Affaire « coup d’état en Guinée – Equatoriale » : révélations sur les en – dessous du complot, les enjeux, les assaillants et les commanditaires

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CHRONOLOGIE.

28 décembre 2017 : des putschistes sont arrêtés à la frontière Sud du Cameroun…

Les autorités équato-guinéennes ferment de façon unilatérale la frontière de leur pays avec le Cameroun. Cette décision fait suite à l’arrestation par la Police camerounaise d’un commando d’une quarantaine de personnes qui transportaient des armes et des tenues militaires et se dirigeaient vers la Guinée-Équatoriale. Ces éléments sont arrêtés à la frontière de Kyé-Ossi, ville frontalière dans la région du Sud du Cameroun et l’on découvre après fouille, une somme de presque 2 millions de FCFA sur chacun d’eux. Les forces de sécurité camerounaises saisissent notamment cinq lance-roquettes, 1 MAG (une mitrailleuse de guerre) et 2570 munitions, tous calibres confondus.. Ces éléments en tenue avaient pour projet de passer la frontière équato-guinéenne à Kyé-Ossi, pour soutenir un putsch contre le régime de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

9 janvier 2018 : Touadéra convoqué à Malabo…

Selon les services de sécurité du Cameroun, de Guinée-Equatoriale et de France, Bangui aurait servi non seulement de base arrière dans le montage du complot déjoué par Malabo mais aussi de lieu de recrutements de certains éléments à cette tentative de putsch avortée. Quand Teodoro Obiang Nguema Mbasogo apprend que se trouveraient des proches de Faustin Archange Touadéra parmi ceux qui ont voulu renverser son pouvoir, il pique une colère noire et somme le Président Centrafricain de venir s’expliquer à Malabo. Car parmi l’équipe d’apprentis putschistes arrêtés se trouve Ahmed Dada » Yalo, le petit frère de Sani Yalo. Touadéra ne prend pas tout de suite la gravité de la situation et veut initialement envoyer son Ministre des Affaires étrangères Charles-Armel Doubane mais Obiang exige qu’il se déplace personnellement. La RCA bénéficie d’un fort soutien de la Guinée à plusieurs niveaux, notamment sur la récente formation à Malabo d’officiers qui seront affectés à la garde présidentielle centrafricaine. Touadéra fait donc le déplacement malgré lui dans un avion affrété par la guinée-Equatoriale et l’accueil à Malabo fut glacial. Lors d’une interview donnée à RFI le 17 Janvier, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo indiquera « certains agents commençaient à recruter les mercenaires depuis le Tchad, la Centrafrique. J’ai même prévenu le président Touadéra. Il m’a répondu qu’il n’a pas la possibilité de contrôler le territoire  ». Teodoro Obiang indique clairement à son homologue centrafricain qu’il veut que la lumière soit faite sur cette affaire et que des têtes tombent à Bangui si certains sont impliqués dans ce dossier. Touadéra assure les autorités de Malabo de sa pleine entière coopération affirmant ne rien savoir de cette histoire. Il se garde bien d’évoquer avec Obiang Nguema Mbasogo le fait que putschiste Hamed « Dada » Yalo faisait partie de son équipe de sécurité rapprochée lors de son déplacement à Paris en mai 2016, ce que l’on peut clairement constater dans une vidéo de la communication officielle de la Présidence Centrafricaine exhumée pour l’occasion et devenue virale sur les réseaux sociaux. Sani Yalo, grand frère du putschiste Hamed « Dada » Yalo, financier de la campagne de Touadéra, proche conseiller du Président Centrafricain, affirmera dans la foulée à Jeune Afrique avoir lui-même participé à la dénonciation de son frère. « Nous avons été informés que des Centrafricains étaient impliqués dans une tentative de déstabilisation. Nous avons donc prévenu les autorités des pays concernés, le Cameroun et la Guinée équatoriale. Si mon frère est un terroriste, il faut le traiter comme tel. Je n’ai pas d’états d’âme ». Sani Yalo a-t-il réellement prévenu les services camerounais de l’implication de son petit frère ? Si oui, pourquoi n’a-t-il pas été en mesure de préciser qui précisément a été prévenu ? Par quel canal a-t-il prévenu les autorités Camerounaises ?

