Affaire « 322 millions de Fcfa » : M. le président de l’assemblée nationale, quelle faute avez – vous reprochée à Mme Agnès Dékono ?

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L’affaire du  vrai faux détournement de la rondelette somme de 322 millions de Fcfa, tantôt par le 1er vice –président de l’assemblée nationale, Jean – Symphorien Mapenzi, tantôt par Mme Agnès Dékono née Dékandji, en sa qualité d’administratrice – gérante de l’entreprise dénommée « Etablissement des Nobles » ou de chargée de mission genre, qui continue de défrayer les chroniques et qui ternit tous les jours l’image de l’assemblée nationale, la deuxième institution de la République, conformément aux dispositions de la constitution du 30 mars 2016, est encore très  loin de livrer tous ses secrets.

C’est ainsi qu’après avoir tenté de révéler au grand jour le caractère privé de cette créance contractée, d’abord, par le député Abdoul Karim Méckassoua, astucieusement maquillée, ensuite, en créance publique pour être payée, enfin,  par le Trésor Public sur les fonds du contribuable centrafricain, dans notre dernière parution intitulée « Affaire 322 millions de Fcfa : quand le député Abdoul Karim Méckassaoua fait payer une dette privée par le Trésor Public », le journal « La Voix des Sans – Voix » est aujourd’hui en mesure de s’interroger sur les raisons du limogeage de Mme Agnès Dékono de ses fonctions de chargée de mission Genre.

En effet, comme il nous a été révélé, au lendemain de la conférence de presse organisée par le président de l’assemblée nationale, des mesures conservatoires ont été prises afin de permettre à la commission spéciale de comptabilité et de contrôle placée sous la responsabilité du député Koba, de mener ses investigations en toute indépendance et toute responsabilité.  La première mesure est relative à la décision n°001/AN/P/SG.18 du 30 juillet 2018 portant suspension à titre conservatoire de M. Max Olivier Tékpa, fonctionnaire parlementaire et ci – devant chef de service de la comptabilité. La deuxième concerne l’arrêté n°017/AN/P/SG.18 du 30 juillet 2018 rapportant partiellement les dispositions de l’arrêté n°004/1VP/DIRCAB. 18 du 18 janvier 2018 portant nomination ou confirmation des personnalités au cabinet du président de l’assemblée nationale. Selon les termes de cet arrêté, Mme Agnès Dékono, administratrice parlementaire et assumant les fonctions de chargée de mission genre, n’est pas suspendue comme M. Tékpa, mais tout simplement relevée sans aucune forme de procédure desdites fonctions. Elle sera remplacée par un autre arrêté signé le même jour par Mme Sarah Nimaga née Maboula.

L’examen minutieux des faits relatés dans cette affaire depuis le début et de ceux  brièvement actualisés ci – dessus  ayant conduit non pas à la suspension mais au limogeage de Mme Agnès Dékono née Dékandji de ses charges de fonctionnaire parlementaire soulève indubitablement de sérieuses questions de procédure et cache mal  soit une volonté de nuire, sur un fond de règlement de comptes, soit une carence notoire en experts chevronnés et complètement achevés  dans le domaine non moins trop important de la gestion des ressources.

En effet, comme il a été suivi dans la procédure déclenchée à l’encontre de M. Tekpa, Mme Agnès Dékono devrait tout naturellement comme son collègue être suspendue à titre conservatoire et traduite devant la commission administrative paritaire, si cet organe existe bel et bien  dans les textes statutaires de  l’assemblée nationale et fonctionne en temps réel.

A ce niveau, la direction des ressources humaines, munie de la réponse au questionnaire à lui adressé en date du 26 juillet 2018, est tenu d’établir et de dresser un rapport circonstancié des faits qui lui sont reprochés dans l’exercice de ses fonctions et traduire l’intéressée devant le conseil de discipline, une sous – commission de la commission administrative paritaire.

Seul cet organe  est habilité à proposer et soumettre une décision de sanction, conformément aux dispositions de la convention collective ou des statuts régissant les droits et obligations des fonctionnaires parlementaires, à la signature du président de l’assemblée nationale, pour appréciation. Malheureusement, cette procédure n’a pas été scrupuleusement observée, par ignorance ou par mauvaise foi, par les structures techniques et juridiques entourant le président de l’assemblée nationale.

Du coup, non seulement la mesure relative à son limogeage est entachée d’irrégularité pour vice de procédure et court le risque d’être frappé de nullité par le tribunal administratif et d’une condamnation de l’assemblée nationale avec dommages- intérêts, mais surtout pose dans toute sa nudité la problématique de la compétence intrinsèque  des tous ces baroudeurs politiques et de  ces hors – statuts qui  fourmillent dans le cabinet du président de l’assemblée nationale et qui en réalité n’ont aucune maîtrise réelle de la technicité. Quelle honte pour la deuxième institution de la République ?

M.  le président, en toute honnêteté et en âme et conscience, quelle faute avez – vous reprochée à Mme Dékono ? L’avez – vous relevée de ses fonctions pour une faute lourde commise dans l’exercice de ses fonctions de chargée de mission genre ? Laquelle ? Cette faute est – elle préalablement définie et prévue dans les textes statutaires de l’assemblée nationale ? Si oui pourquoi n’a – t – elle pas été régulièrement notifiée à qui de droit ? L’avez – vous limogée tout simplement, en sa qualité de fournisseur qui a déchargé le reliquat de la facture de 122 millions de Fcfa ? Et en l’espèce, aviez – vous le droit de la sanctionner et au nom de quel code de travail ?

Affaire à suivre….

Jean – Paul Naïba

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