Affaire « 322 millions de Fcfa » : quand le député Abdoul Karim Méckassoua fait payer une dette privée par le Trésor Public

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C’est sans aucun doute l’un des plus grands scandales financiers que l’assemblée nationale ait connus, sous le régime de Touadéra et le gouvernement de son cher aîné Sarandji, et depuis l’accession de la République centrafricaine à l’indépendance, le 13 août 1960. Il y a aujourd’hui 58 ans.
 Grand, d’abord, par la position que le créancier occupe dans la préséance constitutionnelle et diplomatique de la République, celle non moindre de la deuxième personnalité. Grand, ensuite, par le montant de la facture engagée, ordonnancée et payée par la procédure du contrat de gré à gré, en flagrante violation des dispositions de la loi portant code des marchés publics et délégation de services publics en République centrafricaine. Grand, enfin, par son paiement par le Trésor Public, alors que cette créance était et demeure bel et bien une créance privée. Décryptage.
Comme il est de coutume à l’assemblée nationale, en fin de chaque législature, le bureau sortant est tenu de prendre toutes les dispositions pour préparer la nouvelle rentrée parlementaire et la prise de fonctions des nouveaux députés. Parmi les préoccupations du moment, pour la cérémonie officielle et la suite de toute la législature, figure en première place l’achat des kits dont le nouvel élu doit être bénéficiaire et dont le contenu est composé ainsi qu’il suit : Pins, insignes, écharpes, cocardes et cartables avec logo de l’assemblée nationale.
Pour ce faire et déférant à cette obligation traditionnelle, le conseil national de la transition manifeste le besoin d’acquérir ces Kits par un appel d’offres du 6 avril 2016 sous le n°043/CNT/PR/SG/16. C’est en moment que Mme Agnès Dekono née Dekandji, administratrice parlementaire, entre en scène. Intégrée depuis 2006, elle s’était battue pour le compte de ses partenaires parmi lesquels « La Maison Athus » en France et par l’entremise de l’entreprise dénommée « Etablissement des Nobles » pour s’offrir l’exclusivité de ce marché.
Le 2 mai 2016, les Kits commandés depuis lors à sa demande et celle de ses partenaires, et disponibles pour la livraison arrivent à Bangui. Le député Abdoul Karim Méckassoua qui veut briguer le poste de la présidence de l’assemblée nationale, au nom et pour le compte de son mouvement dénommé « Chemin de l’Espérance », en fin stratège et opportuniste politique, en fait son affaire personnelle, s’en saisit et lâche ses hommes de main aux trousses de Mme Agnès Dekono née Dekandji dans le but tout naturellement de faire mains basses  sur le colis et d’en jouir pour le besoin hautement politique de la cause.
Après quelques moments de refus, de doute et d’hésitation, la commerçante qui veut se libérer de sa marchandise et qui est tenue d’honorer ses engagements pris vis – à – vis de ses fournisseurs, finit par mordre à l’appât et cède. Les Kits sont alors livrés au député Abdoul Karim Méckassoua, au siège du Chemin de l’Espérance, par bordereau de livraison n°08/02/05/16, accompagnés de la facture dont le montant s’élevait à 322.250.000 Fcfa. Leur décharge a été soigneusement faite, sans aucune quelconque contestation verbale ou écrite du montant de ladite facture et de la qualité des produits, par les députés Zingas, son directeur de campagne, qu’assistaient Bondjo, Issa Marc et Yago Ghislain de l’UNDP, et un autre dont nous taisons délibérément le nom.
Ces Kits, auxquels s’ajoutera la promesse fallacieuse de dotation de chaque député d’un véhicule 4 x 4, serviront plus tard d’argument ensorcelant et mirobolant de campagne du candidat Abdoul Karim Méckassoua à l’élection pour le poste de la présidence de l’assemblée nationale. Ils seront portés, lors de la cérémonie officielle et la suite de toute la législature jusqu’à ce jour par la plupart des députés dont certains venus des provinces ont occupé pour le compte du Chemin de l’Espérance pendant des mois des chambres dans le motel de Mme Agnès Dékono née Dékandji, sis au PK 10. La facture de ces frais d’hébergement dont le montant s’élève à plus de 5 millions de Fcfa demeure impayée dans les livres – journaux du motel, quoique l’on ne cesse d’entendre dire par – ci et par – là, que les fonds y relatifs ont été remis en mains propres à M. Zingas.
Alors si le député Méckassoua a pris sur lui l’entière responsabilité de faire sortir de sa poche personnelle la coquette somme de 5 millions de Fcfa – même si l’argent a été détourné par M. Zingas et n’est jamais parvenu à destination – pour payer les frais d’hébergement de certains députés contre l’obtention de leurs voix plus tard, lors de l’élection pour le poste de la présidence de l’assemblée nationale, pourquoi ne devrait – il pas en faire de même pour le règlement de ces kits, à lui livrés directement à sa demande, au siège de son mouvement et dont la décharge a été faite en privé ?
 Affaire à suivre….. !
Jean – Paul Naïba

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