10 Janvier : Agapito Mba Mokuy, ministre des Affaires étrangères de la Guinée équatoriale fait savoir que cette tentative aurait été préparée en France, sans que Paris n’y soit mêlée de près ou de loin et que des mercenaires tchadiens, soudanais et centrafricains.

11 Janvier : La Guinée Équatoriale suspend l’accord de libre circulation avec les pays de la Cémac

12  Janvier : le ministre de la sécurité Equato-Guinéen enquête à Bangui. Le ministre de la Sécurité nationale, Nicolas Obama Nchama est dépêché à Bangui pour complément d’enquête dans cet épineux dossier de coup d’Etat déjoué.

 

17  janvier: Teodoro Obiang Nguema Mbasogo pour la première fois s’exprime sur cette affaire répondant aux questions de RFI. Il indique « qu’un « groupe de terroristes du Tchad – de nationalités tchadienne centrafricaine, notamment Seleka (l’ex-rébellion centrafricaine) – est arrivé aujourd’hui à convertir en groupe terroriste un groupe de Soudanais, préparé avec certaines personnalités en France. Le problème a commencé en France. » Teodoro Obiang Nguema Mbasogo « demande la collaboration du gouvernement français pour faire l’enquête.»

18 janvier : Agapito Mba Mokuy, le ministre des Affaires étrangères Equato-Guinéen et son homologue camerounais, Lejeune Mbella Mbella reçoivent une importantes délégation centrafricaine qui n’a pourtant pas été conviée à Yaoundé. Cette délégation est composée de trois ministres centrafricains – Marie-Noëlle Koyara (Défense), Flavien Mbata (Justice) et Henri Wanzet Linguissara (Sécurité) dépêchés au Cameroun officiellement pour apporter tout le soutien de Bangui aux autorités du Cameroun et de Guinée-Equatoriale.

23  janvier: Teodoro Obiang Nguema p Mbasogo rocède à une vague de limogeages de hauts responsables de son régime, soupçonnés d’être impliqués dans ce coup de force manqué. Ainsi, par décret, il met fin aux fonctions de Enrique Anguesomo, ambassadeur de la Guinée équatoriale au Tchad, arrêté en décembre pour irrégularités commises dans l’exercice de ses fonctions. Ruben Clemente Nguema Engonga, président du tribunal de Bata et Martin Obiang Ondo, magistrat au tribunal de Malabo ont tous deux été limogés le mercredi 24 janvier pour irrégularités. Le président Nguema Mbasogo a également mis fin aux fonctions de son petit-fils Constantino Obiang Mba, directeur général de l’entreprise publique de télécommunication. Toutes ces personnes sont soupçonnées d’avoir pris une part active dans la tentative de coup d’Etat avortée.

2 Février : Le bureau de l’Assemblée Nationale centrafricaine assisté de Madame Béatrice Epaye, en sa qualité de Présidente de la commission des Affaires Etrangères a interpellé les Ministres des de la Défense Nationale Madame Koyara, de la Justice, Monsieur Flavien Mbata, Ministre de l’intérieur chargé de la Sécurité Publique le général de gendarmerie Wanzet Linguissara ainsi que le Ministre des Affaires Etrangères Monsieur Doubane pour des explications de texte dans ce dossier.

7 Février : le Ministre d’État chargé de la Sécurité nationale, M. Nicolás Obama Nchama de Guinée Equatoriale reçu par la Ministre de la défense Marie-Noëlle Koyara.  Le Ministre Equato-Guinée n’a pas été reçu par la Présidence de la République qui garde un silence étourdissant depuis le depuis de cette affaire…

 

  1. MOBILE ET COMMANDITAIRES PRESUMES.

Principal mobile présumé : limiter l’influence de Constancia Mangue Nsue Okomo, maman de Teodoro Nguema Obiang Mangue, « Teodorin » dans le cadre de la guerre ouverte à la succession de Obiang Nguema Mbasogo.

