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QUAND UNE DEMANDE D’AUDIENCE DEVIENT UNE AFFAIRE D’ÉTAT

Depuis bientôt un mois, la presse nationale et internationale bruissent des échos de la “non-suite” réservée par S.E. le Pdt Faustin Archange TOUADÉRA à la demande d’audience introduite par les instances dirigeantes du parti KNK auprès du Président de la République au profit de son Président Fondateur, le Général François BOZIZÉ YANGOUVONDA, ancien Pdt de la République.

Apparemment ceux qui s’agitent le plus sont, “d’une part”, ceux qui en savent le moins sur les circonstances et les tractations qui ont précédé le retour inopiné du Général BOZIZÉ sur le territoire centrafricain, lesquelles remontent à pratiquement deux ans, sinon davantage ; “d’autre part”, les collaborateurs du Pdt TOUADÉRA, qui bien que parfaitement informés préfèrent manier l’invective et les insultes, traduisant ainsi leur mauvaise foi.

Sans faire un retour aussi loin dans le passé, et bien qu’il nous répugne d’étaler sur la place publique le contenu des correspondances adressées au Chef de l’État, qu’il nous soit permis de rappeler que dès le 13 février 2019 le Général BOZIZÉ adressait un courrier à S.E. Prof. Faustin Archange TOUADÉRA, courrier que des fuites malencontreuses ont d’ailleurs largement fait circuler sur les réseaux sociaux.

1. Il l’y félicitait de la signature le 06 février à Bangui de l’APPR-RCA négocié à Khartoum, tout en regrettant de n’avoir pas été invité à prendre part aux discussions, comme le laissait espérer les consultations conduites par l’Union Africaine quelques mois plus tôt à Kampala.

2. Il y réitérait son entière disponibilité en faveur de la Réconciliation et de la Paix en République Centrafricaine, confirmant en cela ses initiatives et ses déclarations antérieures.

3. Il y rappelait que l’APPR-RCA contenait des éléments concordants en faveur de son retour dans la dignité [sur le territoire national] en conformité par ailleurs avec le troisième alinéa de l’article 5 de la Constitution du 30 mars 2016 qui dispose que “Nul ne peut être contraint à l’exil”.

4. Il y déclarait, une fois de plus, être toujours en attente des documents de voyages (passeports) pour lui-même et pour son fils Jean-Francis BOZIZÉ ; et il s’en remettait au Chef de l’État pour décider de leur délivrance.

5. Il y rappelait l’urgence du projet de Loi sur le Statut des anciens Chefs d’État, et enfin – dernier point mais non le moindre :

6. Il affirmait adhérer au contenu et à l’esprit du Processus de Khartoum, et au #respect de la #légitimité des #institutions #démocratiques.

D’où vient-il donc que soudain, l’arrivée du Général BOZIZÉ à Bangui apparaisse comme une tentative de déstabilisation ? D’autant que depuis son retour, l’intéressé va d’Églises en mosquées avec un seul leitmotiv, la #Paix et la #Réconciliation. C’est le même message qu’il transmet aux différents meetings organisés par le KNK, où il prend part et dont la série a commencé, dans le cadre normal reconnu aux partis politiques de l’animation de la vie politique nationale, bien avant son retour à Bangui.

Chacun se rappelle l’empressement témoigné par la Présidence de la République pour répondre favorablement au courrier de l’ancien Chef d’État de Transition, S.E. Monsieur Michel Am-Nondroko DJOTODJA, daté du 28 décembre 2019 à Abomey-Calavi, qui y #annonçait son #retour #imminent à Bangui. Accueilli à l’aéroport de Bangui-M’Poko le vendredi 10 janvier 2020, avec tous les honneurs dus à son rang, le Président DJOTODJA a été immédiatement reçu par S.E. le Prof. Faustin Archange TOUADÉRA.

Manifestement une année n’aura pas été une durée suffisante pour réserver une réponse analogue aux différents messages du Général BOZIZÉ, ni mettre à sa disposition les documents de voyages vainement sollicités.

En revanche, les discussions vont se perdre dans des méandres qui sont présentées comme des #exigences #exorbitantes du Président Fondateur du KNK, #inacceptables pour le Chef de l’État, notamment la question de sa sécurité.

Rappelons qu’il est de pratique constante en République Centrafricaine, ainsi que dans de nombreux autres pays, que les personnalités politiques qui ont droit à une protection, choisissent eux-mêmes les éléments composant leur garde. La liste est alors soumise à l’État-Major (EMGA) ou à l’Exécutif pour les faire nommer et prendre en charge. Le Chef de l’État ou ses représentants délégués à cet effet peuvent bien entendu encadrer ce choix en fixant par exemple le nombre des éléments autorisé ; mais ce n’est nullement une prérogative constitutionnelle que le Chef de l’État s’immisce dans le choix des éléments de la sécurité de ses prédécesseurs.

Il est enfin peu élégant de prendre l’opinion publique à témoin dans de telles discussions.

Nous ne pouvons qu’espérer que les esprits se calment et que cette demande audience redevienne un processus protocolaire normal entre des personnalités qui servent ou qui ont eu à servir l’État à ce niveau de responsabilité.

Jean-Eudes TEYA

Lu Pour Vous

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