ACCORD ENTRE CIVILS ET MILITAIRES : Le Soudan n’est pas sorti de l’auberge

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ACCORD ENTRE CIVILS ET MILITAIRES : Le Soudan n’est pas sorti de l’auberge

ACCORD ENTRE CIVILS ET MILITAIRES : Le Soudan n’est pas sorti de l’auberge

C’est incontestablement un pas vers une sortie de crise au Soudan. En effet, les civils et les militaires qui s’écharpent depuis plus d’un an pour le pouvoir, sont enfin parvenus à un accord. Ils l’ont signé au cours d’une cérémonie qui a eu lieu le 5 décembre dernier à Khartoum au Soudan. Cet accord qui intervient après plusieurs tentatives de médiation afin de sortir le pays de l’impasse, prévoit non seulement la mise en place d’une autorité civile, mais aussi le départ de l’armée de la scène politique. Mais il ne s’agit que de la première phase de l’accord puisqu’il est prévu une seconde qui traitera, dans les semaines à venir, des questions telles que la justice transitionnelle et les réformes de l’armée. En attendant cette partie qui s’annonce plus complexe d’autant qu’il n’est pas évident que l’armée accepte de renoncer à ses intérêts économiques, on peut déjà se féliciter que les protagonistes de la crise soudanaise aient accepté de privilégier le dialogue. C’est tout à leur honneur même si l’on reconnaît que certains acteurs, et pas des moindres, ont boycotté ces pourparlers de paix qui ont abouti à la signature de cet accord-cadre. Cela dit, il revient à la communauté internationale, les Etats-Unis en tête, de maintenir la pression sur les uns et les autres afin que le Soudan sorte de l’imbroglio socio-politique dans lequel il se trouve depuis plus d’an.

 

Le problème du Soudan, c’est son armée

 

Cela est d’autant plus nécessaire que les militants pro-démocratie qui rejettent  « toute négociation ou tout partenariat avec l’armée », depuis le coup de force du 25 octobre 2021, appellent ouvertement à des manifestations de masse contre l’accord qui vient d’être signé. Ils sont soutenus par les principaux ex-dirigeants rebelles qui critiquent vivement les termes de l’accord qui, selon eux, entrainerait « des conséquences désastreuses et compliquerait davantage la vie politique » au Soudan. C’est dire si le Soudan est loin voire très loin d’être sorti de l’auberge. L’accord signé le 5 décembre dernier et salué par bien des partenaires du Soudan comme les Etats-Unis, la Norvège, le Royaume-Uni, les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite,… porte en lui-même les germes de la division. Car, plus tôt que de rapprocher les Soudanais, il risque de les éloigner les uns et des autres avec le risque de voir certains acteurs qui s’estiment marginalisés, reprendre les armes. Comme quoi, le tout n’est pas de signer un accord. Il faut faire en sorte que tous les protagonistes s’y reconnaissent. Dans le cas d’espèce, c’est un pari qui est loin d’être gagné. En fait, le problème du Soudan, il faut avoir le courage de le dire, c’est son armée. C’est elle qui a fait main basse sur les leviers de l’économie si fait qu’elle ne s’imagine pas hors du cercle du pouvoir. Du reste,  n’est-ce pas sa volonté de confisquer le pouvoir qui a plongé le pays dans le chaos dans lequel il se trouve ?

 B.O

Le Pays

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