Depuis 1993, EXXON MOBIL exploite les plus grands gisements de pétrole de Guinée Équatoriale. Rex Tillerson, actuellement Secrétaire d’Etat de Trump a été pendant plusieurs décennies le patron d’EXXON MOBIL jusqu’au 31 décembre 2016. L’ombre de cette major pétrolière et donc des Etats-Unis plane derrière la Guinée Équatoriale de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. A compter du 1er janvier 2018, la Guinée équatoriale deviendra membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, pour un mandat de deux années… grâce surtout à la médiation en coulisses de Rex Tillerson. Teodoro Nguema Obiang Mangue, « Teodorin » qui était vice-président du parti présidentiel PDGE s’estime depuis mai 2012 légitime successeur de son père depuis que celui-ci l’a nommé deuxième vice-président de la République, chargé de la défense et de la sécurité de l’État. Mais, Teodorin est en fait poussé par sa maman, actuelle première dame du pays et il n’a pas le niveau requis pour diriger le pays dans l’esprit de son papa. C’est plutôt son demi-frère Gabriel Mbaga Obiang Lima, actuel ministre équato-guinéen du pétrole qui serait le plus à même de prendre la relève mieux que son aîné, qu’il traite publiquement de « playboy ». Ce dernier a toutefois la faiblesse que sa maman soit originaire de Sao Tomé-et-Principe, ce qui le rend moins légitime. Qui des deux prendra finalement les rênes de ce pays de 1,2 million d’habitants, troisième producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne derrière le Nigeria et l’Angola lorsque le vieux ira s’asseoir ?…

 

Salomon Abeso Ndong, présumé commanditaire de la tentative de putsch avortée.

Salomon Abeso Ndong est accusé par le régime de Malabo d’être le principal instigateur du coup d’État déjoué par les Services Camerounais et Équato-Guinéens. Salomon Abeso Ndong est un opposant exilé entre Londres et Paris (où il possède un pied-à-terre). Il est le neveu d’un ex-président de l’Assemblée nationale, Felipe Ondo Obiang (ministre sous le président Francisco Macías Nguema), fondateur de la Force démocratique républicaine (FDR), parti dans lequel Abeso Ndong a été actif. En 2002, lui et son oncle sont arrêtés et torturés. Abeso Ndong est condamné à mort. Sur intervention américaine, il est libéré après plus de deux ans. Passé aux États-Unis et en Espagne, il trouve asile en Grande-Bretagne. Il travaille aujourd’hui dans l’immobilier. En 2013, il lance à Paris la Coalition d’opposition pour la restauration d’un État démocratique (Cored), rejointe un an plus tard par Severo Moto Nsa, auteur d’une tentative de coup d’État en 2004 avec le mercenaire Simon Mann. La Cored a été partie civile dans le procès des « biens mal acquis », que le fils du président, Teodorín, a perdu.

Enrique Nsue Anguesomo, l’ambassadeur de Guinée équatoriale au Tchad

Les autorités équato-guinéennes ont en tout cas suffisamment de soupçons pour avoir lancé des investigations sur Enrique Nsue Anguesomo, dit Chico Enri, et procédé à son arrestation le 30 décembre à Ebebiyín, sa localité d’origine. Officiellement, il s’y trouvait alors en visite privée. Mais l’ambassadeur de Guinée équatoriale au Tchad, ancien secrétaire d’État à la Sécurité nationale, n’avait pas prévenu sa hiérarchie qu’il effectuait ce déplacement, et Malabo a donc cherché en vain à le joindre au Tchad au moment où les informations ont commencé à circuler. Le renvoi a aussi coûté à l’ex diplomate son grade de colonel de la police. Il est reproché au fonctionnaire déchu d’être impliqué dans la tentative de coup d’État déjoué en décembre 2017.

Ruben Clemente Nguema Engonga Avomo, le fils du ministre de l’Intérieur

Actuellement à Madrid pour subir des soins, le fils du ministre de l’Intérieur équato-guinéen, Clemente Engonga Nguema Onguene, est accusé par Malabo d’avoir participé à un complot élaboré par des rejetons de hauts dignitaires afin d’empêcher l’arrivée à la tête de l’État équato-guinéen du fils du président, Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorín. Ruben Clemente, âgé de 36 ans, dirige la cour provinciale de Bata, et est originaire de Mongomo. Il est en outre un proche de l’opposant en exil Salomon Abeso Ndong, avec lequel il a grandi.

 

Constantino Obiang Mba, petit-fils de Obiang Nguema Mbasogo, directeur général de l’entreprise publique de télécommunication.

  1. PERSONNES IMPLIQUEES A BANGUI (LISTE NON EXHAUSTIVE A CE STADE)

Hamed « Dada » Yalo.

