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Centrafrique : ce que Djotodia a dit à ses lieutenants avant de repartir à Cotonou

Alors que le président Touadéra et son clan ont cru ostentatoirement avoir réussi à faire de la présence du chef de file de la nébuleuse Séléka Michel Djotodia un grand scoop politique, fortement médiatisé contre le retour inopiné de l’ancien président François Bozizé, afin de contrer ses ardeurs politiques et lui rabaisser le caquet, en réalité, selon des sources diplomatiques, c’est plutôt sur de très fortes pressions de certaines puissances occidentales et à la demande de plusieurs Etats de la sous – région, de la CEEAC et des plus hautes instances de l’UA que le chef d’état de la transition a été contraint et convaincu d’effectuer le déplacement de Bangui.

Avec comme seul objectif : parler du règlement de la crise  centrafricaine qui n’a que trop duré, par le dialogue, dans la paix, l’unité, la sérénité et la concorde nationale, avec la participation de toutes les forces vives de la nation, sans exclusive !

Pour ce faire, les langues qui se sont déliées, plus d’une semaine après son voyage – éclair dans la capitale centrafricaine, et les murmures des coulisses de la présidence et de la primature qui se sont finalement  ébruités, ont rapporté à notre rédaction, qu’en dépit de l’accueil très chaleureux qui lui a été réservé à l’aéroport  et puis à l’hôtel Legder Plazza, d’une part, et de l’audience qui lui a été offerte par le président de la République au palais de la Renaissance, dans le seul but inavoué de le faire retourner contre le chef d’état – major du président Patassé, d’autre part, Michel Djotodia est resté fort étonnement  maître de son destin et a exécuté selon les règles de l’art les consignes qui lui ont été données.

C’est ainsi qu’après avoir été contraint, sur insistance d’un certain Arnaud Djoubaye Abazen, à sa demande et sur instructions personnelles du président Touadéra, d’annuler sa rencontre avec son très cher grand – frère Bozizé au siège de son parti le KNK, le samedi 11 janvier 2020, et obligé, à son tour, de ce fait et en réponse à cet empêchement indépendant de sa volonté, de suspendre tous ses principaux rendez – vous, notamment avec Mme Cathérine Samba – Panza, les leaders des partis politiques de l’opposition et les représentants des forces vives de la nation, sans oublier son passage, ce jour – là, à l’assemblée nationale, l’homme est monté dans sa suite et a fait la mise au point suivante devant témoins à tous ses lieutenants.

Son message est libellé ainsi qu’il suit : « Pour tous ceux d’entre vous présents ici qui croient que je suis venu pour Touadéra et le pouvoir, je me dois de leur dire qu’il n’en est rien. Absolument rien. Je ne suis venu pour personne si ce n’est pour le peuple centrafricain qui a trop souffert et pour la paix. C’est pourquoi j’ai tenu à aller saluer mon très cher grand – frère Bozizé, et rencontrer Mme Cathérine Samba – Panza, les anciens premiers ministres, les leaders des partis politiques et les représentants de toutes les forces vives de nation. Comme je n’ai pas pu le faire, je vous informe ici et maintenant que je ne suis plus intéressé par la politique. Je vous signifie mon total désintéressement en la matière au profit de mon aîné François Bozizé, sur le plan national, et apporte mon indéfectible soutien à Noureidine Adam pour le travail qu’il n’a jamais cessé au nom et pour le compte du Grand Nord ».

Sur ces mots, un silence de cimetière si pesant et religieux s’est soudainement abattu dans sa suite qu’on pouvait entendre de manière audible le sifflement des moustiques en mouvement. Un silence qui traduisait distinctement et lisiblement le désarroi de ceux qui pensaient encore compter sur lui pour se refaire une bonne et nouvelle santé politique et continuer à être présents dans l’arène en son nom. Un silence qui exprimait mieux que tout le total dépitement de ceux – là qui, assis présentement à la table de Touadéra et son clan, fourchette et couteau à la main, espéraient en lui pour en finir politiquement avec l’ancien président François Bozizé. Quel terrible coup d’assommoir sur leur tête dégarni ! Quel évanouissement de leurs loufoques et chimériques rêves !

Ainsi donc, Michel Djotodia, malgré les yeux doux et les charmes mirobolants dont il a précautionneusement fait l’objet de la part de Touadéra et son clan, à travers la délivrance d’un passeport diplomatique, à lui courant mai 2019, alors que la demande de Bozizé y relative est restée sans suite depuis plus de trois (3) ans, et la mise à sa disposition d’une enveloppe de 50 millions de Fcfa, est resté imperturbable et ne s’est pas écarté de sa mission : celle de faire comprendre aux uns et aux autres que seule l’approche d’un dialogue entre Centrafricaines et Centrafricains s’impose désormais comme le moyen le plus sûr pour la résolution de cette crise qui n’a que trop duré.

Une option actée par Paris en septembre 2019, dictée et régulièrement notifiée à qui de droit par Brazzaville et Libreville, et soutenue par Addis – Abéba, l’Onu, la CEEAC et la CEMAC. Evidemment au grand dam du mathématicien de Boy – Rabé et son clan de va – t’en – guerre. Et c’est en application de cette option que les ambassadeurs de l’UA et de la CEEAC en poste à Bangui ont demandé et obtenu une audience avec l’ancien président François Bozizé, il y a quelques jours seulement, au siège de son parti le KNK.

Jean – Paul Naïba

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