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3ème mandat: Comment Mahamadou Issoufou a bouclé Ouattara et Condé à l’ONU…

Sous les regards admirateurs des dirigeants du monde entier, le chef de l’état du Niger, Mahamadou Issoufou, prenant la parole à l’occasion de la 75ème Assemblée générale de l’ONU, ce Jeudi 24 Septembre 2020, annonçait tenir son dernier discours en tant que président de la république, après deux mandats passés à la tête de son pays. ‘’C’est la dernière fois que je m’adresse à vous en tant que chef d’état. Je ne serai pas candidat aux prochaines élections présidentielles pour un 3ème mandat’’, a-t-il affirmé.

Venant de la part d’un dirigeant de la sous-région Ouest-Africaine, actuellement en proie au tumulte des 3èmes mandats, cette déclaration de Mahamadou Issoufou a fait effet. Devant la communauté internationale, le président sortant du Niger, a clairement voulu marquer la rupture. Grandi, apprécié par ses pairs et adoubé par les dirigeants Occidentaux, Mahamadou Issoufou aura ainsi sonné le glas des modifications constitutionnels, débouchant sur des prolongements conflictuels de mandats, comme l’on le constate aujourd’hui en Côte d’Ivoire et en Guinée-Conakry.

Infailliblement, le paradigme que vient de sceller le successeur de Mamadou Tandja, devrait renforcer l’isolement de ses homologues Ivoirien et Guinéen, mis sur le banc des accusés de la communauté internationale.

Ni les chefs d’états Ouest-Africains, ni l’Union Européenne, ni les USA, ni les Nations Unies, ne semblent prêts à soutenir ces deux dirigeants dans leur volonté de briguer des troisièmes mandats, dont les conséquences risquent d’être corrosives pour l’équilibre démocratique encore fragile de l’Afrique. En prenant la communauté internationale à témoin sur son engagement irréversible de ne point céder à la tentation d’un 3ème mandat, Mahamadou Issoufou, a sans doute posé les balises au niveau international, quant aux angles d’appréciation que pourraient se faire les différents partenaires de la Côte d’Ivoire et de la Guinée-Conakry, de ces candidatures controversées.

Si aucune institution internationale, ni aucun pays ne s’est encore formellement prononcé sur la question du 3ème mandat d’Alassane Ouattara, concernant spécifiquement la Côte d’Ivoire, toutes les réactions générées depuis le 18 Août dernier, à commencer par celle du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui le premier était monté au créneau pour réclamer le respect des libertés démocratiques et l’organisation d’élections inclusives et transparentes, ont constamment abondé dans le sens des revendications de l’opposition politique. Ni les USA, ni l’Union Européenne, ni les chefs d’états de la sous-région, n’ont dérogé à ces exigences.

En Afrique de l’Ouest, bien que la réaction officielle de la CEDEAO se fasse toujours attendre, des dirigeants comme ceux du Nigéria et de la Guinée-Bissau, ont ouvertement critiqué leurs homologues Ivoirien et Nigérien pour leur volonté de prolonger leurs baux à la tête de leurs pays respectifs, contrairement aux recommandations des ministres des affaires étrangères de l’organisation, qui en 2015, à Accra, au Ghana, soumettaient une proposition de limitation des mandats présidentiels.

Et les récents jugements de la CADHP que le régime d’Alassane Ouattara, s’efforce d’ignorer, contribueront inéluctablement à braquer la communauté internationale dans le dossier Ivoirien, sans occulter le fait qu’en Guinée voisine, des décisions similaires pourraient également être prises.

Raoul Mobio

Source : www.netafrique.net

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