Dada a 35 ans. Il est le petit frère de Sani Yalo arrêté le 27 Décembre dernier. Envoyé au Tchad en formation à l’école des officiers en 2011 à Ndjamena, il y étudia jusqu’en 2014. Sa formation terminée, il s’envole pour la France et obtient le statut de réfugié, arguant être en danger s’il retournait en Centrafrique, puisqu’il fut envoyé dans cette école du temps de Francois Bozizé, entre-temps déchu. Il effectue une série de va-et-vient entre Paris-Yaoundé-Ndjamena et entretient à Paris des liens avec des éléments de l’opposition Equato-Guinéenne en exil. Il reçoit une forte somme avant de se rendre au Cameroun, à Douala, fin 2017, d’où il dépêche Danzoumi Yalo pour recruter une équipe à Bangui. Il est arrêté lors du putsch déjoué avec quatre autres ressortissants centrafricains : les Frères Pounagaza Metefara (âgés de 30 et 35 ans), Serge Goudame (35 ans) et Philippe Adramam (27 ans). Ces  individus seraient actuellement interrogés à Malabo.

Sani Yalo

Sani Yalo s’est  rendu à Londres et Paris mi-Décembre 2017 officiellement  pour assister à une conférence sur le processus de Kimberley, alors qu’il est loin d’être un spécialiste du sujet. De sources diplomatiques recoupées, les fonds pour recruter les mercenaires Centrafricains ou ceux recrutés en Centrafrique ont transité depuis la France et l’Espagne sur les comptes bancaires du Bureau d’affaitement Routier Centrafricain (BARC) au Cameroun. Il faut savoir que le BARC à deux comptes à la Commercial Bank Cameroun (CBC) et à Ecobank à Douala. Sani Yalo est signataire en tant que Président du Conseil d’Administration ce qui n’est conforme aux procédures puisque un Président du Conseil d’Administration n’est jamais signataire. Mais il a obtenu un pouvoir de signature de la part de Arthur Piri, Contrôleur général des entreprises et offices publics. Arthur Piri est le neveu du président Touadéra. À partir de cet élément concret, il apparaît donc que les autorités Centrafricaines ne soient pas ignorantes de ce complot.

Danzoumi Yalo

Mécanicien de profession, Danzoumi Yalo est surnommé « colonel Daz ». Il fut un bras droit de Bozizé en 2003, puis ensuite responsable de sa sécurité rapprochée. Les relations troubles entre les Yalo et certains officiers Equato-Guinéens ont débuté lorsque Danzoumi Yalo a ouvert en 2015 un motel dans le quartier 36 villas. Ce motel a accueilli des officiers du contingent Équato-Guinéen détaché en Centrafrique. Sous la responsabilité de Danzoumi, Kiki Yalo procéda au recrutement des éléments Centrafricains ayant participé à cette aventure dans le rang d’officiers ou rebelles centrafricains. Après un déplacement à Doubaï début Janvier, Danzoumi se trouve désormais à Bangui. Il a perçu pour cette opération la somme de 100.000.000 FCFA.

Kiki Yalo.

Peu après l’élection de Touadéra, Kiki Yalo a été pistonné par son grand frère Sani Yalo au poste de représentant des transporteurs centrafricains au Conseil Économique et Social. Sous la responsabilité de Danzoumi, Kiki Yalo procéda au recrutement des éléments Centrafricains ayant participé à cette aventure dans le rang d’officiers ou rebelles centrafricains. Prévenu par un coup de fil de ses frères Sani et Nasser Yalo qui lui ont dit de fuir car l’opération était compromise, il a pu échapper au coup de filet camerounais ne même pas retournant à son hôtel où il a laissé ses affaires personnelles. Il a ensuite fuit pour Dubaï avec une importante somme d’argent. Il a depuis été discrètement relevé de ses fonctions au Conseil Economique et Social à Bangui et se trouve désormais à Blois en France, où il a trouvé refuge chez sa petite amie Halifatou Matsouka Bababaye.

Hawa Yalo.

