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Centrafrique : « Monsieur le président, ça suffit ! »

Le vendredi 26 juin 2020, vers 19 heures locales, à bord d’un jet privé affrété par le président congolais Dénis Sassou N’guesso, médiateur dans la crise centrafricaine, ont embarqué l’ancien président François Bozizé du parti politique KNK et le président du Chemin de l’Espérance Abdoul Karim Méckassoua à destination de la ville d’Oyo. Deux jours plus tôt, dans la région de la Cuvette, à 400 Km au nord de Brazzaville, les ont précédés leur hôte et deux autres personnalités, l’une africaine et l’autre européenne.

Leur départ de l’aéroport international Bangui M’Poko a été pourtant émaillé de petits incidents à mettre sur le dos du Gangster de Bangui. En effet, quoique régulièrement informé de la date et de l’heure d’arrivée de cet aéronef, de l’identité exacte des passagers à embarquer, de leurs contacts in situ , et de l’objet de leur rencontre avec leur hôte, et aussi énigmatique et surprenant puisse paraître son comportement, à l’information à lui posée par les autorités sécuritaires et aéroportuaires, relative à la présence de ce jet privé sur le tarmac, le mathématicien de Boy – Rabé  a répondu plutôt par un certain étonnement selon lequel il n’avait pas un voyage en vue. Voulant donner forme à sa surprise, il ordonnera quelques minutes plus tard à son pit – bull en charge de la sécurité publique d’aller jeter un coup d’œil à l’aéroport.

Lâché dans l’arène comme un brave gladiateur, le général Wanzet fera son irruption sur le terrain, au même moment que ses pires cauchemars que sont l’ancien président François Bozizé et Abdoul Karim Méckassoua. Il se dirige vers l’équipage et pose des questions sur l’identité des passagers à embarquer. Mais, au lieu de lui répondre, le commandant de bord le conjure de patienter et rentre en contact avec le médiateur Sassou. Piqué au vif, le vieux Denguès compose le numéro de son homologue centrafricain  et lui dit ce qui suit : « Monsieur le président, à quel jeu jouez – vous ? Vous savez très bien pour quelles raisons j’ai fait affréter cet aéronef, les noms des personnalités à embarquer et l’objet des échanges avec elles, ici chez moi. Je vous conjure de mettre un terme à ces atermoiements qui font perdre à votre pays beaucoup de temps inutilement, puisque c’est depuis plusieurs mois que vous ne cessez pas de rechigner à vouloir entendre la voix de la raison. Monsieur le président, ça suffit ! »

Sur ce, le pauvre général qui a laissé s’évaporer dans la nature le mercenaire peulh d’origine camerounaise Abbas Siddiki du Mouvement de 3R et qui est reconnu officiellement comme étant l’homme de mains du narco – trafiquant libano – omano –qatari, terroriste et marchand d’armes, un certain Aziz Nassour, directeur de la société Al – Madina, détenteur par la méthode de gré à gré du juteux marché de gestion des documents administratifs, ne pouvait que se retirer sans mot dire, sur la pointe des orteils et laisser s’engouffrer dans le jet privé Boz et AKM. A l’une de ses confidentes à qui il s’est confié plus tard, l’homme n’hésitera pas à exprimer toute son inquiétude sur la santé mentale de son parent de Damara qui continue de mentir aux siens, alors qu’il n’a plus son destin entre les mains et que des informations en sa possession lui feraient état de ce que le Gangster de Bangui serait en train de transférer ses comptes à l’extérieur.

Ceci étant dit, une fois arrivés à destination à Oyo et non à Brazzaville, comme certaines sources voudraient bien le faire croire pour distraire la galerie, l’ordre du jour de la rencontre leur a été immédiatement notifié et il leur a été demandé de se mettre au travail. Les négociations se poursuivront même tard autour de la table pendant le dîner, en la présence évidemment des deux autres personnalités. Même si certaines sources ont relayé l’information selon laquelle il aurait été question de convaincre l’ancien chef d’état – major du président Patassé de désister de se présenter aux prochaines élections législatives et présidentielle au profit du président du Chemin de l’Espérance Abdoul Karim Méckassoua qui aurait beaucoup fait pour son aîné et que l’heure serait arrivée pour que ce dernier pût lui renvoyer l’ascenseur – ce qui ne serait que de l’enfumage pur et simple visant à divertir l’opinion tant nationale qu’internationale des vrais enjeux politiques de l’heure en Centrafrique, et pour lesquels ils ont été invités à Oyo, tant les prochaines échéances électorales devant revêtir un caractère démocratique, libre, inclusif, transparent, consensuel, apaisé et incontestable – les milieux diplomatiques ont révélé, au rebours, qu’il s’était agi de débattre du dialogue politique inclusif, en réponse au probable glissement du calendrier électoral, la recrudescence de plus en plus aigüe de la crise sécuritaire, et, somme toute, au refus des partenaires traditionnels de la RCA d’appuyer financièrement, matériellement et techniquement l’ANE dont l’illégalité et l’illégitimité font d’ailleurs l’objet d’une requête encore pendante devant le conseil d’état. Seule une concertation entre toutes les forces vives de la nation, dans les meilleurs délais, pourra, par conséquent, proposer des solutions à tous ces problèmes.

Le compte – rendu de cette rencontre et ces échanges ont été faits par le vieux Denguès au Gangster de Bangui en ces termes : « Monsieur le président, la balle est désormais dans votre camp : nous présenter la candidature de l’homme qui aura la lourde responsabilité de gérer cette transition ou accepter que l’on vous impose une personnalité centrafricaine. La dernière réunion ministérielle des Etats membres de la CEEAC à Libreville ayant adopté et transmis à la conférence des chefs d’état, le rapport du MARAC  relatif à la crise en République centrafricaine, pour une décision attendue le 7 juillet 2020 à Luanda en Angola, il est de votre responsabilité hic et nunc  de mettre un terme à ces atermoiements et à vos indécisions ! »

Finalement, c’est suite à ce qui s’est passé à Oyo que le Gangster de Bangui a été contraint de réunir ses proches lieutenants, le dimanche 28 juin 2020, pour les instruire de lui proposer un format d’un Gouvernement de Transition, alors qu’il lui est demandé de s’adresser à tous ses compatriotes et d’appeler sans délai à une vraie concertation sans exclusive entre toutes les forces vives de la nation. Quitte à elle de définir les critères et les conditions d’éligibilité de cette personnalité à qui incombera la lourde mission de conduire à la destinée de la République, en tant que premier ministre, pendant cette période.

Ainsi donc, au lieu de persister à faire croire qu’il a encore la maîtrise de son destin entre les mains et d’imposer à la République et au poste de premier ministre un minus habens et un individu qui n’a jamais été chef de bureau, et de ce fait indigne de s’adresser à des intelligences politiques et administratives nationales , il est grand temps qu’il comprenne que la vague qui est déjà là, est trop forte et risque de l’emporter ad patres, s’il refuse de voir la réalité en face.

La rédaction

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