Affaire Abdoulaye Hissène : l’ambigüe relation entre Touadéra, la Minusca et les groupes armés mise à jour

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Après le passionnel feuilleton du procès des Antibalaka,  couronné par la comparution du général Andjilo, de son vrai nom Rodrigue Ngaïbona, devant la cour criminelle  dont les travaux  se poursuivent, les centrafricains, oreilles collées à leurs postes,  ont eu le souffle coupé vendredi dernier, lors de la déposition de l’un des lieutenants d’Abdoulaye Hissène, à savoir Tidjani. Ce jour – là, l’accusé a révélé sans ambages le rôle qu’a joué le président de la République, Faustin Archange Touadéra, dans la fuite d’Abdoulaye Hissène de Bangui, alors que celui venait d’échapper de manière spectaculaire des locaux de la SRI de la gendarmerie nationale.

Même s’il est difficile d’accorder de crédit aux propos d’un individu de l’espèce de Tidjani, malgré le serment sous lequel il a donné sa version des faits,  rien que le nom du président de la République, chef de l’Etat, cité dans cette affaire criminelle, pour les combattants de la liberté et les guerriers de la plume, est une couleuvre amère à avaler par le peuple centrafricain qui l’ a démocratiquement et massivement élu.

Au cas où les propos de Tidjani viendraient à s’avérer exacts, l’on imaginerait mal un président de la République, garant de l’intégrité morale et physique de toute une nation, se livrer de cette manière au jeu morbide des criminels de la pire espèce, des égorgeurs et des liquidateurs de la République, au détriment du peuple qui l’a élu.

En effet, selon le lieutenant d’Abdoulaye Hissène, après les avoir reçus au palais de la Renaissance, Faustin Archange Touadéra leur a donné le feu vert, avec un ordre de mission d’aller à l’intérieur du pays en vue de sensibiliser leurs éléments et d’autres combattants de la Séléka sur l’utilité du processus DDRR. Malheureusement, au niveau de PK 12, leur départ a tourné au drame, faisant des victimes. Abdoulaye Hissène et ses hommes seront alors pris en chasse par les forces de défense et de sécurité. Au niveau de Galafondo, à 155 km de la ville de Bangui et à 30 km de Sibut, il y aurait eu de violents combats entre eux, faisant des victimes parmi les pourchassés, et au cours desquels leurs véhicules auraient été mis hors d’état de nuire. Blessé, Tidjani et les autres seraient alors arrêtés et transférés quelques jours plus tard à Bangui.

Depuis ces fameux évènements, les commentateurs n’arrêtent pas de se poser des questions de savoir comment le seigneur de guerre Abdoualye Hissène, Aroun Gaye et Autres ont alors fait pour se retrouver à Sibut, à Kaga – Bandoro et in fine à Ndélé. A ces pertinentes interrogations, toujours lors de ce procès du vendredi dernier, l’accusé Tidjani a tenté d’apporter des réponses, on ne peut plus claires, précisant qu’ils ont été transportés par la Minusca de Galafondo à Sibut.

Voilà des informations qui apportent toute la lumière sur les questionnements des uns et des approximations ou suppositions des autres et brisent à jamais les murailles du doute sur la responsabilité de la Minusca dans la libération et l’évaporation d’Abdoulaye Hissène et de ses acolytes, à partir de Sibut, dans la nature.

Ceci étant dit, si l’on doit s’en tenir aux versions de l’un des bouchers du PK 5, en la personne de l’accusé Tidjani, il ne fait aucun doute que le seigneur de guerre Abdoulaye Hissène et ses lieutenants ont réussi à quitter la ville de Bangui, grâce à une complicité au plus haut sommet de l’Etat. Une fuite qui a occasionné des  pertes en vies humaines. Une fuite qui s’est rendue possible par la délivrance et la fourniture d’un ordre de mission à ces ennemis de la République qui étaient activement recherchés et qui devaient trouver un point de chute ou à qui on devait trouver un point de chute afin de leur permettre de continuer leurs menées subversives contre le peuple centrafricain, les institutions légalement établies et l’Etat centrafricain. Peut – être ne fallait – il pas les extirper de la ville de Bangui et les installer quelque part où ils pouvaient s’agiter tranquillement sans pour autant déranger le pouvoir de Bangui ?

 C’est dire que jusqu’ici les victimes de cette bande criminelle citée ci – haut, à l’exception de Tidjani qui est arrêté et jugé aujourd’hui, sont tout simplement des sacrifices faits aux dieux de la guerre. Car, la mise en œuvre de ce plan machiavélique, force est de le dire, exécuté par la Minusca, selon la révélation faite par le justiciable et dans la moindre mesure, ordonné par le président de la République, non seulement met en lumière une collusion parfaite et sans nuages entre Touadéra, la Minusca et les bandes armées, mais surtout constitue une offrande, à travers le sang des centrafricains versé  in dies singulos, aux forces démoniaques pour la consolidation de leurs pouvoirs.

Dans tous les cas, cette révélation prouve à suffisance et soutient la thèse selon laquelle les bandes armées qui occupent plus de 70% du territoire national, sont appuyées par certains casques bleus de la Minusca ou encore de certaines largesses et générosités du président de la République. Sinon, comment comprendre la délivrance d’un ordre de mission de la présidence de la République à des criminels de cette espèce ? Abdoulaye Hissène continuerait – il d’émarger sur le budget de l’Etat ? Dans la négative, pourquoi la présidence de la République n’avait – elle pas démenti cette information ? Comment expliquer non seulement le transport de ces criminels de Galafondo à Sibut, mais surtout la libération d’Abdoulaye Hissène, Aroune Gaye et d’autres et leur évaporation dans la nature ? Répondre à ces questions, c’est critiquer la proximité de Touadéra avec ces bandes armées et certains seigneurs de guerre. C’est dénoncer par la force des mots la collaboration claire et nette entre la présidence, la Minusca et les bandes armées.

Mais,  en attendant de voir clair dans la responsabilité de cette trilogie dans la conjuration qui se poursuit inexorablement et  dont est victime tout un peuple aujourd’hui, la tempête des malheurs continue de souffler et de sévir sur le  pays de B. Boganda dans nos villages, nos communes, nos sous – préfets et nos préfectures. Jusques à quand ?

Wozabanga

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