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Centrafrique : « Covid – 19 » : la situation s’empire, un audit s’impose

Il s’est tenu le mardi 11 août 2020 à la primature la première réunion du comité chargé du suivi de la gestion des ressources mobilisées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Covid – 19, et créé par un arrêté du premier ministre le 22 juillet 2020. Y étaient présents le ministre des finances et du budget Henri Marie Dondra, le ministre de la santé et de la population Dr Pierre Somsè, des représentants des bailleurs de fonds et de  la société civile. Selon Henri Marie Dondra, cet organe a pour mission de suivre l’utilisation de tous les appuis financiers engrangés, à travers une gestion saine, efficace, efficiente, transparente et responsable, afin d’endiguer la propagation de l’épidémie, tandis que pour son collègue, il jouera un rôle essentiellement centralisateur des informations portant sur les origines des différentes ressources, leur allocation et les résultats obtenus.

Comme nous pouvons constater tout aisément de la lecture des mots tracés ci – dessus, c’est plus de quatre (4) mois après l’enregistrement du premier cas d’une personne vivant en Centrafrique testée positive au corovavirus par l’Institut Pasteur de Bangui, dont l’information a été confirmée et annoncée par le ministre de la santé Dr Pierre Somsè dans une déclaration publique, que vient de se tenir la première réunion du comité chargé d’assurer le suivi de la gestion des ressources dont la République a été bénéficiaire dans le cadre du plan de riposte contre cette pandémie. Un comité qui a finalement été créé par le premier ministre, le 22 juillet 2020, après plusieurs vaines alertes dont certains professionnels des médias ont été porteurs, maints appels sans suite émanant des partis politiques, nombreuses inquiétudes soulevées par les entités de la société civile, toujours  balayées d’un revers de la main par le Gangster de Bangui et son organisation criminelle au pouvoir.

Est – ce peut – être la dernière sortie médiatique des évêques de Centrafrique, suite à leur conclave tenu à Bangui du 20 au 26 juillet 2020 qui aurait finalement eu raison de leur position ? En effet, la conférence épiscopale a noté l’insuffisance de structures adéquates pour la prise en charge des malades – inexistence d’un centre national de dépistages, d’une unité de mise en quarantaine et d’un hôpital de référence y relatif- Elle a appelé aussi à plus de transparence dans la gestion des fonds liés à la crise. « Nous avons des informations persistantes faisant état de détournements au niveau, par exemple, de la gestion même des dons qui ont été reçus pour la gestion de cette crise sanitaire, indique Monseigneur Appora, vice-président de la conférence épiscopale de Centrafrique. Nous ne faisons qu’interpeller les uns les autres sur la nécessité de pouvoir faire profiter tous ces dons matériels, et financiers probablement aussi, à tout le peuple. Que ce ne soit pas un groupe d’individus qui puissent tirer profit de ces dons qui nous sont donnés. »

Si tant il est vrai que les pressions sus-évoquées peuvent justifier et motiver la mise en place si tardive de ce fameux comité, il n’en demeure pas moins cependant qu’en réalité les choses se compliquent, la propagation de l’épidémie loin d’avoir été endiguée s’empire, comme l’avaient tout naturellement prédit beaucoup de lanceurs d’alerte et de professionnels des médias. Des appels à plus de communication et de sensibilisation, à plus de rigueur et robustesse dans l’observation des mesures – barrières, et à plus d’investissements dans les infrastructures de dépistages, de mise en quarantaine, de traitements des malades, et à plus d’aides sociales et financières aux personnes les plus vulnérables dont le Gangster de Bangui et sa troupe immonde de brigands au pouvoir n’en avaient cure.

S’ils se sont enfin résolus à créer cette structure, ce n’est tant pour permettre aux centrafricains et aux donateurs de savoir comment les ressources mobilisées dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus ont été gérées et devront l’être, comme l’a bien voulu faire croire un certain Henri Marie Dondra qui n’a jamais été en quatre (4) années de gouvernance, en sa qualité de gestionnaire des finances publiques, un partisan zélé ou plus exactement un zélateur  de la reddition des comptes, que tout simplement parce que ces pauvres types se trouvent désormais dos au mur, devant l’aggravation exponentielle de l’épidémie sur toute l’étendue du territoire national, qu’ils sont dans un grand besoin d’argent, de respirateurs, de kits et de réactifs, et que dans le même temps, les différents partenaires veulent en savoir davantage sur ce qui a été fait de leurs fonds avant de mettre à nouveau la main à la poche.

C’est ce qui a été révélé, le 10 août 2020, par le coordonnateur de la commission communication et engagement commentaire au ministère de la santé publique. « La cartographie de l’épidémie du Covid-19 en Centrafrique montre que 50% du territoire est déjà touché. Le pays redoute une épidémie de type généralisé dans un pays où 73% de la population est constituée des jeunes. Depuis le début de cette pandémie en Centrafrique le 14 mars 2020, elle affecte beaucoup plus les jeunes de 30 à 44 ans au regard des données du ministère de la santé. Selon les données récentes au 7 août 2020, au moins 1592 cas, soit 34% de contamination concerne les jeunes de 30 à 39 ans. Les jeunes de 20 à 29 ans sont au nombre de 966 soit 20%.  Aussi, le taux de décès parmi les jeunes de 30 à 44 est le plus élevé et représente 44% de 60 décès liés à la Covid-19 en Centrafrique en cette période », s’est – il exclamé à un journaliste du RJDH. Comme solution à apporter, Dr Patrice Féléma a soutenu que les actions de prévention doivent être désormais orientées vers la jeunesse avec l’implication des groupes communautaires jeunes, ceci sans oublier les autres cibles comme les cas de comorbidité. Selon ce dernier, la Centrafrique a enregistré au 08 août 2020, 4641 cas avec 1721 guérisons et 60 décès.

Ces inquiétudes ont été aussi développées par le Centre d’Etudes et de Recherche sur les Analyses et Politiques Economiques de la République Centrafricaine (CERAPE-RCA) dans un article intitulé « La pandémie de Covid – 19 et les stratégies de résilience dans la CEMAC », du juillet 2020. La lecture de ce document a révélé que la RCA, pays post – conflit, ne disposant pas d’infrastructures sanitaires adéquates et de personnel de la santé hautement qualifié pour gérer ce genre de situation, est championne en taux d’accroissement de l’épidémie dans toute la CEMAC avant le Gabon et le Cameroun, pendant la période d’avril à juillet 2020. « Ces statistiques démontrent la gravité de la situation et l’inefficacité des dispositifs tant institutionnels et infrastructurels mis en place par les autorités des pays de la CEMAC. Ce qui nécessite des stratégies de résilience plus robuste à la dimension de la pandémie du Covid – 19 pour éviter une catastrophe humanitaire », peut – on y lire.

Cette augmentation exponentielle de la pandémie, alors que plusieurs milliards de Fcfa ont été mobilisés dans le cadre du plan de riposte, ne pouvait bien entendu que  susciter un certain nombre d’interrogations dans les milieux diplomatiques et  des donateurs dont certains, par l’entremise de l’Institut Pasteur de Bangui par exemple, soupçonnent les autorités centrafricaines qui ne disposent plus de réactifs en stocks disponibles pour réaliser les tests,  de tripatouillages et de manipulations des données sur la base des échantillons erronés d’analyses. Ceux – ci voudraient bien, par conséquent, en savoir davantage et exigeraient un audit. Tout comme l’ont toujours demandé Letsunami.net et certains lanceurs d’alerte.

 

La rédaction

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