Affaire des préfets: la Minusca hausse le ton mais ne bouge pas

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Selon des informations dignes de foi en notre possession et relayées par RNL , «  La Minusca a vivement condamné l’opposition des groupes rebelles du MPC et du FPRC relativement à l’installation du nouveau préfet de la Nana-Gribizi, Colonel Tombou Augustin en date du 10 octobre. Les ex-Séléka, MPC et FPRC, basés dans la région ont posé une condition : « deux aides-camp pour le nouveau préfet, pas plus ».

Un acte condamné aussi bien par le ministre de l’Administration du territoire Jean Serge Bokassa que Vladimir Monteiro, le porte-parole de la Minusca.

Si le premier juge « inacceptable » la réaction de ses groupes rebelles qu’il invite à se « ressaisir », la Minusca de son côté, a haussé le ton précisant que « l’installation des préfets ne devra souffrir d’aucune entorse ».

Interrogé par RNL, Vladimir Monteiro, précise que « la Minusca trouve inacceptable les positions exprimées par le MPC et le FPRC qui s’opposent au redéploiement des préfets dans certaines régions », ajoutant que « la présence de l’autorité de l’Etat ne peut faire l’objet d’aucun chantage ».

De par son mandat, la Minusca, rappelle M. Monteiro, est engagée « à appuyer ces représentants de l’Etat dans l’exercice de leur fonction ». Et cela, dans la mesure de « sa capacité » surtout que l’institution onusienne pense que « le déploiement des préfets et sous-préfets dans les régions va contribuer à la protection des populations civiles ».

Une nouvelle autorité préfectorale pour la Ouaka 

Alors que les groupes armés s’opposent à l’installation du préfet entrant de la Nana-Gribizi, les choses ont mieux tourné du côté de la Ouaka. Victor Bissekoin, le nouveau préfet a été investi la semaine dernière dans ses fonctions à l’hôtel de ville de Bambari par l’inspecteur d’Etat, Jean Pierre Guérékpidou. Pour l’occasion, l’inspecteur d’Etat, tout en justifiant le choix de M.Bissekoin comme préfet entrant de cette localité a indiqué qu’il est un administrateur civil qui a déjà été préfet dans l’Ombella M’Poko. 

« C’est parce qu’il a toujours été proche de sa population que le Chef de l’Etat lui a fait confiance en le nommant Préfet de la Ouaka », a relevé M. Guerekpidou, ajoutant « qu’il saura être à la hauteur des défis de cette localité ».

Investi dans ses nouvelles fonctions, le préfet Bissekoin entend faire de la préfecture un modèle de cohésion sociale. « Que la Ouaka en générale et Bambari en particulier deviennent le grand foyer allumé dont la flamme va s’éparpiller sur l’ensemble du territoire national », a-t-il fait savoir.

Il a par ailleurs rappelé que « le 27 mars 2017, le Chef de l’Etat a pris l’engagement de déclarer Bambari, ville émergente sans groupe armé et ville pilote, creuset du décollage de la RCA », une promesse qu’il entend matérialiser. Dans cette dynamique, le préfet entrant s’est déjà fixé une priorité : la tenue de la fête du 1er décembre dont il voudrait en faire un véritable moment de cohésion sociale.

Au-delà de l’optimisme affiché du nouveau préfet de la Ouaka, Abel Matchipata, président sortant de la délégation spéciale de la ville lui rappelle les défis à relever. « …il y a le phénomène de braquage, le retour des déplacés dans leurs quartiers, la réouverture du marché central et de la gare routière ». Ceci, selon l’ancien premier citoyen de la Ouaka constitue des blocages pour la matérialisation de la promesse présidentielle : celle d’une ville de Bambari, « sans groupe armé et creuset du décollage de la RCA ».

Des condamnations du bout des lèvres, puisque des informations en notre possession depuis la ville de Kaga – Bandoro font état de ce que rien n’est encore fait sur le terrain pour déloger  tous les seigneurs de guerre et les mercenaires qui y sévissent. En de véritables conquistadores, le gouverneur autoproclamé de la préfecture de la Nana – Grobizi, Mahamat Al – Katim et ses éléments continuent de régner, de voler, de piller, de tuer, de rançonner, d’incendier des habitations et greniers, de racketter les paisibles populations,  de lever l’impôt en lieu et place des cadres du ministère des finances et du budget, et de percevoir les droits et taxes sur les barrières, aux marchés, et au parc à bétails. D’importants et alléchants  avantages financiers que leur rapportent régulièrement ces différentes activités grâce à l’usage de leurs armes. Des privilèges qu’ils ne peuvent perdre que par l’usage de la force et non par de simples et belles paroles. Affaire à suivre….. !

Kassa Mongonda

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