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Les raisons du port obligatoire de tenue pour les douaniers, selon l’END

« Divers bruits nous sont parvenus, répercutés par des échos variés, concernant un projet de création d’un nouvel uniforme pour les agents des bureaux. Nous imaginons volontiers les difficultés que présente la mise au point pratique de cette tenue.

    Etant les principaux intéressés par cette réforme, nous voudrions apporter quelques suggestions qui permettront peut-être de la mener à bien.

    Certains esprits mal intentionnés semblent ne pas percevoir l’intérêt qu’il peut y avoir à doter les inspecteurs des Douanes d’un uniforme quelconque ; ils font valoir que la militarisation du corps des douanes, imposée pour des raisons historiques, a depuis longtemps perdu toute signification ; que d’autre part, puisqu’en d’autres domaines la politique de l’Administration semble être l’alignement sur « ce qui se fait à la D.G.I. », on pourrait avantageusement pratiquer cet alignement dans ce domaine particulier.

    Il est bien évident, pour nous, que l’uniforme ne peut présenter que des avantages :

    A l’E.N.D., il nous paraît s’imposer pour deux raisons essentielles :

    Tout d’abord son port est d’une urgente nécessité pour les inspecteurs élèves qui semblent quelque peu perdus au milieu de la masse des auditeurs dont il peut être utile de les différencier au premier coup d’œil de même que l’on identifie rapidement les chefs de station du métro noyés dans la foule aux heures d’affluence.

    D’autre part, pour obtenir une homogénéité plus grande des sessions, il paraît opportun d’obliger les inspecteurs-élèves qui n’ont pas été recrutés en qualité de brigadiers-chefs à s’habiller comme la majorité de leurs camarades.

    Cette uniformisation aura pour conséquences non négligeable de permettre l’organisation de petites cérémonies de type militaire que tous, nous en sommes convaincus, apprécient à leur juste valeur.

    Une fois sortis de l’école, les inspecteurs sont « au service de l’économie » ; il est bon, croyons-nous, que l’homme de la rue puisse les reconnaître facilement comme tels, au même titre que les employés du Gaz de France, les contrôleurs du métro et les autres auxiliaires non moins utiles de cette économie nationale. L’uniforme ne peut que rehausser le prestige de notre collection : il est facile d’imaginer de quel œil admiratif les passants de la rue de Rivoli verront affluer aux heures d’ouverture des bureaux les rédacteurs de la D.G., et quelles réflexions flatteuses l’apparence martiale de ceux-ci ne manquera pas de susciter dans l’esprit des badauds ; ceux-ci iront peut-être jusqu’à imaginer un congrès de chefs de gare ou un symposium d’agents de la voirie municipale, à moins qu’ils ne pensent à une répétition du grand orchestre de l’Armée du salut.

    Dans le domaine de la collaboration avec les autres administrations, le port de l’uniforme permettra aux inspecteurs en poste dans les gares ou les aéroports d’apporter un concours efficace, soit qu’ils renseignent les voyageurs sur les heures de départ, soit qu’ils portent leurs bagages ; il conviendra dans ce dernier cas de régler la question des pourboires reçus, qui pourraient être assimilés aux rémunérations pour travail extra-légal.

    La nécessité de l’uniforme est donc démontrée ; mais quelle tenue retenir ? Différentes options se présentent, entre lesquelles il est urgent de choisir.

    I – Couleur de l’uniforme

    – La couleur verte serait d’un effet psychologique désastreux, il nous semble inutile de démontrer les motifs qui nous la font rejeter, de même que le mouchetage de type « léopard » (qui aurait pu cependant être retenu pour les enquêteurs du SNED).

    – Le blanc assez séduisant de prime abord, eu égard à la vocation méridionale de beaucoup, semble difficile à retenir pour des raisons essentiellement budgétaires : le choix d’une telle couleur entraînerait en effet soit le versement d’une indemnité de blanchissage soit une allocation de produits détersifs, ce à quoi la division A pourrait ne pas être favorable. Si cependant cette solution était retenue, il importerait que les parties les plus salissantes de l’uniforme (coudes, fond de pantalon) fussent doublées de noir.

