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Centrafrique/Congo : Quand Oyo refuse de répondre à un coup de fil de Bangui

Le vendredi 26 juin 2020, au début de la soirée, l’ancien président de la République François Bozizé, président – fondateur du KNK, et le président du Chemin de l’Espérance Abdoul Karim se sont envolés « pour une visite de travail » à destination de la ville d’Oyo, en terre congolaise où les attendait deux jours plus tôt le président Dénis Sassou Nguesso alias Denguès, médiateur de la crise centrafricaine. En la présence d’autres personnalités étrangères, l’ordre du jour portait uniquement sur l’organisation des prochaines échéances électorales dans la quiétude et le dialogue en Centrafrique.

Comme nous l’avons révélé dans notre dernière publication y relative, le compte – rendu de ces travaux, à peine terminés, a été immédiatement fait au président de la République Faustin Archange Touadéra par son homologue congolais qui n’était pas allé avec le dos de la cuillère pour lui dire qu’il n’est plus maître de son destin. Ainsi donc, en français facile, pour avoir trop longtemps tergiversé autour de l’épineuse et si importante question de la convocation de toutes les forces vives de la nation à une concertation, l’homme a fini par éroder de manière définitive la confiance à lui placée par ses pairs de la CEMAC et de la CEEAC, même si le burundais Adolphe Nahayo avec lequel il entretient plus de relations personnelles et fort intéréssées  que diplomatiques continue de lui apporter tous ses soutiens contre les intérêts du peuple centrafricain et au grand dam de l’opposition démocratique qui s’apprête à exiger dans les tout prochains jours son départ de la République centrafricaine.

Mais au lieu d’avoir l’humilité que lui recommande la situation combien difficile dans laquelle il se trouve actuellement pour entendre la voix de la raison et donner suite au message qui lui a été transmis par le président congolais, comme toujours à ses habitudes, il a préféré à la grande surprise de ce dernier, réunir ses ouailles du MCU quelque part dans la capitale centrafricaine  et leur demander de lui proposer un premier ministrable et des ministrons à rentrer dans un prochain gouvernement de large ouverture. Selon des sources bien introduites à la présidence de la République, étaient sur la liste Gbézéra – Bria, Timoléon M’Baïkoua et un certain Evariste Ngamana.

Deux jours seulement après la rencontre d’Oyo, et sans aucun doute, fort de sa proposition sous la main, le roublard de Bangui active son téléphone et parvient à avoir son très cher grand – frère au bout du fil. Sans fioritures, il sollicite son accord pour une audience avec ce dernier et lui signifie que les frais de transport et de séjour seront à sa charge, histoire de convaincre son hôte de l’impérieuse nécessité de ne pas réserver une fin de non – recevoir à sa pressante demande. Peine perdue.  En effet, après l’avoir attentivement  écouté, le vieux Denguès, comme il fallait s’y attendre, l’envoie tout simplement promener, en lui disant que son agenda est suffisamment chargé, et qu’il est tellement préoccupé, en sus des négociations en cours entre son pays et le FMI et de la gestion hautement sensible des dossiers de contrats d’exploitation des nouveaux puits pétroliers découverts par Total,  par les grandes décisions, proposées par la commission interministérielle, à prendre dans un avenir très proche par la conférence des chefs d’état de la CEEAC, qu’il n’a pas une seule minute à lui consacrer. En bon accrocheur, l’homme acquiesce mais ne cède pas. Il y a deux jours, le Gangster de Bangui revient à l’attaque, mais cette fois – ci ne parvient pas à rentrer en contact avec son homologue congolais. Son protocole lui répétera et confirmera dans les oreilles ce que leur patron lui avait craché en pleine figure au phone, plus d’une semaine plus tôt.

Aux dernières nouvelles, le Gangster de Bangui n’est plus en odeur de sainteté avec tous ses pairs, de Paris à Addis – Abéba en passant par N’Djaména, Libreville, Brazzaville, Malabo, Kinshasa et même Luanda, qui sont finalement fatigués, agacés et exacerbés par sa roublardise, son autisme et son entêtement contre – productif et qui ne souhaitent plus désormais que son départ du pouvoir dans les meilleurs délais. C’est à la conférence des chefs d’état de la CEEAC, initialement prévue du 7 au 8 juillet 2020, mais reportée in extremis à une date ultérieure qu’incombera désormais la lourde responsabilité de se prononcer sur le rapport du MARAC sur la crise centrafricaine, adopté par la commission interministérielle à Libreville, et de lui dicter la conduite à suivre : Ou bien accepter d’opter pour une transition et de ce fait s’engager à  ne pas participer à la prochaine présidentielle, en retour il échappera à l’épée de Damoclès de la justice, lui, ses biens, sa famille protégés, ou bien s’y opposer et courir indéniablement le retour du manche du bâton pour sa mal – gouvernance, ses accointances avérées avec les organisations criminelles tant nationales qu’internationales, ses compromissions avec les groupes armés contre son peuple, et ses responsabilités dans des actes de crimes économiques, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, ayant substantiellement caractérisé sa gouvernance.

Comme par enchantement, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en Centrafrique, le sénégalais Mankeur Ndiaye était hier à l’Élysée à Paris pour une rencontre avec Franck Paris, conseiller Afrique du président Emmanuel Macron. Ils ont échangé sur les activités de la Minusca dans l’exécution de son mandat, la mise en œuvre de l’Accord de Paix de Khartoum et les défis du processus électoral en RCA. Dans le même temps, nous apprenons que sur insistance d’un diplomate son potentiel candidat à la primature aurait jeté l’éponge et décidé de regagner son poste.

La rédaction

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