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CENTRAFRIQUE: CATASTROPHE DE NOMINATIONS DANS LES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES: LE PRÉSIDENT TOUADÉRA NOMME DES DÉPUTÉS CONSEILLERS MUNICIPAUX ET RESSUSCITE DES MORTS PAR DÉCRET POUR DIRIGER DES COMMUNES ET MAIRIES

CENTRAFRIQUE: CATASTROPHE DE NOMINATIONS DANS LES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES: LE PRÉSIDENT TOUADÉRA NOMME DES DÉPUTÉS CONSEILLERS MUNICIPAUX ET RESSUSCITE DES MORTS PAR DÉCRET POUR DIRIGER DES COMMUNES ET MAIRIES
Par Mesmin Madidé-Aladila

Avec l’irresponsabilité légendaire des princes qui nous gouvernent, tout est possible en Centrafrique. Le diacre Touadéra ne ferait pas mieux que Jésus-Christ en ressuscitant les morts qu’il nomme par décret pour diriger les communes des provinces, à la grande surprise des parents des défunts.
C’est ainsi par exemple que dans la commune de Guézéli, la principale zone minière de la sous-préfecture de Yaloké dans l’Ombella Mpoko, ce sont les morts qui ont été nommés à la Délégation Spéciale. Et voici leurs noms:
-Maurice Pathé, du village Dawili, décédé en septembre 2019, est nommé Président de la Délégation spéciale (adjoint au maire);
-Faustin Toranga, du village Boya, décédé en juin 2019, est nommé 2è vice-président de la délégation spéciale ou maire;
-M. Jean Kpom alias Cascadeur, du village Gaga, décédé vers fin 2019, nommé conseiller municipal, membre de la délégation spéciale.
Dans la commune d’élevage de Niem Yélowa dépendante de la sous-préfecture de Bouar, l’ancien maire Aladji Séni Bi-Amadou, décédé en 2019 (et parent de l’actuel ministre délégué à l’Administration du territoire), vient d’être nommé 2è adjoint au maire de ladite commune.
C’est le même cas dans la commune de la Moyenne Sido à Kabo, ou l’ancien maire décédé il y a longtemps vient d’être nommé dans la nouvelle délégation spéciale.
Imaginons la colère des parents des défunts qui voient en ces nominations une manière de se moquer de leurs chers disparuss.
Selon les informations en notre possession, les personnes nommées sont celles dont les propositions ont été faites depuis 2016 et certains depuis la période de transition de 2013-2016 pour le mouvement général des maires et conseillers municipaux. Malheureusement, les ministres en charge de l’Administration du territoire et leurs proches collaborateurs de l’Administration centrale et des préfectures, ont manqué à leurs obligations professionnelles et au principe de précaution qui leur commandaient de procéder à la vérification au préalable de l’existence et du statut des personnes proposées. C’est ainsi qu’ils ont nommé les morts pour diriger les vivants dans les communes.
C’est ainsi aussi qu’ils ont nommé le député Jean-Claude Ngonga, de la circonscription de M’Baïki 4, comme membre de la délégation spéciale (conseiller municipal) de la commune de Nola à Boukoko, dans la sous-préfecture de M’Baïki, tout comme le député Aubin Amasséka-Amadou, de Bambari 2, est nommé conseiller municipal à Bambari, en violation du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs.
Mais l’erreur ne s’arrête pas seulement à ce niveau. M. Ludovic Assana Yémbinalè est nommé à deux postes de responsabilité différents: Secrétaire général de la préfecture de la Haute-Kotto et sous-préfet de Dédé-Mokouba, dans la Mambéré-Kadéï. Le même jour !
Dans la commune d’élevage d’Ouro-Djafoum située dans la sous-préfecture de Bambari sur l’axe Ippy, le nom d’une personne revient deux (2) fois sur le décret de nomination: Idriss Maloum est à la fois président et membre de la délégation spéciale auprès de ladite commune.
M. Bindo Ibrahim est nommé sous-préfet de Koui puis 1er adjoint au maire de la commune de Koui, le même jour du 19 février 2020. Du n’importe quoi !
Cela montre que nos dirigeants n’ont pas la tête sur les épaules. Et dans les pays qui se respectent, une série de décrets devait tomber pour limoger les ministres, leurs proches collaborateurs et les préfets qui ont fait perdre la valeur des décrets et le sens de l’Etat en nommant des morts à des postes de responsabilités publique. Mais puisque la RCA est le «Merveilleux pays des paradoxes et des records négatifs », comme aimait à le dire de son vivant Me Zarambaud Asingambi, on fait avec.
Pour mémoire et afin que nul n’en personne n’ignore, voici la liste des personnes nommées aux postes de préfet, sous-préfet, et secrétaire général des préfectures.
Mesmin Madidé-Aladila
Source: MEDIAS+

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