Sœur de Sani Yalo séjournait d’ailleurs régulièrement du motel de son frère Danzoumi Yalo au quartier 36 villas, lorsqu’elle descendait à Bangui. On sait que ce motel a accueilli des officiers du contingent Équato-Guinéen détaché en Centrafrique Elle s’est acoquinée avec deux officiers Equato-Guinéens et a fait le lien avec les commanditaires et la participation de ses frères à ce putsch manqué. Elle se trouve désormais en France ;

Anatole Ngaya

Kiki Yalo a remis au capitaine centrafricain Anatole Ngaya la somme de 5.000.000 FCFA pour qu’il participe à l’opération. Celui-ci, après s’être déplacé à Douala pour prise d’information a finalement changé d’avis et s’est désisté. Kiki Yalo a envoyé une personne dans son bureau au camp des roux pour lui demander de rembourser l’argent qu’il a perçu.

Martial Béti Marace

L’ambassadeur de RCA à Yaoundé Martial Béti Marace, un intime de Sani Yalo depuis l’affaire Zongo Oil a lui aussi joué un rôle clé dans ce dossier facilitant la préparation logistique de certains participants au putsch manqué.

Théo Zambrota

Ressortissant du Congo Kinshasa, Théo Zambrota très proche de Sani Yalo, depuis qu’il gravité autour de Faustin Archange Touadéra. Agent Congolais, il était aussi lié à l’arrestation, en juin 2017, des deux rebelles congolais qui se seraient enfuis quelques semaines après leur arrestation et emprisonnement à Bangui. Théo Zambrota entretient de même des relations personnelles avec Faustin Archange Touadéra et son épouse Brigitte Touadéra.

Les Frères Pounagaza Metefara, Serge Goudame, Philippe Adramam sont les autres ressortissants arrêtés par les autorités Camerounaises le 27 Décembre dernier aux côtés de Dada Yalo.

Faycal Mandjo

Un ressortissant centrafricain qui a voyagé depuis Paris à Douala avec Hamed dada Yalo. Il faisait partie de l’équipe et a échappé au coup de filet des autorités camerounaises et se trouve désormais à Bangui après s’est caché pendant plus d’un mois à Douala.

Yérima Mandjo

Le ministre de l’Elevage et de la Santé animale de Centrafrique Yérima Mandjo, grand-frère de Faycal Mandjo est aussi impliqué dans le putsch déjoué contre Malabo. Il proposa personnellement d’y contribuer.

Jacques Roger Nang

Un ressortissant camerounais du nom Jacques Roger Nang qui anime dans la boite de nuit de Sani Yalo à Douala qui était avec Kiki Talo à Yaoundé. Il a échappé au coup de filet des autorités camerounaises et se cache en ce moment à Douala.

Bienvenu Aimard Marwan Guinon Angbélé

Il a accompagné Sani Yalo lors de son déplacement à Londres en décembre 2017 pour rencontrer Salomon Abeso Ndong. Nous ne savons à ce stade son degré d’implication dans ce dossier.

  1. FOCUS: QUI EST SANI YALO?

Sani Yalo est né en 1963. Il est le frère ainé de Danzoumi Amadou Yalo, mécanicien automobile de profession comme le papa Mahamat Yalo, qui réparait les véhicules de Bokassa dans le temps. Sani Yalo a fait son école primaire à Bangui, puis poursuit le collège et le secondaire à Bangassou avant de retourner à Bangui en 1978, pour fréquenter le lycée des Martyrs.

Sous Kolingba, il se signale en épousant la petite sœur de Jonathan Koué (neveu du Président Kolingba). Il a profité de cette juteuse relation (beau-fils de la grande sœur président Kolingba, beau-frère à la direction de PETROCA) pour contracter plusieurs crédits à Bangui (UBAC). Ces crédits ne seront jamais remboursés. Au final, Sani Yalo s’appropriera le patrimoine de son épouse jusqu’à la rendre dépressive et adepte de différentes Églises du réveil en région parisienne, dans l’espoir de retrouver la santé. Avant « Zongo Oil », cette dame et la famille Kolingba furent ses premiers faits d’armes dans le monde de l’escroquerie Banguissoise…

Par la suite, il part en France puis en Afrique du Sud. Il rentre à Bangui fin 1995. Bozizé connaissait très bien les familles du Km5 et le frère Danzoumi Yalo « Daz’ » réparait parfois ses véhicules de Bozizé bien avant que celui-ci ne soit nommé chef d’Etat-major sous Patassé.

