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Centrafrique : l’élimination physique des adversaires politiques, le dialogue du Gangster de Bangui « made in Russia » ?

Les dernières actualités en Centrafrique révèlent un constat très inquiétant qui risque de prendre une ampleur considérable si nous n’y prenons pas garde dès maintenant.

Des folles et persistantes rumeurs, en effet, de recrutement par le pouvoir de Bangui des mercenaires du Groupe Wagner et tout dernièrement des snipers en provenance de la ville de Timisoara en Roumanie à des disparitions tragiques et suspicieuses d’un ministre de la République et de son chauffeur, trois jours plus tard, en passant par des permanentes menaces, d’incessants appels à la haine et à la violence relayées sur les médias publics, et une manifestation organisée par des milices au service du Gangster de Bangui pour demander la levée de l’immunité parlementaire du député Anicet Georges Dologuélé pour des crimes dont elles seules ont défini les qualifications, amènent tout naturellement à s’interroger sur la tournée qu’a prise la lutte politique dans notre pays. L’élimination physique de tout adversaire d’opinion, pendant cette période pré-électorale dont le processus se trouve actuellement dans l’impasse du fait de l’insécurité généralisée qui sévit sur plus de 85% du territoire national, occupé par des groupes armés et des hordes de mercenaires sans foi ni loi venus d’ailleurs, d’une part, et des dysfonctionnements de l’ANE caractérisés particulièrement par l’échec total des dernières opérations d’inscription sur les listes électorales, d’autre part, n’est – elle pas devenue le seul mode du dialogue opté par Touadéra et sa troupe immonde de prédateurs, de criminels et de jouisseurs patentés ?

Le dimanche 23 août 2020, le grand public a été informé de la disparition tragique du ministre de l’enseignement technique et professionnel   Souleymane Daouda, survenue à l’hôpital communautaire de Bangui suite à un malaise. Trois jours plus tard, c’était le tour du chauffeur qui l’avait conduit au service des urgences de rendre son âme. Si le plus vieux média du monde connu de tous sous l’appellation de rumeur, « bruit vague, bruit qui court, nouvelle sans certitude garantie », s’est précipité pour affirmer qu’il a été empoisonné, lors d’une virée à La Ouangolaise, où il a été vu la veille en compagnie de quatre personne, à la peau blanche, le tenancier du restaurant, quant à lui, n’a pas hésité un seul instant à accuser sans fioritures, dans un point de presse, un conseiller à la primature, et au – delà son chef hiérarchique direct Firmin Ngrébada, qui a repris un post publié par un fonctionnaire du ministère de la communication et des médias, sur sa page Facebook. Pour conclure, il a décidé d’objecter ces graves accusations par une plainte par voie de citation directe contre leurs auteurs.

Sur cette affaire, alors que l’opinion attendait la réaction du gouvernement, aucun communiqué officiel n’a été publié pour l’informer des circonstances exactes de ces décès et des dispositions prises pour des poursuites engagées par le ministère public afin de rassurer leurs familles respectives et le peuple centrafricain, de rechercher, identifier et traduire les auteurs en justice. Ce silence a été immédiatement interprété par l’UPC du ministre – conseiller à la primature Ali Darass comme un refus tacite du gouvernement de faire toute la lumière sur ces mystérieuses disparitions. Dans un communiqué rendu public, il y a quelques jours, le partenaire du Gangster de Bangui qui soupçonne son Ami d’avoir empoisonné et assassiné ses représentants, a purement et simplement demandé une autopsie et la mise en place d’une commission d’enquête nationale et internationale y relative.

Au moment où nous traçons ces lignes, nous ignorons totalement si des enquêtes sont effectivement diligentées pour la manifestation de la vérité. Dans tous les cas, Touadéra et ses ouailles tardent à situer l’opinion sur les circonstances, les commanditaires et exécutants de ce qui a tout l’air de meurtre. Et face au néant, la nature ayant horreur du vide, les spéculations se font de plus belle. Alors que certaines mauvaises,  suite à des deals avec les mercenaires du Groupe Wagner qui exploitent les mines d’or et de diamants sous leurs contrôles et font des trafics de bétails, parlent de conflits de bas intérêts ou de gains inéquitablement répartis, d’une lutte de positionnement et de règlement des comptes à l’interne, d’autres sources proches des groupes armés et de la famille des disparus, par contre,  indexent sans détours le mathématicien de Boy – Rabé. Celles – ci affirment et soutiennent que ces deux cas participent bel et bien d’un plan de liquidation par empoisonnement de tous les représentants des groupes armés nommés à des hautes fonctions, au lendemain de l’Accord de Capitulation de Khartoum. Là aussi, telle une carpe, la présidence de la République et la primature sont restées étrangement silencieuses sur toutes ces graves allégations qui touchent à des vies humaines.

