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Touadéra et sa délégation déclarés « personae non gratae » à Dubaï  

Comme il en a toujours fait la démonstration, depuis son arrivée par effraction aux commandes de la gestion des affaires de la cité, le président Touadéra et toute la délégation qui l’accompagnait viennent une nouvelle fois de faire humilier la République et couvrir de la honte la plus abominable et la plus puante le peuple centrafricain, à la face de la communauté internationale, aux yeux des diplomates des grandes chancelleries occidentales et dans le concert des nations et des peuples civilisés du monde.

Pour  avoir été, d’abord, bloqués ,lui et toute sa suite, à l’aéroport international de Dubaï, et ensuite, contraints de réembarquer dare – dare, comme s’ils étaient des terroristes extrêmement dangereux, à bord d’un autre vol à destination d’Anvers, il aura ainsi sacrifié et souillé à jamais  l’image, l’honneur et la dignité de l’Etat centrafricain sur l’autel de ses bas intérêts, de sa propension inouie à la cupidité et de la jouissance de l’autorité à lui confiée par son peuple dans les urnes à des fins manifestement minables, personnelles, éhontées et matérialistes. De quoi s’agit – il exactement ?

Sous de fortes tensions de trésorerie, dues essentiellement à la rareté des ressources propres et au refus catégorique des partenaires financiers traditionnels de la République centrafricaine de mettre la main à la poche, en réponse  à des actes de graves irrégularités et à des pratiques de syphonnages des crédits de l’Etat, de corruption, de détournements et de gestion opaque des aides extérieures, constatées lors des dernières missions, d’une part, et acculé, d’autre part, sur le plan interne par des revendications d’ordre social émanant, dans un premier temps, des différentes organisations syndicales des fonctionnaires et agents de l’Etat et des retraités, réclamant le versement de la totalité de leurs arriérés de salaires dont l’enveloppe avait déjà été allouée dans le cadre du IVème revue du FMI,  et dans un deuxième temps, en provenance des enseignants – vacataires, des étudiants boursiers et des demandeurs d’emploi, en sa qualité de chef de l’exécutif, l’homme a été forcé d’aller frapper aux portes des Emirats Arabes Unis afin d’y disposer de nouveaux et importants appuis financiers en vue de juguler un tant soit peu le gap budgétaire qui s’élève à plus de 50 milliards de Fcfa et d’affecter une partie au financement des élections. Histoire aussi d’y rencontrer de nouveaux partenaires financiers et de trafiquants d’armes, de diamants et d’or, afin d’écouler ses pactoles de pierres précieuses et d’engranger de généreuses rétro – commissions, en contrepartie de signature de plusieurs contrats miniers à durée emphytéotique.

Ces contacts ont été facilités par d’autres intermédiaires, notamment Dimitri Mozer. Consul honoraire de la Centrafrique en Wallonie et patron d’une société spécialisée dans le déménagement d’entreprises, sise près de Liège, ce Belgo-Russe qui est dans le secret de toutes les missions du président centrafricain en Europe, a été l’un des artisans de son  rapprochement avec la Russie de Poutine en 2017 et les mercenaires du Groupe Wagner. Comme il avait joué le rôle de grand chambellan, lors de la rencontre citoyenne de Lyon, dépossédant notre représentation diplomatique en France de ses fonctions régaliennes, et méprisant insolemment le ministre des affaires étrangères Sylvie Baïpo Témon, c’est à lui qu’il a été entièrement confié toute l’organisation du séjour de Touadéra dans cette pétromonarchie du golfe.

C’est donc sur ses précieux conseils, après avoir mis à profit, sous des dehors de voyage d’affaires et de rencontres avec des industriels, son séjour dans la région bruxelloise pour écouler ses diamants et  tenter de trouver de solutions idoines aux causes de l’internement de son fils et à  la question de la présence, critiquée par les médias, à Bangui des mercenaires belges, que le mathématicien de Boy – Rabé s’est envolé à destination de Dubaï, le dimanche 23 février 2020. Fort étonnement, cette mission qui devait prendre fin le 27 février 2020 n’aura duré que quelques heures, l’homme et toute sa délégation n’ayant pas été autorisés à sortir de l’aéroport et obligés  par la suite, comme de pauvres malfrats, à réembarquer à destination de la ville d’Anvers d’où ils étaient partis. Pourquoi un traitement si déshonorant, si humiliant et si indigne, réservé à un chef d’état en fonctions et tous ses collaborateurs sur un territoire étranger ?

