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CENTRAFRIQUE: VOTE DE LA LOI ORGANIQUE DE L’ANE: « DE L’OSEILLE EST SORTIE, IL FAUT JUSTIFIER L’UTILISATION ». OU COMMENT LES ESCROCS PROFESSIONNELS DU MCU Á L’ASSEMBLÉE NATIONALE ONT ENCORE ROULÉ TOUADÉRA DANS LA FARINE?

CENTRAFRIQUE: VOTE DE LA LOI ORGANIQUE DE L’ANE: « DE L’OSEILLE EST SORTIE, IL FAUT JUSTIFIER L’UTILISATION ». OU COMMENT LES ESCROCS PROFESSIONNELS DU MCU Á L’ASSEMBLÉE NATIONALE ONT ENCORE ROULÉ TOUADÉRA DANS LA FARINE?
Par Jean Bedel DINGA-KPILÈ

Bangui est vraiment petit et tout finit par se savoir. La corruption des députés de cette législature ne se dément pas et l’ancien président de l’actuelle Assemblée nationale s’était pratiquement moqué de ses collègues députés qui cherchaient à faire échouer l’élan de la nouvelle majorité parlementaire en gestation, celle qui refuse de se laisser corrompre pour dire non à la position prise par la Commission élargie de l’Assemblée nationale par rapport au projet de loi organique de l’Autorité nationale des élections (ANE), lorsqu’il lâcha une phrase du genre: « on connaît ces manœuvres qui visent à…». Comment pouvait-il en être autrement avec un groupe composé des gens majoritairement analphabètes ou semi-lettrés, lesquels de surcroît sont dominés par des repris de justice, des anciens brigands et bandits de grand chemin, des prisonniers en sursis, des gens qui ont un passé négativement surchargé et dont le sport préféré est de manger dans tous les râteliers?

MODE OPÉRATOIRE DE LA CORRUPTION
Tout Bangui en parle. L’information est encore sortie de la bouche même de certains députés parmi lesquels: ceux qui étaient missionnés pour aller annoncer la « bonne nouvelle » de l’argent de la corruption disponible et sensibiliser les autres pour aller prendre leur part, et ceux qui ont reçu le bakchich mais qui ont refusé de jouer le jeu. Tous ont dit la même chose: il y a de l’argent mis à leur disposition par le gouvernement pour voter en faveur du texte initial du gouvernement relatif au projet de loi portant organisation et fonctionnement de l’Autorité nationale des élections (ANE).
Et contrairement à ce qui a été dit, la corruption des députés a eu lieu à l’hôtel appartenant à M. Bertrand-Arthur Piri, ministre Contrôleur général du secteur public et parapublic à la Primature, et 2è Secrétaire Exécutif national adjoint du parti présidentiel le MCU, situé au village Liton à pk 22 sur la route de Damara, et non chez le député Clément Ndotizo dans le 7è arrondissement. Ce dernier d’ailleurs se trouve en France depuis des semaines pour son bilan médical.
Le montant promis était d’un (1) million de FCFA. Mais une avance (1ère tranche) a été remise de façon discriminatoire: 500.000 F mille pour les uns, 300.000 F ou 250.000 F pour les autres. Voilà aussi la raison qui a fait énerver certains corrompus après avoir appris le montant perçu par certains de leurs collègues !
« C’est le député Mathurin Dimbélé-Nakoet qui distribuait l’argent aux députés, en présence des autres caciques du MCU au PK 22 », rapporte un des preneurs de l’argent.

UN PARLEMENT TROP CORROMPU
La corruption active et régulière des députés par le gouvernement et le parti au pouvoir est un phénomène jamais connu durant les précédentes législatures, que ce soit sous le parti unique de Kolingba ou sous le régime démocratique de Patassé et le césarien de Bozizé. On voyait les députés défendre deux choses: les intérêts des populations et donc du peuple, ou la ligne politique de leurs partis, point barre; ils ne tombaient pas dans la corruption d’une telle ampleur.
Or, depuis la mise en place du premier bureau de l’actuelle Assemblée nationale avec Abdou Karim Méckassoua comme président jusqu’à ce jour, la corruption semble être la seule pratique politique de l’Exécutif pour amener les députés à faire la volonté du gouvernement, même sur des questions de droit avec lesquelles on ne peut pas tricher.
Par cette pratique de corruption devenue systématique et endémique, et donc qui passe désormais comme la norme, le principe de séparation des pouvoirs n’existe plus en Centrafrique, le législatif n’étant là que pour faire la volonté de l’Exécutif. Au vu de cela, il n’est pas exagéré de dire que l’Assemblée nationale actuelle n’est qu’une simple chambre d’enregistrement et une caisse de résonnance du pouvoir en place, ce qui est regrettable pour la démocratie et l’image des institutions et des autorités du pays. Je me demande s’il existe une autre Assemblée nationale au monde où les députés, qui sont les représentants du peuple, sont si corrompus et facilement corruptibles à souhait.

