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J- 4 MOIS : VERS UN REPORT DES ÉLECTIONS EN CENTRAFRIQUE ?

Ces derniers temps, les actions de Faustin-Archange Touadéra et de son Mouvement Cœurs Unis (MCU) sont celles d’un homme qui semble dos au mur. Rejet de la demande d’ouverture d’une concertation nationale, accords conclus à la va-vite le 27 juin avec de petites formations sans ancrage au niveau national, issues de l’opposition, pour reconquérir un électorat, audience avec Michel Djotodia pour contrecarrer l’avancée de Bozizé et pressions de l’opposition et de la société civile, pour un « sage report » des élections. Explications.

Djotodia

http://www.54etats.com/rca-une-alliance-politique-en-cours-entre-michel-am-nondokro-djotodia-et-faustin-archange-touadera

L’agenda dicté de Michel Djotodia

Depuis son retour et sa première audience avec le président sortant Faustin-Archange Touadéra, l’agenda de l’ancien président de la transition, Michel Djotodia comporte de nombreux déplacements qui seront très certainement pris en charge par l’Etat centrafricain. Cela confirmerait l’opinion de la presse centrafricaine qui croit savoir que Michel Djotodia est rentré au pays à l’invitation de la présidence et pour soutenir la candidature du chef de l’État, auquel il apporterait les voix du nord-est. Michel Djotodia compte d’ailleurs se rendre dans le nord, pour y rencontrer les groupes rebelles, et comprendre pourquoi les violences continuent, malgré un cessez-le-feu signé l’année dernière. Cela interroge…

DjotodiaAgenda Djotodia

 

L’opposition toujours en attente d’une concertation nationale 

Oui, une petite rencontre s’est déroulée hier, mercredi 9 septembre, au Palais de la Renaissance, entre le président Faustin-Archange Touadéra et les membres de la Coalition de l’opposition, (sans Anicet-Georges Dologuélé, actuellement en déplacement). Ils lui ont demandé de prendre acte de l’impossibilité d’organiser les élections dans les délais et de débuter « une concertation » en vue d’arriver à « un glissement électoral consensuel ».  Il ne s’agit donc pas de la concertation nationale tant attendue. La question devrait encore être abordée ce jeudi 10 septembre, lors d’une rencontre entre FAT et ses trois prédécesseurs présents dans le pays, à savoir, Bozizé, Catherine Samba Panza et Michel Djotodia.

C C C c

Pour rappel, Anicet-Georges Dologuélé protestait le 4 août dernier, au micro de Charlotte Cosset, notre consoeur de RFI :

« Ce ne sont pas des revendications. C’est juste inviter le président à rassembler un échantillon de Centrafricains pour discuter de ce processus électoral qui va dans tous les sens, pour discuter de cet accord de paix qui n’est pas du tout respecté. Nous avançons vers les élections et de plus en plus les groupes armés occupent le terrain, deviennent de plus en plus violents. […] Si le président ne se manifestait pas d’ici trois jours, dès lors que nous avons déjà attendu près d’un mois et que nous voyons que ces élections risquent de connaître un retard compte tenu de la catastrophe dans leur organisation, nous serons obligé de manifester notre mécontentement à travers des actions de désobéissance civique. »

Il sied de rappeler l’avis du 5 juin 2020, relatif à la révision de certaines dispositions de la Constitution du 30 mars. La Cour constitutionnelle y avait préconisé l’ouverture d’une concertation nationale. C’est aussi la volonté de la plateforme d’opposition COD20-20 présidée par le candidat Anicet-Georges Dologuélé et président du parti URCA, et celle des organisations de la société civile et de diverses personnalités, notamment épiscopales.

Dologuélé

Fort de cette situation, c’est avec la posture d’un homme dos au mur qu’agit le candidat Faustin-Archange Touadéra. Des signes d’affaiblissement qui viennent compléter l’initiative « Be-Oko » (qui signifie « un seul coeur » en sango, la langue nationale), prise le 27 juin dernier à l’Hotel Ledger Plazza, où Simplice Mathieu Sarandji, ancien Premier ministre, actuel Ministre d’Etat, Conseiller spécial du président et Secrétaire Exécutif National du Mouvement Coeurs Unis (MCU) présentait les nouveaux Partis et autres associations politiques (PAP) qui ralliaient la plateforme « Be-Oko » à coups de signature d’accord politique.

Sur un plan purement juridique…

Est-ce que toutes les conditions sont réunies pour que l’élection présidentielle puisse se tenir le 27 décembre prochain ? Pour la Cour constitutionnelle, la réponse est sans appel.

Selon l’Art.33 du code électoral, le décret portant convocation du corps électoral devra être signé au plus tard le 27 septembre 2020, à minuit. L’ANE doit impérativement avoir publié la liste unique des électeurs avant le 27 septembre, date de leur convocation, pour que les scrutins prévus trois mois plus tard jour pour jour, puissent avoir lieu. Ce qui déjoue totalement les plans de cet organe, puisqu’il a pris du retard dans ses opérations d’enrôlement des électeurs et avait programmé de les poursuivre, au-delà de cette date butoir.

Si l’ANE fait la sourde oreille et rassure en affirmant que l’établissement de la liste électorale se fera dans les temps. L’opposition et la société civile affirment que l’Autorité nationale des élections est confrontée à de nombreux problèmes et ne pourra pas organiser la présidentielle et les législatives prévues le 27 décembre prochain.

La Cour constitutionnelle a donc décidé d’auditionner l’ANE et son verdict, nous le rappelons, est sans appel.

Décision à suivre.

GAËTAN KONGO
Spécialiste des questions politiques en RCA
Source : http://www.54etats.com/

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