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La transhumance des bovins, source de conflits en Centrafrique

646 éléments des Unités spéciales mixtes de sécurité (USMS) ont reçu de manière symbolique, le 12 mai 2020, leurs certificats de fin de formation, au Camp Leclerc de Bouar. | ARNAUD MEUNIER

L’armée centrafricaine vient de mettre en place des unités spéciales pour réguler la transhumance des bœufs. Une mission à hauts risques.

En Centrafrique, le contrôle des couloirs de transhumance bovine, qui sont souvent source des conflits, n’est pas une mince affaire. Le cheptel actuel y était estimé à plus de 1 500 000 têtes en 2015.

Depuis un siècle, des troupeaux de bœufs, en provenance du nord et de l’est du pays descendent vers le sud, à la recherche de pâturages. Ils sont souvent gardés par des éleveurs peuls Mbororo, communauté nomade et hétérogène dont l’arrivée date des années 1920.

Des troupeaux du Tchad et du Soudan

L’équilibre a été rompu dans les années 1980 avec l’arrivée de troupeaux importants en provenance du Tchad et du Soudan arides. Des tensions sont vite apparues : destructions de récoltes, vol de bétail, représailles, assassinats. Au phénomène pastoral s’est ajouté un enjeu sécuritaire.

Situation des corridors pastoraux en 2015 | FAO

La crise de 2013 a encore plus complexifié le phénomène, avec l’intrusion de groupes armés, qui, au choix, taxent les éleveurs (ce qui rapporterait l’équivalent de 4 millions d’euros par an aux ex-Séléka) ou volent le bétail, devenant ainsi propriétaires d’immenses cheptels.  Ils font partie du problème, car ils prospèrent sur la transhumance , résume Mathilde Tarif, chercheuse à l’université Paris-1.

En Centrafrique, le contrôle des couloirs de transhumance bovine, qui sont souvent source des conflits, n’est pas une mince affaire. Le cheptel actuel y était estimé à plus de 1 500 000 têtes en 2015.

Depuis un siècle, des troupeaux de bœufs, en provenance du nord et de l’est du pays descendent vers le sud, à la recherche de pâturages. Ils sont souvent gardés par des éleveurs peuls Mbororo, communauté nomade et hétérogène dont l’arrivée date des années 1920.

Des troupeaux du Tchad et du Soudan

L’équilibre a été rompu dans les années 1980 avec l’arrivée de troupeaux importants en provenance du Tchad et du Soudan arides. Des tensions sont vite apparues : destructions de récoltes, vol de bétail, représailles, assassinats. Au phénomène pastoral s’est ajouté un enjeu sécuritaire.

Situation des corridors pastoraux en 2015 | FAO

La crise de 2013 a encore plus complexifié le phénomène, avec l’intrusion de groupes armés, qui, au choix, taxent les éleveurs (ce qui rapporterait l’équivalent de 4 millions d’euros par an aux ex-Séléka) ou volent le bétail, devenant ainsi propriétaires d’immenses cheptels.  Ils font partie du problème, car ils prospèrent sur la transhumance , résume Mathilde Tarif, chercheuse à l’université Paris-1.

*Le prix coûtant constitue le seuil de revente à perte, affecté d’un coefficient de 1,10 conformément à la loi Egalim.

Réguler la transhumance

Ces tensions ont poussé le gouvernement à déployer une Unité spéciale mixte de sécurité (USMS). Ce corps paramilitaire est composé de 380 éléments issus de huit groupes armés, anti-Balaka comme ex-Séléka ; ils sont encadrés et formés par 260 militaires, gendarmes et policiers.

Le 12 mai, une cérémonie marquant la fin de leur formation a été expédiée en une heure. Pourtant, les USMS sont un programme phare de l’accord de paix signé entre les groupes armés et l’État en 2019. Elles permettent aux anciens miliciens de réintégrer la société.  Je veux ensuite intégrer l’armée , explique Juste, 24 ans, dont trois chez les anti-Balaka.

Ces USMS installeront leurs bases dans le Nord-Ouest, à Paoua et Koui, en plein milieu des couloirs de transhumance.  On ne voit pas très bien ce que les autorités entendent par sécuriser les couloirs, s’interroge Mathilde Tarif. On peut imaginer qu’ils auront une fonction de contrôle et de recensement. 

L’unité spéciale désertée

 Ils ont des moyens et une formation limités, pour une mission stratégique, face à des groupes déterminés , ajoute un connaisseur du dossier. Effectivement, quelles seront les relations entre les USMS et les groupes armés ? L’empressement de ces derniers à participer au programme interroge sur leur bonne foi : est-ce un moyen de capter l’argent des soldes ?

 Vous êtes désormais sous le commandement de l’État-major des Armées , a insisté le président Touadéra auprès des recrues. Le sont-elles vraiment ? Toutes affirment avoir coupé les ponts avec leur ancienne vie. Mais dès le lendemain de la cérémonie, Sidiki Abass, le chef de la milice 3R, a repris le maquis dans l’ouest du pays. Le 5 juin, il a annoncé se retirer de l’accord de paix de 2019. Entre-temps, une partie des USMS ont déserté pour le rejoindre.

OUEST FRANCE 

Lu Pour Vous

La rédaction

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