LA « RUPTURE » HISTORIQUE DU 7 JUILLET
Pour la première fois les députés ont décidé d’écouter le peuple. Ils ont bouffé l’argent de la corruption mais ont décidé en leur âme en conscience. Il s’agit là d’une prise de conscience à féliciter car l’argent n’achète pas l’honneur. Ils ont choisi d’être des honorables et non de continuer d’être des déshonorables. Mais il ne faut pas oublier la pression de ce petit matin du mardi 7 juillet 2020 à l’entrée de l’Assemblée nationale. Plus de cent personnes avaient manifesté et ont même proféré des menaces à l’endroit des députés. La pression était tellement forte que les députés ne pouvaient faire autrement. Surtout que leurs résidences et domiciles privés étaient menacés de destruction par des manifestants visiblement en colère ce jour-là. Le risque était donc grand du côté des députés.
Avec le vote historique du 7 juillet 2020, on peut affirmer que plus rien ne sera comme avant. Ce changement de comportement des députés augure quelque chose de bien pour la suite du processus électoral. Ce qui fait dire au compatriote Norbert Toina qu’«…en décembre 2020, toutes les cartes seront redistribuées et la nouvelle ANE naîtrait grâce aux députés que les ministres Gouandjika et autres ne cessent de ridiculiser avec des billets de banque. L’espoir de frauder aux élections par le régime des oligarques incompétents est en train de s’amenuiser. Nul ne peut éternellement abuser de la cupidité des autres. Dorénavant, au lieu de détourner les fonds publics pour corrompre les députés, qu’on utilise ces fonds pour venir en aide aux populations des provinces qui vivent dans un dénuement total».
Concluons avec Norbert Toina qu’«on peut tromper une personne mille fois, on peut tromper milles personnes une fois, mais on ne peut pas tromper mille personnes mille fois. Ce régime des oligarques a institué comme mode de gouvernance depuis plus de quatre ans un système basé sur la corruption, la filouterie, la roublardise et la duplicité. Mais chaque chose a son temps, il est arrivé le temps des désillusions. Les députés se sont rebiffés et refusent de jouer le jeu; ils protestent contre le lâche assassinat des FACA, acceptent de prendre l’argent mais votent contre la ligne imposée par le gouvernement».
Touadéra doit demander des comptes à ceux qui se sont amusés avec l’argent de l’Etat à des fins de corruption, car le parti MCU n’a jamais reçu une quelconque subvention de l’extérieur ni d’importantes cotisations ou contributions de ses membres ou bienfaiteurs pour mener cette coûteuse opération de corruption des députés.

PLAIDOYER POUR UN AUDIT DE L’ANE SORTANT
On ne saurait passer sous silence le fait qu’avec le vote de la nouvelle loi organique de l’ANE, le nombre de jours de vie de l’ANE actuellement dirigée par la bande à Mme Marie-Madeleine Hoornaert N’Koet est bien compté depuis le 07 juillet 2020, date historique de l’adoption de la nouvelle loi organique de l’ANE par l’Assemblée nationale: 170 jours. Ni moins ni plus. Et ils vont plier bagage. Mais gageons qu’ils n’iront pas en prison vu la manière avec laquelle ils ont géré les biens de l’institution.
En effet, plusieurs dépenses fantaisistes et faramineuses comme celles liées au contrat de prestations de service d’un médecin consultant, d’un consultant en communication qui n’aurait même pas un petit diplôme de baccalauréat, etc., auraient constitué le lot des nouveaux riches de l’ANE. Tout cet argent aurait dû servir à payer les arriérés d’indemnités et les frais de mission des agents recenseurs et gestionnaires des bureaux de vote et centres de dépouillement (présidents, assesseurs, scrutateurs…) de 2015-2016 qui demeurent impayés jusque-là. Hélas !
Pas une seule fois l’ANE n’a réalisé l’opération d’actualisation des listes électorales en début d’année comme l’exige le code électoral. Les membres de l’ANE font louer leurs propres véhicules à l’Institution pour des missions en provinces. Et s’il s’agit des véhicules des autres, ils prélèvent 10% à la source, a révélé un député lors de son intervention du 7 juillet dernier à l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Et avec ça, il y a eu des députés qui ont osé demander la prorogation de la durée du mandat de cette équipe d’incapables, pour permettre à ces incapables de gérer les élections de 2020-2021. Quel scandale ! Mais on aura compris: c’est pour que cette ANE devenue un âne de qui on sait les aide à remporter dans leurs circonscriptions par la fraude.
L’équipe des super-mégalomanes de l’ANE dont certains ont un passé notoirement lugubre et sale (connu de tous en commençant par leurs milieux professionnels d’origine), n’a même pas honte de manœuvrer pour son maintien jusqu’en…2021.
Vivement qu’un audit de gestion de l’ANE de la période allant de 2013 à 2020 soit fait pour que les responsabilités éventuelles soient fixées. D’ici là, des mesures conservatoires doivent être prises pour éviter des grandes gaffes avant leur départ.
Wait and see.
Jean Bedel Dinga-Kpilè
Source: MEDIAS+ du 09.07.2020

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