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Forum Africa Development For Bangui : Quand une brave femme a dû intervenir pour sauver les meubles à Abidjan

Annoncé depuis plusieurs semaines, le lancement  du Forum Africa Development For Bangui a eu lieu ce samedi 25 janvier 2020 au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan. Cette cérémonie a enregistrée la présence de plusieurs personnalités politiques de la Côte d’Ivoire, de la Centrafrique et de nombreux investisseurs  venus  d’Afrique,  d’Europe et d’Asie, pouvait – on lire dans les colonnes du site afriquematin.net.

 Et ce journal de poursuivre en ces termes : « La République Centrafricaine abritera, au mois de  mai 2020, un important évènement. Il s’agit du forum pour la promotion de l’investissement dénommé « Forum for Africa Development 2020 ». Ce Forum se tiendra à Bangui, sous le parrainage du Président Faustin-Archange Touadéra.

Le développement économique et social d’un pays implique la mise en place d’infrastructures modernes dans tous les secteurs économiques. Conscients de ce fait, les autorités centrafricaines, avec à leur tête le président Faustin-Archange Touadéra, ont décidé de promouvoir l’investissement en vue de la relance économique post-crise. Ainsi, Bangui accueillera, dans quelques mois, des hommes d’affaires, des investisseurs qui viendront de divers horizons pour le  développement de la République Centrafricaine.

En prélude à ces assises, William Bogui, opérateur économique ivoirien et  grand artisan de cet important rendez-vous du donner et du recevoir, donne quelques grandes lignes.

« La République Centrafricaine   regorge   beaucoup de potentialités et d’opportunités dans tous les domaines. Bangui est une ville en pleine mutation infrastructurelle, et c’est l’occasion choisie de faire connaitre et faire découvrir ce pays à des investisseurs.  Plusieurs objectifs  sous-tendent ce grand rendez-vous que nous organisons au mois de mars 2020. Nous voulons faire comprendre que  le pays est attractif en termes d’investissements, faire connaitre les ambitions affichées par les gouvernants et amener les populations à croire en l’émergence de leur pays. Vous êtes sans savoir que la Centrafrique sort d’une crise militaro-socio-politique. Pour atteindre l’émergence, il est important de redonner de la vie, de la confiance à ce peuple. Ce qui nous a amenés à choisir le thème « Investir dans les objectifs du développement durable », explique-t-il.

A cette rencontre d’affaires, sont attendus plusieurs participants qui viendront des cinq continents du globe. « Forum for Africa Development 2020 » sera l’occasion pour  des décideurs, des investisseurs et autres hommes d’affaires d’apporter leur expertise, voire leur soutien au développement de la Centrafrique », a conclu William Bogui. »

Finalement, ce fameux Forum s’est tenu, sans la participation du président Touadéra et des personnalités marquantes du monde de l’économie mondiale, fort contrairement à ce qui a été largement diffusé. Dans la soirée, un diner gala , au palais des congrès du Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody, au cours duquel un appel aux dons a été lancé, a  permis de clore la cérémonie de lancement de ce forum qui permettra à terme de booster la dynamique de l’économie centrafricaine selon le cahier de charge de ses autorités,  avec à leur tête, le président Faustin Archange Touadéra.

En réalité, ce machin au cours duquel un appel à la charité a été curieusement fait, mais dont l’organisation a sèchement appauvri la caisse de l’Etat, en termes de frais de missions, de titres de transports et de rémunérations fixées de gré à gré et dues au consultant ivoirien pour ses différentes prestations, pour aucun résultat probant, aura été le fruit d’une rencontre entre Rameaux Claude Bireau, ministre-conseiller en matière  économique, et Gilbert Poumangué, ministre -conseiller des relations avec les institutions de financement du développement du président Touadéra, d’une part, et un certain Bogui Hodjo William, commissaire – général du FAD, d’autre part.

De nationalité ivoirienne, comme nous l’avons mentionné un peu plus haut, le partenaire de nos deux ministres – conseillers est responsable d’une entreprise de communication dénommée « Faucon Communication » et assume apparemment les fonctions de directeur de publication du mensuel panafricain « Africa Development » qui traite tous les mois des informations politiques, économiques, de santé et de l’environnement. A ce titre, il a réussi à tisser des relations d’affaires avec certains chefs d’état et décideurs économiques du continent, entre autres un certain Nkurunziza du Burundi, tels que nous pouvons le constater aisément sur sa page Facebook où n’apparaît aucune publication sérieuse, si ce ne sont que des images de lui et de ses amis.

