Affaire des faux OPJ de la CPS : certains bailleurs de fonds se retirent, d’autres suspendent leur aide

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Telle est la question qui ne cesse de fuser de toutes parts, de se murmurer et de se  susurrer dans l’opinion nationale, depuis un certain temps. De justes et certaines inquiétudes  qui se reposent de manière irréfragable sur la volonté du mathématicien de Boy- Rabe, M. Touadéra et celle de son cher aîné Sarandji de faire asseoir définitivement la malgouvernance comme seul mode de gestion des affaires de la cité et de nominations à des hautes fonctions de l’Etat. Des  actes de flagrant délit au sacro – saint principe de la bonne gouvernance et de la transparence auquel l’Etat centrafricain a formellement souscrit, en faisant adopter il y a quelques jours par les représentants de la nation, la loi portant code de la bonne gouvernance et de la transparence. Des actes de violations graves contre lesquels le directeur de publication du journal en ligne www.lavoixdessansoix.com  s’est violemment élevé dans un article intitulé « Mme Lagarde, que viennent faire les inspecteurs des impôts et du trésor dans le mouvement du contrôle financier ? ». Malheureusement, cet appel de pied à l’endroit non seulement des autorités légales et légitimement établies mais surtout destiné à l’assemblée nationale et  aux  multiples et multiformes organes de contrôle a priori et a posteriori, n’a eu que l’effet d’une goutte d’eau sur les plumes d’un canard.

Mus par la course aux honneurs, à la conquête des biens matériels et aux positionnements de leurs parents, amis et connaissances, Touadéra et son cher aîné  sont restés aphones à cet article et se croyaient alors pouvoir indéfiniment user de l’onction populaire pour assouvir leurs desseins machiavéliques, personnels, égoïstes et étrangers aux intérêts de la nation, quitte à marcher sur les lois  et règlement de la République, quitte à assassiner la fonction publique, quitte à ignorer superbement la notion du plan de carrière qui veut que les fonctionnaires et agents de l’Etat soient nommés en fonction des critères de compétence, de solides expériences, d’intégrité et d’impartialité et qui fonde toute bonne gouvernance administrative, et quitte à augmenter la masse salariale en nommant des hors – statut et des retraités en lieu et place des titulaires formés et payés à ne rien faire.

A l’exemple de la  présence massive des bras cassés, des débauchés, des baroudeurs politiques, et des criminels les plus patentés, en violation des dispositions de l’article 28 de la constitution, dans leur gouvernement, à la présidence de la République et à la primature. A l’exemple de la nomination des vendeuses des légumes, des pasteurs fictifs, des libérateurs et des faux administrateurs civils  aux postes de sous – préfets et des préfets, laissant sur le pavé ceux qui ont formés et formatés pour assumer ces fonctions et défendre les intérêts de la patrie à ce niveau de responsabilités. A l’exemple de ces inspecteurs des impôts et du trésor nommés  comme contrôleurs financiers, en lieu et place des titulaires et en flagrante violation des dispositions du droit budgétaire consacrant le principe de la  séparation des pouvoirs entre les organes de contrôle et les organes de gestion comptable.

Alors, ils pensaient pouvoir continuer de cette manière  jusqu’à la fin de leur mandat dans l’optique de donner à manger et à boire à tous leurs parents, amis et connaissances. C’était sans compter avec la vigilance des bailleurs de fonds, lorsqu’ils ont demandé au ministre de la justice garde des sceaux de s’ingérer dans le choix des OPJ près la CPS, en y faisant placer leurs hommes de main en lieu et place des titulaires. Un acte de faux et usage de faux de trop pour ces partenaires qui veulent en finir avec l’impunité et qui soutiennent financièrement la CPS. Un acte de faux et usage de faux de trop qui n’a pas laissé ces bailleurs de fonds insensibles. Aux dernières nouvelles, certains se sont déjà retirés, d’autres ont préféré suspendre leur aide en attendant de voir clair dans cette affaire. C’est ce que RFI a relaté en ces termes :

« Les relations entre le gouvernement centrafricain et la communauté internationale sont au plus mal depuis deux semaines et la nomination des officiers de police judiciaire devant oeuvrer dans le cadre la Cour pénale spéciale. Le ministre de la Justice est suspecté d’ingérence et les bailleurs menacent de couper les financements. Alors que la Cour pénale spéciale se met lentement en place, le 6 novembre dernier, deux juges internationaux et vingt officiers de police judiciaire centrafricains ont prêté serment. Bien qu’invités à cette cérémonie, la Minusca et les bailleurs de fonds, qui financent en partie la CPS, avaient brillé par leur absence.

En raison, la partialité du choix de ces dix policiers et dix gendarmes chargés d’accompagner la Cour dans ses enquêtes. A l’origine, le 29 septembre, le comité de sélection de la CPS avait recommandé vingt noms au ministère de la Justice.

C’est là que Flavien Mbata, le Garde des Sceaux, est intervenu en modifiant cette liste au prétexte qu’une ethnie était trop représentée. Il a alors inscrit le nom de dix nouveaux officiers de police judiciaire, une pratique contraire aux règles de la Cour pénale spéciale. Le 6 octobre, le décret était validé et signé par le président Touadéra.

Ce qui a fait bondir la communauté internationale, accusant l’exécutif centrafricain d’ingérence dans la bonne marche de cette institution encore fragile et censée être indépendante de toute pression politique.

Depuis plusieurs jours, des réunions ont lieu pour tenter de régler cette affaire. Toujours est-il que la formation de ces officiers de police judiciaire, qui devait débuter lundi prochain, a été repoussée à une date encore inconnue et que certains bailleurs ont dès à présent suspendu leurs financements jusqu’à ce qu’une voie de sortie ait été trouvée ».

Et si le FMI et les bailleurs de fonds décidaient tout simplement de  fermer toutes les vannes financières à la République centrafricaine ?

 Affaire à suivre….. !

La Rédaction

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