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CENTRAFRIQUE: URGENCE NATIONALE: LA PRÉSIDENTE DE L’AUTORITÉ NATIONALE DES ÉLECTIONS (ANE) Mme MARIE-MADELEINE N’KOUET née HOORNAERT DOIT DÉMISSIONNER ET/OU ÊTRE MISE EN EXAMEN

CENTRAFRIQUE: URGENCE NATIONALE: LA PRÉSIDENTE DE L’AUTORITÉ NATIONALE DES ÉLECTIONS (ANE) Mme MARIE-MADELEINE N’KOUET née HOORNAERT DOIT DÉMISSIONNER ET/OU ÊTRE MISE EN EXAMEN
Par Damoclès Diriwo
Il a fallu les opérations de recensement électoral nécessitant le déploiement des agents recenseurs partout dans le pays pour qu’on se rende compte de l’ampleur des gaffes causées par l’actuelle équipe de l’Autorité nationale des élections (ANE) en fin de mandat. L’administration et la gestion catastrophique de la bande à dame Marie-Madeleine N’Kouet née Hoornaert ne fait plus l’ombre de doute avec les scandales en série dont sont victimes aussi bien les agents recenseurs, les notables et chefs locaux, que les propriétaires de véhicules loués par l’ANE pour le transport des agents recenseurs et la supervision des opérations de recensement électoral en provinces. Enquêtes exclusives MEDIAS+ sur l’un des pires scandales de la gouvernance post-transition.
Trois situations permettent de comprendre le degré d’immoralité et de siphonnage financier mis en place au niveau de l’ANE.
MAUVAIS TRAITEMENT DES AGENTS RECENSEURS…
Triés sur le volet pour les besoins de la cause et certains ne répondant à aucun critère sérieux pour la mission d’inscription des gens en âge de voter sur la liste électorale, la plupart des agents recenseurs se disent floués par leur «client officiel», à savoir: l’ANE. « L’ANE nous avait dit qu’au départ de Bangui, on devait nous remettre un peu d’argent que nous devons remettre aux familles que nous laissons derrière nous pour survivre. Mais le jour j, nous sommes partis presque manu militari et sans 5 F. On nous a même dit: ‘Si vous ne voulez pas, vous restez car vous n’êtes pas les seuls; il y a des gens qui n’attendent que votre désistement pour prendre votre place’. Arrivés en provinces, on a remis à chacun d’entre nous une enveloppe de 100.000 FCFA représentant 10 jours de travail, avec la promesse d’avoir 50.000 F à la fin des 5 prochains jours et ainsi de suite jusqu’à la fin des 21 jours de travail. Malheureusement, les 10 jours sont passés et nous n’avons plus de nouvelles de notre employeur, l’ANE, que j’appelle « client » parce que nous ne percevons pas l’intégralité du montant que nous avons signé sur le papier. On est obligé de faire avec, vu qu’il n’y a pas de boulot dans le pays » (sic).
Un autre agent recenseur déclare que depuis qu’il est en province, il n’a encore rien reçu, lui et les autres agents recenseurs. Les cas de Boali, Yaloké et Baoro sont connus et dénoncés par voie de presse. Mais silence, on bouffe à l’ANE. «La bouche pleine ne parle pas», dit l’adage.
…ET DES CHEFS LOCAUX
Des chefs de quartiers, de villages et de groupes nous ont informés qu’ils sont obligés de cesser de travailler parce que l’ANE n’a pas daigné leur verser les perdiems dus pendant plus de deux semaines, ce qu’ils ne pouvaient supporter en tant que chefs de familles et autorités locales. « L’ANE nous a humiliés; elle est venue faire tomber notre dignité par terre mais elle ne réussira pas. Nous avons décidé de tout dire, de faire tout bloquer, de dénoncer sa magouille et de faire échouer sa mission. Nous n’allons plus accepter les 10% qu’on nous a demandés de sacrifier pour l’ANE. Nous exigeons l’intégralité de nos dus. Et la prochaine fois, ce sera le ‘’payez avant d’être servis’’ comme on le fait dans certains bars », déclare avec colère un chef de groupe à la rédaction de MEDIAS+.
Pour mémoire, les chefs de quartiers, de villages et de groupes appuient les agents recenseurs dans les témoignages en faveur des citoyens non détenteurs de pièces d’identité, quelque fois même dépourvus d’acte de naissance, mais qui vont pour se faire enregistrer comme électeurs. Ce travail n’est pas bénévole, déclare l’ANE, tout comme celui d’agent recenseur.
QUID DES EXPLOITANTS DE VÉHICULES?
