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Centrafrique : ce que préparent les Groupes Armés

Simple effet d’annonce ou annonce d’un vrai coup de force dans les tout prochains jours : tous les principaux Groupes Armés signataires de l’Accord de Paix de Khartoum du 6 février ont décidé de se mettre en ordre de bataille.

Deux jours seulement après la publication de leur Mémorandum dont la paternité de la rédaction du contenu semble dépasser leur niveau, et dans laquelle ils ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour alerter directement et solennellement leur partenaire d’en face, en l’occurrence le président Touadéra et son gouvernement, des risques réels et évidents de la caducité de cet Accord, tous leurs comzones ont été convoqués, le mercredi 15 janvier 2020 à Kaga – Bandoro, chef – lieu de la préfecture de la Nana – Gribizi pour une concertation. Cette rencontre est présentée, selon des sources proches des différents états – majors de ces Groupes Armés, comme une réaction et une sanction avant l’heure à l’autosatisfaction du pouvoir de Bangui, d’une part, et à son refus clair et net de traduire en actes les engagements pris devant témoins, d’autre part.

Aussi inattendu que surprenant puisse paraître le live organisé par l’ancien porte – parole du FPRC Abakar Sabone, quelques minutes plus tard, sur sa page Facebook dont la vidéo a été partagée comme un morceau de pain, même si à l’heure actuelle elle n’est pas devenue virale, son contenu n’est rien d’autre que la transcription littérale de la principale et seule recommandation, issue de ce grand conclave de Kaga – Bandoro. Une vraie déclaration de guerre lancée à l’endroit de leur dorénavant « ancien partenaire de Bangui », à travers le concept de sursaut patriotique pour le redressement national ! Manifestement, fatigués de la roublardise de Touadéra et son clan, et convaincus que ceux – ci ne sont préoccupés que par les prochaines élections afin de conserver leur pouvoir à tout prix et par tous les moyens, quitte à les voler et à marcher sur les cadavres de milliers de centrafricains,  les Groupes Armés ont décidé de déclencher les hostilités, avant qu’il ne soit trop tard, tant pour eux – mêmes que pour le peuple centrafricain.

Touadéra et les siens vont – ils enfin se réveiller de leur longue nuit de sommeil ? N’ont – ils pas été prévenus par les chefs d’état de la CEEAC, le 18 décembre 2019, lors du sommet extraordinaire de Libreville ? Ne savent – ils pas ou feignent – ils tout simplement d’ignorer que Michel Djotodia s’est rendu à Bangui, non pas à leur propre demande, mais plutôt à l’initiative et sur instructions de certains pays amis de la République centrafricaine, en général, et ceux de la CEMAC, en particulier, et ce, après plusieurs concertations, garanties et engagements pris de part et d’autre ? Comment peuvent – ils être si idiots pour ne pas comprendre la détermination et la volonté clairement affichée par le chef de file de la Séléka à rencontrer hic et nunc son grand – frère François Bozizé, Cathérine Samba – Panza, les leaders des partis politiques et toutes les forces vives de la nation ? Pourquoi entonnent – ils tous la même chanson ou jouent – ils une seule et même partition, à un moment précis ?

Qu’ils répondent à ces pertinentes questions ou qu’ils refusent d’y répondre, en faisant la politique de l’autruche, le pire est désormais à craindre, du fait de leur refus systématique et systémique d’aller résolument et courageusement vers le dialogue inter – centrafricain pour un règlement pacifique de cette crise qui n’a que trop duré. Tels des prophètes, nous l’avons maintes fois annoncé. Tels des prophètes, nous avons été farouchement combattus. Tels des prophètes, nous l’annonçons pour que le moment venu tous ne disent que tous n’ont pas été avertis.

Jean – Paul Naïba

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