Presque mis en quarantaine par tous ses pairs, lors du 33ème sommet de l’UA d’Addis – Abéba, du fait de son éternelle et fatigante politique de roublardise et du non – respect systématique de ses engagements solennellement pris, et jugé infréquentable par l’ensemble des grandes puissances occidentales dans les grands fora, l’homme et ceux qui l’accompagnaient dans cette mission de villégiature n’étaient pas, en réalité, les bienvenus aux Emirats Arabes Unis. Informés de ses multiples cas avérés d’indélicatesses, d’Israël à Angola en passant par la Guinée – Equatoriale, de ses accointances avec des milieux mafieux et de la situation d’insolvabilité financière dans laquelle il a fait plonger son pays, les autorités légales des Emirats Arabes Unis lui ont diplomatiquement interdit de séjourner dans leur pays. Comme s’ils étaient en provenance d’un pays où sévit l’infection au Covid – 19, elles les ont déclarés « personae non gratae » et mis en quarantaine à l’aéroport jusqu’à ce qu’ils fussent embarqués dans un avion. Et c’est malheureusement ce que Touadéra et les siens ont connu et vécu ce dimanche noir, leurs petits intermédiaires locaux n’ayant aucun pouvoir et de ce fait ne pouvant leur être d’aucun secours, selon des indiscrétions d’un membre de la délégation à l’un de ses proches  dès leur retour à Anvers. Quel déshonneur ! Quelle humiliation ! Quelle indignité !

Ainsi donc, à cause de ses si laids et ignobles intérêts matériels, de ses petites ambitions, de ses convoitises effrénées et de l’instrumentalisation de ses prérogatives de garant de la République à des fins personnelles, égoïstes et partisanes, le président Touadéra vient une fois de plus de plonger, sur la scène internationale, la dignité de tout un peuple dans la boue et les eaux nauséabondes et puantes du déshonneur, de la honte la plus abjecte et de l’indignité. Mais quelles nombreuses tâches abominables de souillure ineffaçable à jamais sur la joue de la République et du peuple centrafricaine, depuis le 30 mars 2016 à ce jour, sous sa gouvernance  ! Et pourtant, ce crime de haute trahison pouvait très bien être évité, pour peu que l’homme ait conscience de ses responsabilités, respecte les lois et règlements de l’Etat et refuse de mépriser les institutions républicaines.

En effet, dans tous les Etats du monde dignes de ce nom, aucun président de la République ne peut effectuer des missions de ce genre, par pur aventurisme et pilotage à vue, au gré de ses humeurs et selon ses besoins du moment, sans qu’elles n’aient été préalablement prévues, en tenant compte des intérêts politiques et socio – économiques des peuples en présence, inscrites dans la loi des finances et les montants des dépenses y relatives arrêtés, d’un commun accord avec les services du ministère des affaires étrangères et les différents postes de représentations diplomatiques et consulaires.

Telles que décrites ci – dessus, ces dispositions purement techniques, administratives et budgétaires qui interviennent dans le cadre normal et traditionnel de fonctionnement des institutions précitées, ont non seulement le mérite d’éviter tout désagrément et tout incident déshonorant tel que Touadéra et les siens ont vécu à leurs dépens à Dubaï, complètement assommés, penauds et abasourdis, tout en jetant au passage du discrédit sur le peuple centrafricain, mais surtout d’instruire les directions de protocole d’Etat de travailler à ces sujets avec leurs collègues des pays hôtes. Si ces us et pratiques diplomatiques avaient été scrupuleusement observés, ces boules puantes qui leur ont été copieusement servies à leur descente d’avion, suivi du traitement assez trop particulier à eux réservés, n’auraient jamais dû être admises voire possibles.

Malheureusement, tel n’a pas été le cas. Comme à Lyon, le mathématicien de Boy – Rabé a préféré faire entière confiance à M. Dimitri Mozer, son grand chambellan, et écarter des préparatifs de cette mission notre chargé d’affaires à Doha au Qatar avec juridiction sur les Emirats Arabes Unis, notamment à Dubaï. De ce fait, il ne fait aucun doute que la qualité « bien trop exceptionnelle » de l’accueil qui lui a été réservée, n’aura été que la résultante de son insolent mépris de nos institutions nationales et de sa volonté manifeste de cacher l’objet de cette mission à ses plus proches collaborateurs, pourtant assurée sur les frais de la princesse, et de mener des activités véritablement douteuses, au nom de l’Etat centrafricain et sur le dos de son peuple.

Par conséquent, la vérité que nous devrons crier à sa figure et toute notre véhémente indignation, n’en déplaise aux thuriféraires du régime et à leurs laudateurs, quoique cela ne puisse nous coûter, c’est que n’étant jamais soigneusement préparé  à devenir un homme d’Etat, n’ayant aucune vision et aucun projet de société financièrement bancable pour son pays et son peuple, et de surcroît naturellement fourbe, cupide, lâche, aimant plus les choses charnelles que les œuvres de l’esprit, et outrancièrement opportuniste, il ne pouvait et ne peut que, tout au long de son règne, marqué par des litanies de malheurs, de morts, de martyrs, de pleurs et d’interminables deuils, user du pouvoir que le peuple lui a confié dans les urnes pour de folles courses aux honneurs éphémères et la gloire terrestre et mortelle. Et en agissant de la sorte, il ne peut que faire indéfiniment humilier la République et couvrir de honte la plus indigne tout son peuple dans la caravane humaine du progrès.

C’est très triste et très malheureux pour un professeur de mathématiques !

Jean – Paul Naïba

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