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Centrafrique : le dernier ultimatum de l’UA à Touadéra

Bientôt un dialogue politique inclusif inter – centrafricain, la preuve par un solennel discours ? Alors que la majorité des centrafricains et une grande partie de la classe politique doutent encore très fortement que cette priorité des priorités pour le retour définitive de la paix en Centrafrique ne soit inscrite dans l’urgence de l’heure du régime de Bangui, avant la tenue des prochaines échéances électorales de 2020 et 2021, le président Touadéra, quant à lui, a parfaitement conscience qu’il ne saurait désormais en être autrement, a – t – on appris de sources diplomatiques.

Comme il fallait s’y attendre, une fois de plus à Addis – Abéba, comme à Paris, Brazzaville et à Bangui, lors des multiples visites à lui rendues par les ambassadeurs de l’UA et de la CEEAC, au lendemain du retour inopiné de l’ancien président François Bozizé,  il lui a été très fermement rappelé dans les oreilles l’impérieuse obligation de convoquer une rencontre avec toutes les forces vives de la nation, dans les meilleurs délais.

Ces sources ont affirmé et soutenu que l’homme est tenu, non plus par l’obligation de moyens mais plutôt par celle de résultats, afin de mettre un terme au climat délétère, du fait de l’insécurité généralisée, qui règne dans le pays, d’une part, et de réunir toutes les conditions préalables, de manière consensuelle et pacifique, à l’organisation des élections véritablement démocratiques, libres, inclusives, transparentes, incontestables et incontestées, d’autre part. Tels ont été les principaux points à l’ordre des audiences qu’il a eues respectivement, au siège de l’UA, avec Antonio Guterres de l’Onu, Boubacar Kéita du Mali dont le pays est confronté à une même crise sécuritaire que la République centrafricaine, Obiang Nguéma de la Guinée Equatoriale, Sassou Nguesso du Congo, sans oublier le président du conseil européen Charles Michel.

C’est donc sous de fortes pressions et en réponse à ces injonctions que l’homme a prononcé son discours de circonstance dont les termes sont à la hauteur d’une réaction tant attendue à un ultimatum, et la gorge nouée par un certain trouble de conscience, et dont la substance est résumée ainsi qu’il suit :

« Je prends la parole pour saluer l’excellente qualité du travail accompli par le Conseil de Paix et de Sécurité sur l’état de la paix et de la sécurité dans notre continent. La République Centrafricaine adhère aux grandes orientations stratégiques édictées par le Comité Technique Spécialisé sur la Défense, la Sûreté et la Sécurité, lesquelles visent à « faire taire les armes en Afrique à l’horizon 2020 ». J’exprime mon indéfectible adhésion à toutes les démarches relatives à la création des conditions propices au développement durable, à la promotion d’un dialogue politique inclusif pour le règlement des différends par le biais de mécanismes de l’Union Africaine sur la médiation, la politique de bon voisinage, la réconciliation et le règlement pacifique des différends, prévus dans le cadre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité. La RCA qui a toujours bénéficié de la sollicitude de l’Union Africaine, ne ménagera aucun effort pour apporter son soutien à l’adoption de la doctrine de l’Union Africaine sur les opérations de soutien à la paix, pour la mise en place de la Force Africaine en attente, et pour l’adoption de la politique de l’Union Africaine sur la gestion des armes légères et de petit calibre. Il y va de la sécurité et de la paix dans notre continent, aujourd’hui confronté au terrorisme, à la radicalisation et à l’extrémisme violent. Je formule le vœu que notre Institution continentale s’investisse efficacement dans la réalisation des immenses chantiers annoncés tout en restant particulièrement attentive à la situation de la RCA ».

Tiendra – t – il enfin parole, après plusieurs tergiversations et engagements pris devant témoins mais jamais tenus ? Que projette – t – il faire après les audiences accordées au putschiste de la Séléka Michel Djotodia, à l’ancien président François Bozizé, à l’ancien chef d’Etat de la transition Cathérine Samba – Panza, à l’ancien président du CNT Alexandre Ferdinand Nguendet et à certains ex-premiers ministres, à l’exception de Jean – Pierre LeBouder et Edouard Franck ? Cette politique d’ouverture sera – t – elle à la fin étendue à toutes les forces vives de la nation afin que les armes puissent se taire sur toute l’étendue du territoire national, comme l’a vivement souhaité l’UA au point où elle en a fait le thème de ce sommet, et que les prochaines élections soient organisées dans un environnement de paix retrouvée et de concorde nationale ?

Rien n’est moins sûr, car pour le mathématicien de Boy – Rabé, aller vers un dialogue politique inclusif, c’est accepter indubitablement que les « ennemis de la République » une transition politique. Et le faire, c’est prendre tout aussi le gros risque de se laisser dépouiller de toutes ses prérogatives, comme le président Kolingba en 1993, et d’être battu dans les urnes.

Jean – Paul Naïba

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