Au fond, selon nos sources, Bogui Hodjo William n’est rien d’autre qu’un vrai brouteur. Un brouteur ? Comme l’a si bien défini Wiképédia, il est l’un de ces arnaqueurs qui opèrent sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux. Leur technique consiste à séduire leurs victimes pour leur extorquer de l’argent, parfois même à les convaincre de se déshabiller devant une webcam puis de les faire chanter en menaçant de diffuser la vidéo. Le terme de brouteur provient de Côte d’Ivoire« en référence au mouton, qui se nourrit sans effort ». Comment a – t – il réussi à rentrer en contact avec nos deux ministres – conseillers ? Par l’entremise du ministre – conseiller Gilbert Poumangué qui serait passé par l’Université Félix-Houphouët-Boigny où avaient été formés, dans les années 70 et 80, nos économistes ?

 Nos sources l’ignorent mais soutiennent qu’une fois ses hôtes débarqués à Abidjan le 20 janvier 2020, et après les premiers exercices médiatiques face à la presse et la présentation du but de leur mission, notamment lors de cette conférence de presse dont la bande sonore laisse à désirer, comme si l’enregistrement avait été fait dans un milieu mouvementé et non loin d’une table garnie de bouteilles, et au cours de laquelle Gilbert Poumangué a déclaré que  « ces projets prioritaires découlent d’un plan de relèvement et de consolidation de la paix dont le montant est compris entre 12 000 milliards et 30 000 milliards de FCFA », le consultant a affiché, pendant une réunion de briefing, un comportement manifestement irrespectueux et insolent à l’égard de la délégation des ministres et des membres de la mission précurseur, sans que Bireau et Poumangué,  c’est – à – dire ses partenaires et interlocuteurs privilégiés, ne puissent réagir pour le ramener à plus de sagesse, de raison et de politesse. Au grand dam de la diaspora centrafricaine qui était pourtant disposée et disponible, mais qui a été soigneusement mise à l’écart, comme si on voulait lui cacher bien des choses.

Il a finalement été rappelé à l’ordre par les autorités ivoiriennes, suite à une réaction prompte, responsable et courtoise de notre ambassadeur en Côte d’Ivoire, une brave femme centrafricaine de la trempe de feue Ruth Roland, qui n’avait pas hésité un seul instant à saisir la chancellerie, à ce propos. Pis, pendant les échanges, un chef d’entreprise est allé jusqu’à frapper du poing sur la table devant la délégation centrafricaine, pour lui lâcher en pleine figure ces mots : « Vous vous plaisez à vous insulter, à faire des bras de fer sans pour autant penser à bâtir votre pays comme un seul homme ».

C’est de ce fait et informé de ce qui s’est passé et de l’environnement malsain qui s’est installé entre les organisateurs de ce Forum que le président Touadéra n’a pas jugé utile d’effectuer le déplacement d’Abidjan du 23 janvier 2020, histoire d’éviter une grosse honte et un grand déshonneur. C’est aussi pourquoi les premiers concernés, à savoir les ministres – conseillers Bireau et Poumangué, d’une part, et les autres membres de la délégation, en l’occurrence Mboli Fatrane, Taïb, et Dokoula pour ne citer que ceux – là, d’autre part, sont rentrés au pays, leur queue entre les jambes, couverts de honte et sans avoir le courage politique de rendre compte au grand public, au nom des valeurs de la transparence et de la bonne gouvernance, de ce qui s’est effectivement passé à Abidjan, à quoi a servi l’argent du peuple centrafricain extrait de la caisse du trésor public pour rendre possible cette mission et quels en sont les résultats.

En conclusion, voilà encore un autre scandale au plus haut sommet de l’Etat dont sont impliqués des proches collaborateurs du président de la République. Une affaire d’escroquerie d’Etat, en bref. Malheureusement, le comble de l’escroquerie, c’est quand les escrocs continuent à escroquer tout un peuple chaque jour, font semblant de chercher des solutions, mettent l’argent de la communauté internationale dans leur poche, et restent à leur poste en feignant de travailler.

Comment peut – on organiser un forum économique en faveur d’un pays non pas  post-conflit mais « in conflicts » et dans un pays où sévit l’insécurité, où plus de 85% du territoire sont sous contrôle des groupes armés qui règnent en maîtres, où l’Etat a disparu dans les préfectures, les sous – préfectures, les communes et les villages, où les institutions en charge de la sécurité et de la sûreté nationales et l’administration n’existent plus que de noms, où le droit d’aller et venir n’est qu’une route ou un sentier qui conduit à la morgue, où plus d’un tiers de la population est contraint à l’exil tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, où la justice est caporalisée par les pouvoirs publics, et où l’environnement des affaires est pollué par l’odeur puante de la corruption ?

MM. Poumangué et Bireau, aucun investisseur sérieux, guidé par la recherche du profit, ne peut s’aventurer dans un tel pays, si ce ne sont que des escrocs, des brouteurs, des contrebandiers et des trafiquants d’armes, d’or et de diamant.

Jean – Paul Naïba

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