MACRON AU « ONE FOREST SUMMIT » DE LIBREVILLE : C’est Ali Bongo qui se frotte les mains  

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MACRON AU « ONE FOREST SUMMIT » DE LIBREVILLE : C’est Ali Bongo qui se frotte les mains

 

Libreville, la capitale gabonaise, abrite, les 1er et 2 mars 2023, le « One Forest Summit ». Une initiative qui s’inscrit dans le prolongement du sommet de Charm el-Cheick sur le climat, tenu du 6 au 18 novembre 2022, en Egypte, et qui vise à mobiliser l’intérêt des décideurs sur la question des forêts, notamment la préservation et la gestion durable des forêts tropicales. Quand on sait que la forêt d’Afrique centrale constitue, avec l’Amazonie en Amérique latine, les deux poumons verts de la planète, le choix du Gabon dont 90% du territoire est occupé par cette forêt, pour abriter un tel sommet, ne peut pas mieux se justifier. C’est dire si ce sommet de Libreville qui réunira des personnalités diverses de haut rang, est bien parti pour faire date en matière d’initiatives en faveur de la protection de l’environnement.

 

Les sommets se suivent et semblent se ressembler

 

Et l’initiative est d’autant plus louable qu’elle traduit aussi une prise de conscience sur les dangers que court la planète en raison du dérèglement climatique parfois lié à l’action de l’Homme. Seulement, les sommets se suivent et semblent se ressembler ; tant les recommandations pertinentes et autres grandes promesses qui en sortent, ont souvent bien du mal à se traduire en actes concrets sur le terrain. Pour en revenir à la rencontre de la capitale gabonaise, une dizaine de chefs d’Etat sont attendus à ce sommet qui connaîtra aussi la présence de dirigeants d’organisations internationales, de représentants d’institutions financières, de centres de recherche, d’ONG internationales sans oublier le secteur privé. Au nombre des illustres hôtes du maître de Libreville, les présidents congolais, Denis Sassou Nguesso, équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, centrafricain, Faustin-Archange Touadera, de la transition tchadienne, Mahamat Idriss Déby, de Sao-Tome et Principe, Carlos Villa Nova, ainsi que le président français, Emmanuel Macron.  Par ces temps qui courent, où les questions sécuritaires sur fond de récession économique mondiale en lien avec la guerre en Ukraine, mobilisent bien des énergies à travers le monde, réussir à réunir autant de sommités autour d’une question aussi cruciale que celle de l’environnement, est une victoire dont la diplomatie gabonaise ne boudera certainement pas le plaisir. Qui plus est, avec la présence remarquée du jeune locataire de l’Elysée qui, pour autant qu’il en brûle secrètement d’envie, ne serait pas loin de trouver dans ce sommet sur la nature, un prétexte pour rendre visite si ce n’est pour apporter son soutien tacite à un « ami » de la France en cette année électorale au Gabon. Ce d’autant que la France est souvent critiquée en Afrique pour son soutien supposé ou réel, ou à tout le moins, sa propension à s’afficher avec des dictateurs et autres fossoyeurs de la démocratie au rang desquels d’aucuns ont vite fait de classer le chef de l’Etat gabonais.

 

C’est un sommet dont le chef de l’Etat gabonais ne manquera pas de tirer les dividendes le moment venu

 

Comment peut-il en être autrement quand après quatorze ans de règne, en complément aux quarante-deux de son défunt père à qui il a succédé dans les conditions que l’on sait à la tête de l’Etat gabonais, le valétudinaire locataire du Palais du bord de mer, ne montre aucune volonté de passer la main malgré le poids de la maladie qui continue de peser sur lui?    Dans tous les cas, à moins d’être dupe, on ne peut pas croire qu’au cours de son séjour gabonais qui marque le début d’une tournée en Afrique centrale, Emmanuel Macron n’inscrira ce voyage que dans le seul cadre de ce sommet sur l’environnement, sans trouver du temps pour un tête-à-tête avec son hôte de deux jours. Ni évoquer avec lui d’autres sujets entrant dans le cadre de la coopération bilatérale. Quoi qu’il en soit, c’est un sommet dont le chef de l’Etat gabonais ne manquera pas de tirer les dividendes le moment venu, pour la consolidation d’un régime bantou qui apparait aujourd’hui, à bien des égards, comme la perpétuation d’une dynastie, dans un pays qui se veut pourtant démocratique. C’est donc en toute logique, Ali Bongo qui se frotte les mains. Lui qui a annoncé sa candidature à sa propre succession pour un troisième mandat, à la faveur de la célébration, en mars 2022, du 54ème anniversaire de son parti, le Parti démocratique gabonais (PDG), et qui a déjà annoncé la couleur en clamant haut et fort que « la seule issue sera la victoire ». Tout le monde est prévenu.

 

« Le Pays »  

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