Et comme l’eau dans une marmite sur le feu qui en bouillonnant fait danser le couvercle, cette affaire d’empoisonnement vient de connaitre de nouveaux rebondissements. Par une révélation faite, le 4 septembre 2020, par le président du MDRC Joseph Bendounga sur les antennes de la RNL, suite à une lettre qu’il a adressée personnellement au président de la République. L’homme n’est pas passé avec le dos de la cuillère pour accuser directement Eddy Ali Gonessa, ministre – délégué et conseiller en diplomatie du président Touadéra d’avoir voulu le corrompre et d’attenter gravement à sa vie par empoisonnement. En compagnie d’une russe, son hôte qui s’est étonné qu’il soit venu, assisté d’un membre de son parti, lui a demandé d’appeler les partis politiques membres de l’opposition démocratique et la société civile  à cesser d’exiger la tenue d’une concertation et lui a remis des chocolats et des bouteilles de Vodka, induits de produits chimiques, précieux signes d’hospitalité selon les us et coutumes du pays de Staline. Contacté à son tour, le ministre – délégué n’a pas nié les faits et mais a qualifié les sérieuses accusations d’empoisonnement d’allégations mensongères.  Aussi surprenant et énigmatique que cela puisse paraître, tout comme nous l’avons évoqué un peu plus haut, ni un membre de la présidence de la République ni un représentant du gouvernement n’ont daigné prendre la parole pour exposer la version officielle de ce qui s’est passé à  l’opinion nationale et internationale.

Aujourd’hui, face à leur récurrence, des questions foisonnent quant aux réelles motivations qui sous-tendent de tels actes, caractérisent une certaine déchéance politique et morale dans notre société, ne cessent de susciter  de la méfiance de toutes parts, et font régner un climat délétère et de fortes tensions entre le pouvoir de Bangui et tout le corps social. Une atmosphère faite  in dies singulos de menaces, d’intimidations, de filature d’opposants, de restrictions des libertés, de manipulations, de désinformation et de provocations proférées par des milices à la solde du pouvoir les ondes de la radio et de la télévision nationales. Et toute analyse faite, tout semble soutenir vraisemblablement la thèse selon laquelle, dans une lutte d’influence, de leadership et de positionnement, pendant cette période pré- électorale, l’atteinte à la vie humaine semble désormais l’arme fatale du Gangster de Bangui, de sa troupe immonde criminelle et extrêmement dangereuse, des esprits nains et machiavéliques pour se passer de tout adversaire d’opinion.

Un inquiétant et dangereux mode opératoire qui sonne comme une alerte, mieux encore, un grave préjudice à la démocratie, aux droits de l’homme, à la liberté d’expression et aux valeurs de la justice sociale dans notre pays. Des valeurs malheureusement en passe d’être sacrifiées sur l’autel de certains esprits grincheux retors qui n’ont pour meilleur sommet de leur mentalité que le recours au pire. Et dans un contexte où le zèle et les coups bas sont au service de la confiscation du pouvoir, Faustin Archange Touadéra, dos au mur du fait d’un bilan plus catastrophique que honteux, risque d’assister en complice passif à cette danse macabre aux sons et rythmex à sa gloire. Fort malheureusement !

Désormais, trop sûr de ses nombreux conseillers russes qui, de vieux espions paramilitaires du Groupe Wagner, étaient impliqués dans l’assassinat de trois journalistes russes en juillet 2018, et faisant totalement confiance à ses franc- tireurs roumains récemment arrivés à Bangui, le tsar Touadéra veut se faire passer pour un autre Poutine en plein cœur du continent africain. Par la terreur, le culte de personnalité, la propagande, le musèlement de toute opposition, il veut régner pour conserver coûte que coûte le pouvoir. Comment donc ne peut – il pas recourir scientifiquement et méthodiquement aux mêmes techniques  qui ont servi à l’empoisonnement tout dernièrement en Russie de Alexeï Navalny, et bien avant l’avocat russe hospitalisé actuellement à Berlin dans une clinique spécialisée, Sergueï Skripal et sa fille exposés à du Novitchok, en mars 2018  à Londres, Alexandre Litvinenko, tué en novembre 2006 par du polonium 210, Vladimir Kara-Murza, empoisonné deux fois en 2015, Viktor Iouchtchenko, défiguré par la dioxine en 2004, et Piotr Verzilov, aveuglé par un produit inconnu en 2018.

La rédaction

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