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Centrafrique : le président Touadéra doit être arrêté et jugé

Encore des morts, plus d’une cinquantaine déjà au moment où nous mettons sous presse, des blessés et des milliers des personnes déplacées, à Bria, chef – lieu de la préfecture de la Haute Kotto, jadis capitale du diamant centrafricain.

De nouvelles violences qui ont éclaté, le samedi 25 janvier 2020, entre les éléments des deux groupes armés, suite à l’assassinat d’un gendarme du FPRC par des jeunes appartenant au MLCJ. De nouveaux affrontements qui viennent malheureusement s’ajouter à ceux toujours en cours entre les mêmes groupes à Birao, sur fond de tensions inter – communautaires, instrumentalisées, alimentées et financées régulièrement par le régime de Bangui, par l’entremise d’un certain Doumou Teya, leader du MLCJ et ministre – conseiller du premier ministre en charge des groupes armés, avec la bénédiction avérée de la Minusca.

Non seulement, et n’en déplaise à tous ceux qui ont fait de l’entretien ad aeternam vitam de la crise et du sang des centrafricains un véritable juteux business, ces sérieux accrochages sonnent, à n’en point douter, le glas de l’Accord de Paix de Khartoum du 6 février 2019, considéré comme un véritable acte de compromissions et d’abdication par toutes les forces vives de la nation, et vivement dénoncé par les différents signataires, il y a quelques jours, dans plusieurs communiqués, mais surtout remettent fondamentalement en cause la fameuse politique de la main tendue et du désarmement des cœurs, initiée par le mathématicien de Boy – Rabé, au lendemain de son accession par effraction à la magistrature suprême de l’Etat, le 30 mars 2016.

Après donc le massacre de Lémouna, Koundjili, Djoum – Djoum et de Bohong, le 28 mai 2019, d’une cinquantaine de personnes par les éléments des 3R sur instructions d’un certain Siddiki, celui qui prétend être le demi – frère du président Touadéra sans que ce dernier ne puisse avoir le courage politique d’ouvrir la bouche  pour démentir ces propos et le renier officiellement, les attaques des villes de Zémio, de Bambouti, de Mingala, d’Alindao, imputables aux hordes de pillards et d’égorgeurs à la solde du mercenaire nigérien Ali Darass, ministre – conseiller à la primature en charge de la sécurité de la région Centre – est, et les guerres fratricides et très meurtrières entre le FPRC de Noureidine Adam et le MLCJ de Doumou Téya en cours à Birao, les derniers combats  à Bria, avec des risques d’extension à Ndélé, chef – lieu de la Bamingui – Bangoran, démontrent tout bonnement de manière incontestable et incontestée les limites de son pacte avec les groupes armés, contre la protection de son peuple, pour un passage en force, lors des prochaines échéances électorales de 2020 et 2021, et l’incapacité notoire de celui qui s’est déclaré candidat des pauvres et qui est aujourd’hui désastreusement devenu leur principal bourreau, à défendre l’intégrité du territoire national, assurer la sécurité des biens et des personnes et à veiller à la préservation des intérêts fondamentaux de l’Etat.

Une incapacité chronique, maladive et criminelle, d’une part, et une incompétence manifestement notoire, à en croire que l’homme n’aurait pas appris et retenu grand – chose de son passage au rectorat et à la primature, d’autre part,  dont la parfaite et sublime  démonstration a été faite, lorsque, en dépit d’importants moyens financiers, extraits régulièrement de la caisse de l’Etat et de celles des sociétés d’Etat et mis à la disposition des institutions républicaines et nationales, chargées de la gestion des questions relevant de la sécurité, de la sûreté nationale et des renseignements généraux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, l’homme n’a pas pu prévenir l’arrivée et la présence sur le sol centrafricain de l’ancien chef d’état – major du président Patassé. Si ce dernier avait l’intention d’attenter à la stabilité des institutions nationales, légales et légitimes, il l’aurait fait et réussi toutes ses cibles  de manière chirurgicale et son coup in fine aurait été imparable, comme dirait Feu Thomas Sankara.