    – Si l’on écarte les formules bigarrées, du type habit d’arlequin ou tenue de Général Sud-Américain, il semble que l’on n’ait plus le choix qu’entre des couleurs sombres analogues à celles qui ont été retenues pour les préposés des P et T, les agents de la circulation, les employés des pompes funèbres ou les huissiers du Ministère des Finances.

    II – Coupe de l’uniforme

    Si la cotte à bretelles (appelée aussi bleu de chauffe), même de bonne coupe, semble difficile à imposer au service, de même la jaquette avec ou sans gibus est à écarter. Il serait en effet inopportun de donner une coloration politique, quelle qu’elle soit, à cette modification de l’uniforme.

    Il nous est difficile de proposer une solution dans laquelle seraient harmonieusement fondus ces deux impératifs qui nous semblent inconciliables : le port d’un uniforme qui n’ait pas de caractère militaire. Un rapide sondage parmi nos adhérents a permis de dégager une importante majorité en faveur d’une tenue du type « Costume de ville », mais des divergences importantes sont apparues dans l’interprétation donnée à ce terme, certains préférant le complet croisé avec gilet, d’autres le costume droit, tous insistant cependant sur la nécessité de laisser chacun libre de la matière, de la couleur et de la coupe de l’uniforme. Cette exigence nous paraissant incompatible avec l’étymologie nous estimons qu’il serait possible de rapprocher sensiblement les points de vue opposés en retenant un modèle de complet type « orphelinat » (veste croisée à boutons dorés, culotte courte et bas noirs).

    III – Attributs

    Nous rangeons sous cette rubrique les divers signes distinctifs, ornements, galons, pendentifs, breloques, amulettes, cors de chasse avec ou sans grenades et autres gris-gris

    La position prise par notre association sur un problème plus sérieux nous conduit à écarter résolument tout ce qui pourrait ressembler à un signe distinctif de caractère militaire tel que galon, sardine, chevron ou barrette.

    Il semble que l’on puisse s’orienter vers une formule plus souple de type de celle qui avait été retenue pour les mandarins que l’on distinguait à la matière du bouton qui ornait leur couvre-chef. Ce qui permettrait d’établir une hiérarchie ainsi constituée :

    • mandarin à bouton de diamant     :     Directeur général
    • mandarin à bouton de jade     :    Administrateur civil
    • mandarin à bouton de corail     :     Directeur régional

etc pour en arriver aux mandarins à bouton de verre à vitre au bas de la hiérarchie.

    La grave question des ornements (de coiffure, de col etc…) n’a pas, à notre connaissance, été définitivement réglée. Si le principe de la feuille dorée a été retenu, des questions d’ordre botanique restent en suspens. Il nous paraît important qu’apparaisse sur l’uniforme au moins une feuille de vigne bien placée, qui aurait pour vocation de rappeler la vocation œnophile de la douane. Pour le reste il sera facile de choisir entre les divers légumes celui qui paraîtra le plus adéquat ; il semble toutefois qu’il faille éviter la feuille de chêne qui, tout bien considéré, pourrait nous donner l’air un peu gland ; en revanche quelques feuilles de nénuphar pourraient constituer un élément décoratif agréable à l’œil.

    IV – C’est, croyons-nous, dans le domaine de la coiffure qu’il sera le plus difficile d’éviter l’obstacle majeur de la militarisation. Si l’on écarte en effet les couvre-chefs qui furent dans le passé ou qui demeurent réservés aux militaires, tels que les bicornes, bonnets à poil, képis, bourguignottes, casques à pointe, calots, chéchias, casquettes rigides, casoars ou salades, il ne reste à choisir qu’entre les rares modèles de type civil ; une fois éliminées les coiffures incommodes, démodées ou de caractère sportif on ne peut plus retenir que le feutre à bords roulés ou le chapeau tyrolien. C’est là une très délicate question de goût personnel et de morphologie crânienne, et nous ne nous sentons pas qualifiés pour trancher.

    Espérant que ces quelques remarques permettront une décision qui satisfasse l’ensemble des personnels intéressés nous maintenons cette rubrique ouverte à tous ceux qui voudraient nous faire part de leur opinion. »

Xavier RAUCH

 

 

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