Il fut ensuite Directeur Général de la société de transport Sicotrans et un temps du club Tempête MOCAF. Il fut impliqué dans l’affaire Zongo Oil qui a coûté plusieurs milliards de FCFA au Trésor Public Centrafricain. En septembre 2000, une procédure judiciaire et lancée contre cette société et un mandat d’arrêt international est lancé contre Sani Yalo et ses biens sont saisis par la justice avant qu’il ne réussisse à prendre la fuite au Cameroun après une tentative d’arrestation. Il sera ensuite arrêté au Cameroun en 2002 suite au mandat d’arrêt international émis contre lui puis relâché quelques temps après.

Sani Yalo est revenu à Bangui en mars 2003 avec son éphémère mouvement (article partagé avec moi). Son frère Danzoumi Yalo surnommé colonel « Daz », fut un bras droit de Bozizé dans la rébellion, devenu ensuite « chargé de missions » au Ministère de la Défense et responsable de la sécurité rapprochée de Bozizé. Les deux frères seront emprisonnés de décembre 2003 à mars 2004, accusés de préparer un coup d’Etat. Ces arrestations interviennent suite à la rétrogradation de Karim Meckassoua, passé des Affaires étrangères à l’Education nationale à l’issue du remaniement ministériel du 14 décembre 2003 et que des « libérateurs » sont regroupés dans le nord de Bangui réclamant des compensations financières suite à leur participation au coup d’Etat de mars 2003. Emprisonné à la Section d’enquête et de documentation (SERD), Sani Yalo fut relâché en mars 2004 et quitta alors le pays. Il est retourné en RCA le 24 Juin 2006 où il a été condamné à huit ans de prison le 4 Août 2006 par le tribunal correctionnel de Bangui pour escroquerie, faux et corruption de fonctionnaires dans l’affaire « Zongo Oil ». Sani est également privé de tous ses droits civiques et condamné à verser 4 millions de FCFA de dommages et intérêts à l’Etat centrafricain.

Sani Yalo fera les yeux doux à la Seleka et Danzoumi rejoindra lui la Seleka. Mais en avril 2013, les chefs Seleka soupçonneux arrêtent les frères Yalo. Le parquet du Tribunal de grande instance de Bangui lance début août 2013, un mandat d’arrêt contre Danzoumi pour des faits de pillages sur les sites des entreprises Orange Centrafrique, CFAO Motors et du domicile de M. Marboua « à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA » le 24 mars, date de la prise du pouvoir par la Séléka. Suite à ce rejet, Sani Yalo combattra la Séléka médiatiquement à travers un éphémère parti politique le Front pour la Restauration de l’unité et de la démocratie en Centrafrique.

Il compte parmi les premiers soutiens de Faustin Archange Touadéra, dès que celui-ci s’est déclaré candidat à la présidentielle. Après son accession au pouvoir, le Président Touadéra nomme Sani Yalo Président du Conseil d’Administration du Bureau d’affrètement Routier Centrafricain (BARC) en Août 2016. Le BARC est une société d’économie mixte dont l’Etat est actionnaire minoritaire (33%), qui détient le monopole du trafic routier sous-régional et gère notamment la gare terminale routière de Bangui. Les fonds du BARC, véritable manne financière issue des flux routiers intérieurs et sous régionaux sont évidemment extrêmement importants pour le régime en place.

En Juin 2017, Sani Yalo mandate le sulfureux Joachim Kokaté pour enregistrer à son insu le président de l’URCA Anicet-Georges Dologuélé dans le but avoué de le piéger et de le pousser à déclarer qu’il accepterait de faire un coup d’Etat, sans que celui-ci ne tombe dans le panneau.

Sani Yalo impulse en coulisses la constitution d’une représentation de la diaspora centrafricaine en France à la légitimité discutée : la « Communauté centrafricaine de France » créée le 4 novembre 2017 à Paris, pour contrôler étroitement les membres de la diaspora en France. Pour cela, il mandate Marwan Guinon Aimard élu à la tête de la « Communauté centrafricaine de France » alors même qu’il a fait l’objet d’incarcération France par le passé. Marwan Guinon Aimard est alors chargé de surveiller certains éléments centrafricains potentiellement dangereux pour le pouvoir de Bangui.

Source : CNC

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