Au – delà de ces laideurs avérées, toutes ces interminables et longues violences, intervenant de manière rythmique depuis plus de trois ans, ne sont que la résultante directe de sa politique de franche collaboration avec les seigneurs de guerre, des mercenaires sans foi ni loi, des conquistadores en mal du territoire, de l’eau et de la terre fertile, des grands et sordides trafiquants d’armes et de diamants et des buveurs du sang et de la chair humaine à la solde du Lucifer. Elles révèlent et mettent clairement à nu la faillite d’un régime et la démission totale d’un gouvernement d’oligarques incompétents, cupides et médiocres de ses responsabilités consistant à recourir à l’usage légal et légitime de la force afin de restaurer l’ordre et la quiétude sur toute l’étendue du territoire.

Elles soulèvent, en outre, l’épineuse question de permanentes et flagrantes violations des dispositions de la constitution relatives à son serment, selon lesquelles il a juré « DEVANT DIEU ET DEVANT LA NATION D’OBSERVER SCRUPULEUSEMENT LA CONSTITUTION, DE GARANTIR L’INDEPENDANCE ET LA PERENNITE DE LA REPUBLIQUE, DE SAUVEGARDER L’INTEGRITE DU TERRITOIRE, DE PRESERVER LA PAIX, DE CONSOLIDER L’UNITE NATIONALE, D’ASSURER LE BIEN–ETRE DU PEUPLE CENTRAFRICAIN, DE REMPLIR CONSCIENCIEUSEMENT LES DEVOIRS DE SA CHARGE SANS AUCUNE CONSIDERATION D’ORDRE ETHNIQUE, REGIONAL OU CONFESSIONNEL, DE NE JAMAIS EXERCER LES POUVOIRS QUI LUI SONT DEVOLUS PAR LA CONSTITUTION A DES FINS PERSONNELLES ET DE N’ETRE GUIDE EN TOUT QUE PAR L’INTERET NATIONAL ET LA DIGNITE DU PEUPLE CENTRAFRICAIN ». S’ajoute à cela son refus catégorique d’assumer les devoirs de sa charge présidentielle, relatifs à ses fonctions de chef suprême des armées, définis et consacrés par les dispositions de l’article 33.

Fort de tout ce qui précède, le président Touadéra est passible de crimes de haute trahison, conformément aux dispositions de l’article 124 et doit être mis en accusation par l’assemblée nationale et traduit devant la haute cour de justice. Devant la gravité de la situation, et ce, pour contourner les accointances des élus de la nation avec Touadéra et son clan, des hommes et des femmes de l’est à l’ouest du sud au nord qui se reconnaissent encore  appartenir à ce très beau pays qui est la République Centrafricaine, dont la fibre patriotique n’est pas encore corrompue et qui continuent d’entendre  de nos aïeux, de nos ancêtres et de nos martyrs la voix distincte « au travail dans l’ordre et la dignité, dans le respect du droit, dans l’unité, brisant la misère et la tyrannie ,brandissant l’étendard de la Patrie », doivent se lever comme un seul homme pour agir, avant que l’apocalypse n’arrive.

Agir de manière formelle, en accusant publiquement le président Touadéra de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, et en saisissant la cour africaine des droits de l’homme, la cour européenne des droits  de l’homme  et le conseil des droits de l’homme de l’Onu. Agir de la sorte, c’est dénoncer la barbarie, sa franche et sincère collaboration avec les Groupes Armés, les milliers des morts, victimes de cette guerre lâche et asymétrique qu’ils ont imposée à tout un peuple. Agir ainsi, c’est tout simplement refuser d’être complice de ces atrocités les plus inhumaines et les plus abjectes que la République n’ait jamais connues depuis son accession à l’indépendance et contribuer un tant soit peu à arrêter le glaive de la mort suspendu sur la tête de chaque centrafricaine et de chaque centrafricain.

Jean – Paul Naïba

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