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Centrafrique : un coup d’état en gestation ?

CENTRAFRIQUE: UN COUP D’ÉTAT EN GESTATION?
Par Sosthène DARADOU
Les nouvelles nouvelles de Bangui ne sont pas bonnes, surtout après le retour au bercail des deux anciens chefs de l’Etat Bozizé et Djotodia. Des rumeurs planent dans la capitale Bangui qu’un coup de force est en train de se préparer contre le pouvoir de Bangui. Des noms de certains hommes politiques qui seraient soutenus par la France sont mêmes avancés, et des fouineurs patentés osent même en parler dans certains milieux. On parle même de l’entrée à Bangui de 500 mercenaires français venus en renfort pour dire la messe de requiem du régime Touadéra. Et comme dans ce pays certaines rumeurs finissent toujours par se concrétiser, les autorités du pays prennent l’affaire au sérieux.
Des patrouilles diurnes et nocturnes se multiplient à Bangui et sa périphérie, des contrôles des véhicules sont intensifiés avec, par moment, le contrôle des pièces d’identité des passagers. Considérant que c’est en moto que les mercenaires et certains rebelles ougandais, RD-congolais et centrafricains avaient accompagné l’ancien président Bozizé jusqu’à Bangui, les conducteurs de motos simples et taxi-motos sont particulièrement visés ces derniers temps, sous prétexte de contrôle de régularisation des papiers.
Des quartiers consignés sont décrétés pour la plupart des unités et services opérationnels des FACA et des FSI. Le long du fleuve Oubangui est surveillé et contrôlé minutieusement par les forces publiques et les agents de renseignements du pouvoir en civils. Les états-majors des partis politiques d’opposition et des organisations de la société civile très critiques à l’égard du pouvoir sont infiltrés dans le seul but de savoir si les leaders desdites entités sont en contact avec des officiers jugés proches de l’opposition, s’ils reçoivent des personnalités étrangères ou des rebelles et mercenaires. Face à tout cela, la population civile ne sait toujours pas à quel saint se vouer.
Au moment où la population centrafricaine très touchée par des années de conflits armés aspire peu à peu à une ère de paix et à la sécurité pour le développement du pays et le bien-être des concitoyens, il se raconte dans les hauts lieux de la République et des partis politiques de la Majorité présidentielle que certains hommes politiques centrafricains « manipulés par l’extérieur » (sic) s’emploieraient dans le projet de changement du régime par la violence et de destitution du président Touadéra et de toutes les Institutions de la République. Des émissions-débats et commentaires sur les médias d’Etat s’évertuent chaque jour à indexer la France comme le pays qui préparerait un coup d’Etat qui serait « déjà bien avancé mais que les autorités du pays suivent de très près » (resic).
« Il y a des faits et des signes visibles dans la ville de Bangui, à la sortie nord et notamment le secteur Sassara et ses environs ainsi que dans l’arrière-pays, des opérations de livraison, de transport et de dissémination des cargaisons d’armes et de munitions de guerre depuis que l’ancien président Bozizé et 500 mercenaires français sont rentrés en catimini à Bangui. Les opérations se sont accentuées depuis la semaine passée. Pas un seul jour ne se passe sans que des gens honnêtes nous signalent les cas de livraison et transports d’effets de guerre dans les endroits précités, mais nous arrivons toujours en retard. Les porteurs de tenue proches de Bozizé refusent catégoriquement de coopérer avec leurs chefs pour débusquer les malfrats. Ils affichent par ailleurs une indiscipline jamais vue et qui énerve de fois. Le Haut commandement quand bien informé a peur de prendre des sanctions. Si la situation persiste jusqu’à la fin de ce mois, il risque d’y avoir un changement de régime», a confié à notre rédaction sous le strict anonymat un sécurocrate professionnel et vraiment préoccupé par cette situation insolite.
Cependant, le Porte-parole de la MINUSCA Vladimir Monteiro, lors d’une déclaration à une radio de la place a martelé qu’«il n’y aura pas coup d’Etat en République centrafricaine tant que la Minusca sera toujours active dans le pays. Et donc, le peuple centrafricain doit être calme pour ne pas beaucoup se fier aux rumeurs qui créent la panique au sein de la population civile éprise de paix depuis le déclenchement de cette crise militaro-politique qui a occasionné de nombreuses pertes en vies humaines et autres dégâts collatéraux sur toute l’étendue du territoire national ».
«Simple parole et déclaration d’intention du porte-parole de la MINUSCA, laquelle se trouve même dans des petites localités comme Alindao, Batangafo, Paoua et Bocaranga, Ippy et Mingala mais qui demeure incapable d’empêcher des massacres des populations civiles. Ce genre de missions internationales soutenues par l’ONU, l’UA et les organisations internationales, régionales et sous-régionales étaient à Bangui lorsque des coups d’Etat ont renversé les présidents Patassé et Bozizé. Je ne crois pas à la MINUSCA. Nous aussi on voit des mauvaises choses qui se passent la nuit comme le jour dans nos quartiers mais on n’y peut rien. Rien ne peut me surprendre dans ce pays. Confions seulement tout entre les mains de Dieu», a déclaré un chef de quartier de la commune de Bégoua.
Face à cette situation, l’alerte est décrétée et c’est la panique dans le camp Touadéra qui multiplie des réunions pour définir des stratégies pour débusquer les mauvaises personnes et leurs complices présumés. L’argent est distribué à flot pour que les yeux et les oreilles du pouvoir soient plus actifs qu’auparavant. Avis est lancé à ceux qui cherchent de l’argent.
Sosthène Daradou
Source: MEDIAS+

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