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PRESIDENTIELLE ET EXIGENCES DU FRONT DE L’OPPOSITION IVOIRIENNE

PRESIDENTIELLE ET EXIGENCES DU FRONT DE L’OPPOSITION IVOIRIENNE

Bédié et compagnie ne rêvent-ils pas debout ?

L’Opposition ivoirienne a tenu, samedi 11 octobre dernier, au stade Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, un premier meeting. Ses organisateurs l’ont qualifié de giga meeting. Et le moins que l’on puisse dire est que ce qualificatif n’a pas été usurpé puisque l’événement a attiré quelque 30 000 personnes. L’autre fait que l’on peut signaler est que le meeting s’est tenu dans un climat délétère, marqué  par des actes d’hostilité à l’endroit de ceux qui convergeaient vers le lieu de la manif. L’on a, à titre d’exemple, évoqué des cas de caillassage  de bus transportant des partisans de l’opposition. Info on intox ? La question reste posée. En tout cas, la tension était palpable. Et l’on avait même craint un affrontement entre l’opposition et les partisans du président Alassane Dramane Ouattara. En effet, un contre-meeting du parti au pouvoir devait se tenir le même jour à Abidjan. Fort heureusement, le contre-meeting a été finalement annulé.  Cela dit, tous ceux qui ont pris la parole le samedi dernier, dans la mythique cuvette du Félicia, étaient tous remontés contre la candidature de l’Enfant de Kong à la présidentielle du 31 octobre.

 

La seule chose qui vaille au sein de l’opposition, c’est de bouter ADO hors  de la course à la présidentielle

 

 L’orateur qui s’est le plus illustré dans ce sens, est le sphinx de Daoukro, Henri Konan Bédié. Pour ce dernier, en effet, la candidature du président Ouattara à un 3e mandat est un acte de « haute trahison » et un « viol de la Constitution ». Dans la foulée, le Conseil constitutionnel en a eu pour son grade puisqu’il a été accusé de « parjure » pour avoir validé la candidature de celui dont la seule évocation du nom suffit pour que les opposants tirent les couteaux de leur fourreau. Vous l’aurez compris, il s’agit d’Alassane Ouattara. Cette diatribe anti-Ouattara est connue. Et elle est revenue comme un leitmotiv pendant tout le meeting au point que l’on peut prendre le risque de dire que cela tient lieu désormais de programme politique de l’opposition ivoirienne. Et tous ceux qui étaient venus au Félicia, du nom du stade qui a abrité le giga meeting, pour comprendre à quoi rime le concept de désobéissance civile prônée par l’opposition pour contrer la candidature d’ADO, doivent encore prendre leur mal en patience. En tout cas, ils sont  repartis du meeting, sans être situés sur ce qu’ils doivent faire concrètement sur le terrain pour être en phase avec ce fameux mot d’ordre. C’est la preuve, s’il en était encore besoin,  que la seule chose qui vaille au sein de l’opposition, c’est de bouter ADO hors  de la course à la présidentielle, voire hors des frontières de la Côte d’Ivoire. Et le deuxième scénario ne déplairait pas du tout à Henri Konan Bédié, lui qui semble avoir des comptes personnels à régler avec l’Enfant de Kong. Et c’est là justement où gît l’une des ambiguïtés de la politique ivoirienne et qui fait dire à certains observateurs que l’opposition entre les deux hommes ne repose sur aucun fondement politique. Et de manière générale en Eburnie, la politique a toujours fonctionné de cette manière depuis la disparition du père de la Nation, Félix Houphouët Boigny.

 

On peut se demander si les exigences formulées par l’opposition ivoirienne ne relèvent pas du rêve éveillé

 

 Juste après la mort de ce dernier, Gbagbo s’était rapproché de Ouattara pour combattre Bédié. Puis l’on a assisté à une alliance Ouattara/Bédié contre Gbagbo. Aujourd’hui, c’est Bédié qui convole  en justes noces avec Gbagbo pour casser du Ouattara. Et demain, l’on assistera probablement à d’autres alliances déroutantes, puisque c’est la marque de fabrique de la politique ivoirienne. Et franchement, les Ivoiriens commencent à s’en lasser. C’est pourquoi aujourd’hui, bien des Ivoiriens ne sont plus prêts à se laisser abuser par les politiciens. Et c’est tant mieux pour la Côte d’Ivoire. Car, un pays sérieux ne peut pas se laisser prendre en otage par une poignée d’hommes politiques, aussi messianiques soient-ils. Et quand on entend Henri Konan Bédié en appeler à l’ONU, pour que celle-ci se saisisse « du dossier ivoirien pour la mise en place d’un organe électoral véritablement indépendant et crédible avant l’élection présidentielle prévue le 31 octobre », on peut légitimement se demander si cette exigence est réaliste. Une autre exigence tout aussi irréaliste entendue au meeting de samedi dernier, est celle liée à la mise en place d’une transition. Non seulement le temps ne permet plus de le faire, mais aussi l’on voit difficilement ADO accéder à ces requêtes. Car, il court le risque de se faire harakiri. Et puis, il ne faut pas que l’opposition continue de croire que c’est la communauté internationale qui a la solution au problème ivoirien. La France,  en tout cas, n’est pas disposée à remonter les bretelles à l’Enfant de Kong. Et l’on peut être sûr que ce que la France veut, la communauté internationale le veut, en tout cas en ce qui concerne en général ses anciennes colonies d’Afrique, la Côte d’Ivoire en particulier. L’un dans l’autre, on peut se demander si les exigences formulées par l’opposition ivoirienne à l’occasion de son premier meeting, ne relèvent pas du rêve éveillé. Et pendant qu’elle est en train de s’échiner  à exiger le retrait de Ouattara de la course à la présidentielle, ce dernier est déjà en campagne. Ce samedi, par exemple, il était en tournée dans le Nord-Ouest, son fief, où il a procédé à des inaugurations d’infrastructures socio-économiques.  Pour les populations, c’est du concret. Et il sera sans doute très difficile pour l’opposition de les convaincre que le problème de la Côte d’Ivoire, c’est ADO.

 

« Le Pays »

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