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Centrafrique: l’Autorité nationale des élections ciblée par les critiques

Martin Ziguélé.
Martin Ziguélé. AFP PHOTO ISSOUF SANOGO

La Centrafrique doit aller aux élections à la fin de l’année. Mais des voix s’élèvent contre le processus pré-électoral qui a débuté. Plusieurs sujets sont mis sur la table par l’opposition et par l’Observatoire national des élections, notamment sur la mise en place qui a lieu en ce moment des démembrements de l’Autorité nationale des élections (ANE). Ces représentations de l’ANE seront sur le terrain pendant l’élection.

De notre correspondante à Bangui,

Martin Ziguele, premier candidat déclaré à l’élection présidentielle, et à la tête du parti MLPC, se plaint de la mise en place des organes représentatifs de l’ANE en région.

« J’ai reçu des réclamations de Berberati où celui qui est dans le démembrement local de l’ANE n’est pas mandaté par le MLPC. Comment se fait-il que sans mandat du bureau politique, quelqu’un se présente là-bas au nom du MLPC, avec quel mandat ? Et la même chose continue à se passer dans plusieurs villes de province. Donc c’est une démarche à mon avis concertée et nous ne pouvons pas accepter, parce que c’est le premier pas du processus électoral. »

Des plaintes similaires se lèvent du côté de la plateforme de l’opposition COD 2020. Elle accuse l’ANE de se placer dans une logique d’exclusion. L’Observatoire national des élections s’est exprimé également pour émettre plusieurs critiques.

« Il y a une crise électorale aujourd’hui entre les partis politiques, notamment de la majorité présidentielle, et l’opposition qui demande l’annulation. Il est donc important que l’ANE qui n’est qu’un organe exécutant reprenne les opérations de mise en place de ces démembrements en vue de trouver un consensus entre les acteurs et participe pleinement à l’organisation d’une élection qui ne sera pas contestée à la fin », explique Origine Bekoundi, secrétaire général de l’ONE.

En 2015, le premier tour des élections législatives avait dû être annulé. Plus de 200 000 procès-verbaux avaient été considérés comme inexploitables.

 François Bozizé, toujours populaire en son pays

L’ancien chef d’État François Bozizé est sorti pour la première fois de Bangui depuis son retour d’exil en fin d’année. Il a choisi Bouar pour son déplacement où il y a tenu un meeting. Dans son fief historique à Bossangoa, l’ancien président originaire de la région y est toujours très apprécié notamment par les jeunes qui aimeraient sa visite.

Parfait est un jeune étudiant, il flâne au marché, il apprécie beaucoup François Bozizé. « Bozizé c’est notre ancien président. On ne sait pas s’il va se présenter aux élections ou pas. Mais Bozizé c’est notre président qu’on aime beaucoup parce qu’il fait ce qui est bon pour nous les Centrafricains. Bozizé est un président qui va sortir la RCA de la crise. Bozizé était notre président, on l’aime beaucoup. Il faudrait qu’il vienne à Bossangoa pour qu’on le voit, est-ce qu’il est en bonne santé, en bon état, en forme, c’est ça qu’on veut savoir. Mais depuis il est à Bangui on ne le voit pas. »

Lorsqu’on rappelle la prise de pouvoir par la force et la crise qui a éclaté pendant sa présidence, beaucoup balayent ces arguments comme Cédric : « Je suis content, c’est un ancien président qui a dirigé le pays pendant dix ans et il a bien fait. Donc c’est bien. »

La crise sous Bozizé, il l’élude : « Lorsque Bozizé était président, il y avait la paix. Nous n’avions pas de problèmes. On va où l’on veut, et puis on marche sans problème, on fait notre business, on va à l’école, très bien. Mais vous voyez actuellement dans les arrières-pays il n’y a pas des élèves qui vont à l’école. Il y a trop de problèmes en RCA. Donc on veut le Bozizé pour postuler à l’élection. »

Une dame à côté de nous vend du café. Elle est plus nuancée, et s’interroge sur les motivations de l’ancien président.

RFI

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