des travailleurs, qui brille par une certaine arrogance inouïe  et qui menace de suspendre leurs salaires et, d’autre part, pour le respect des valeurs de la bonne gouvernance et de la transparence, consacrées par la constitution du 30 mars 2016 sur laquelle il a prêté serment !

Affaire à suivre….. !

Jean – Paul Naïba

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