« Nous avons conclu un contrat de location de véhicule pour 21 jours avec délai de route compte tenu de la saison pluvieuse et du mauvais état des routes, ce qui donne un minimum de 22 jours jusqu’à 30 voire 40 jours pour d’autres. Mais à notre grande surprise, l’ANE nous ordonne de revenir à Bangui avec les véhicules puis de vaquer à nos occupations pour ne repartir qu’à la fin des opérations de recensement. Ainsi, ceux qui sont allés non loin de Bangui ne recevront que les frais de location de 4 jours au lieu des 22 ou 23 jours initialement retenus. Et pourtant, on ne change pas les règles du jeu en plein déroulement du match. Nous dénonçons cela. Aussi, nous refuserons de leur laisser les 10% sur lesquels nous nous sommes entendus en off. Et eux les dirigeants de l’ANE qui ont aussi mis en location leurs propres véhicules pour ces opérations de recensement électoral, à qui ils vont verser les 10%?», révèle avec colère un député qui est aussi exploitant de véhicules 4×4 mis sous contrat avec l’ANE.
On se souviendra que lors du débat sur le projet de loi organique de l’ANE, des députés avaient dénoncé de vive voix cette pratique mafieuse des «10%» que les clients doivent «donner» à l’ANE, ce qui en fait n’est rien d’autre que de la corruption pour avoir le marché de location des véhicules.
Si déjà pour le simple fait de transporter des hommes et des matériels électoraux les dirigeants de l’ANE sont dans la logique de la corruption, qu’en sera-t-il pour les opérations de décompte des voix, de transmission des résultats des scrutins, étape où l’organe électoral est souvent accusé de changement ou remplacement les documents originaux en faveur des candidats-clients qui paient généralement cher? Se rend-t-on compte des conséquences sur la vie et l’avenir du pays? Doit-on laisser faire l’ANE sachant que le pays va sombrer dans le chaos à la fin des élections qu’elle a mal organisées?
Depuis le lancement du processus électoral en cours, la population en général et les médias privés en particulier n’ont cessé d’alerter sur le mauvais comportement de l’équipe sortante de l’ANE qui risque de faire tout capoter. Cette équipe ne va que d’échec en échec, comme si c’est pour la première fois qu’elle fait l’expérience d’organiser les élections. A preuve:
-l’opération de cartographie électorale a échoué parce qu’elle n’a pas été bien menée et n’a pas touché l’ensemble du territoire national;
-l’opération de recensement électoral découlant de cette cartographie est carrément un échec à cause du faible effectif des agents recenseurs retenus par l’ANE, du recrutement intéressé desdits agents, de leur mauvais traitement ainsi que celui des chefs locaux devant appuyer les agents recenseurs sur le terrain, tous non payés à bonne date ou à termes échus. Il est à craindre que les exploitants de véhicules qui ont signé un contrat avec l’ANE refusent d’aller prendre les agents recenseurs qu’ils aveint déposés en provinces à cause du non respect d’engagement par l’ANE, délit qui risque de faire condamner l’ANE à payer d’importants dommages et intérêts si la Justice venait à être saisie par les victimes de cette magouille de l’ANE.
ARRÊTER L’HÉMORRAGIE !
Au vu de tout ce qui précède, il est certain que les dirigeants actuels de l’ANE ne mesurent pas le poids de la responsabilité qui est la leur en cas d’échec des élections en cours. Ils doivent dès à présent prendre conscience que la RCA est déjà bien avancée dans une crise électorale s’ils persistent dans cette voie tordue, celle de la mafia. Qu’ils sachent qu’ils sont en train de se faire des ennemis à vie et qu’ils risquent de ne pas être les seuls à payer les conséquences durables. Qu’ils entendent la voix de la raison et se ressaisissent vite!
Sinon, pour éviter au pays de nouvelles crises postélectorales qui se pointent déjà à l’horizon, la mise en examen de l’actuelle présidente de l’ANE et de ses coéquipiers s’impose. Ou alors, si cette femme-là a l’amour de son pays, qu’elle démissionne avec toute son équipe afin de sauver ce qui peut l’être. Il y a péril en la demeure: ils sont en train de faire capoter les élections avant de partir dans 5 mois, pour faire endosser la responsabilité à leurs successeurs.
En tout état de cause, la mise en examen de l’actuelle dirigeante de l’ANE est une urgente nécessité, un impératif catégorique. La forfaiture morale, la prévarication, les multiples soupçons de fraude, de gabegie, de conflits d’intérêts, de corruption active et de fausses factures qui pèsent sur elle ne doivent demeurer sans une suite judiciaire. Les gens exagèrent trop avec ce genre de comportement dans ce pays. Il faudrait que cela cesse ! Que cela cesse ! Et la justice doit être sans pitié à l’égard des mauvais serviteurs de la République.
Un adage bien connu du monde médical dit: «Mieux vaut extraire la dent infectée que de laisser la personne souffrir de carie avec toute la bouche dégageant une odeur très fétide».
Mais attention: dame Hoornaert N’Kouet et ses complices présumés doivent savoir que les choses risquent de ne plus se passer comme auparavant où seul l’Exécutif était persécuté au sortir des élections mal organisées. Tous ceux qui seront tenus pour responsables totalement ou partiellement de l’échec du processus électoral en cours verront le pire. L’oracle a parlé. J’avais dit la même chose sous le régime Bozizé. Et puis?
A bon entendeur, salut !
A bon attendeur, tant pis !
Par Damoclès Diriwo
Source: MEDIAS+ 30.07.2020

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