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Centrafrique : situation sécuritaire encore précaire malgré la signature d’un Accord de Paix, selon le CICR

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Au Centre Valérie PetitPierre cheffe de la délégation du Comité Internationale de la Croix Rouge-CICR- en Centrafrique

Au cours d’une conférence de presse, la cheffe de la délégation du Comité Internationale de la Croix Rouge-CICR- en République Centraficaine-RCA-, Valérie PetitPierre a fait l’état des lieux de son organisation, jeudi 16 janvier 2020, à Bangui.

Elle a indiqué que le bilan des activités du CICR a été positif au courant de l’année dernière, malgré une situation sécuritaire encore instable dans les zones où le CICR est opérationnel.

« Nous avons bénéficié d’un meilleur accès sur le terrain malgré l’insécurité et les contraintes logistiques», a-t-elle déclaré.

Plusieurs zones ont été sillonnées pour apporter assistance aux personnes qui sont dans le besoin, notamment dans la partie du centre du pays à Batangafo, Kabo,Ouandago, Grevaï et Mbrès.

Toujours vers le centre, le CICR s’est rendu à Alindao,Ippy, Bria, Grimari et Kouango. Vers le Nord-Est à partir du bureau de Ndélé, des réponses d’urgences ont eu lieu à Birao et à Bambari. Ouvert en 2019, le nouveau bureau de Bouar à l’Ouest a également effectué des actions de terrain précisément à Gamboula, Dilapoko, Koui, Bohong et Markounda.

Dans la capitale, à Bangui, l’équipe du CICR s’est rendue régulièrement au PK5 dans le 3ème arrondissement pour soutenir les activités de la Croix Rouge Centrafricaine-CRCA-. Dans l’ensemble, les faits et chiffres des activités du CICR en 2019 sont appréciables au-delà des contraintes de terrain. Plus de 54.000 personnes ont pu bénéficier de l’assistance alimentaire.

72.500 personnes ont reçu des semences agricoles. Près de 290.000 personnes ont eu un meilleur accès à l’eau potable. 51.500 ont accédé à des soins de santé. 37 enfants non accompagnés ou des personnes vulnérables ont été réunifiés avec leurs familles, certain venus d’autres pays.

« Un Accord de paix signé mais violé »

« Il ne faut pas se réjouir de ce bilan, parce que la situation sécuritaire reste critique et alarmante », a précisé la Cheffe de délégation du CICR. L’indignation de Valérie Petitpierre s’illustre par des évènements graves sur le plan humanitaire qui ont eu lieu à Bohong, Lemouna et Koundjili au nord du pays en mai 2019.

Ces événements ont causé des dizaines de morts et poussé des milliers de personne à se déplacer. Sur le même registre, en septembre, les affrontements à Birao au nord-est du pays ont forcé la population qui a tout perdu, a été obligé de se refugier sur des sites de fortune.

La population continue de vivre dans la peur et ne veut pas revivre à nouveau cette violence.

En 2020, la République Centrafricaine sera cette année la 14è plus grande opération du CICR dans le monde. En 2019, elle avait la 15ème place. Ce classement est l’indicateur d’une situation humanitaire dramatique, qui se prolonge encore.

Le CICR apprécie à sa juste valeur l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine-APPR-RCA- signé le 6 février 2019 à Bangui. Mais, le CICR constate que malgré la signature de l’Accord, le niveau d’insécurité reste alarmant dans le pays. Pourtant l’APPR-RCA est censé redonner l’espoir d’une paix durable tant attendue.

Qu’à cela ne tienne, le CICR a tout de même observé une réduction dans le nombre et fréquence des confrontations armées entre les groupes armés surtout dans les mois qui sont suivi la signature de l’accord.

Le CICR persiste et signe en affirmant que les populations qui sont dans les zones sous contrôle des groupes armés restent confrontées à des violences : exactions, vols, braquages, viols, menaces, arrestations arbitraires, enlèvements, meurtres.

Le CICR exhorte les signataires de l’Accord aux respects de leurs engagements afin d’offrir une meilleur condition de vie aux communautés en détresse.

Pour conclure, la cheffe de délégation du CICR a tenu à préciser que l’aide humanitaire n’apportera pas la solution à la crise en Centrafrique. La solution sera politique. Le CICR appelle tous les acteurs à assumer leurs responsabilités, à faire preuve de bonne volonté, et à respecter le droit international humanitaire, les droits de l’homme et les principes d’humanisme.

« Pour que la situation change, il faut que les violences cessent », a-t-elle martelé.

 

 

Arsène-Jonathan Mosseavo

Journal des Nations

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