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Centrafrique, du ridicule au plus haut sommet de l’Etat !

             Le couple Brigitte et Faustin-Archange Touadéra et le diplomate français Eric Gérard

Il s’est passé, il y a quelques jours, dans la vie de notre nation deux évènements majeurs dont les centrafricains doivent en être couverts de honte la plus abjecte, la plus déshonorante et la plus humiliante, jamais vécue dans toute l’histoire de la République centrafricaine, depuis son accession à l’indépendance à ce jour. Le premier fait s’est déroulé sur le territoire national et le deuxième, ayant une corrélation directe avec celui qui l’a précédé, au siège de l’assemblée générale de l’Onu, à New – York aux Etats – Unis.

Le vendredi 10 janvier 2020 à Bangui, selon ACAP, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a réitéré l’appel du gouvernement centrafricain à la communauté internationale pour une levée totale d’embargo sur les armes à destination des Forces armées centrafricaines (FACA), qui ne se justifie plus, lors de la présentation de vœux de nouvel an du corps diplomatique au couple présidentiel, dont le Doyen des corps diplomatiques, l’Ambassadeur de France, Éric Gérard.

Cette présentation de vœux de nouvel an a offert l’occasion au corps diplomatique de se mobiliser autour du Président Touadéra, pour lui exprimer leurs vœux de réussite dans ses actions en faveur de la paix, et de témoigner leur soutien au peuple centrafricain. Le Chef de l’Etat centrafricain a relevé que la levée totale de l’embargo sur les armes consoliderait le récent accord politique pour la paix et la réconciliation et contribuerait assurément à la stabilité du pays. « Je demeure convaincu que cette nouvelle année 2020, va redonner une nouvelle dynamique, un raffermissement des liens d’amitié, de fraternité et de coopération entre les pays amis et la République Centrafricaine », a déclaré le Président centrafricain.
 

Sur cette lancée, le président Touadéra a indiqué que pour l’année qui démarre, il a instruit le gouvernement de poursuivre ses actions en faveur de la paix  et de la sécurité en Centrafrique et aussi dans la sous-région d’Afrique. « Je mettrai tout en œuvre pour que les élections à venir soient crédibles, libres, inclusives et transparentes sur toute l’étendue du territoire  national et confirmer l’ancrage démocratique amorcé en 2016 », a fait savoir le Président Touadéra. Terminant son intervention, le Président de la République, a, au nom du gouvernement et du peuple centrafricain, souhaité les vœux de bonheur, de santé et de plein succès à tout le corps diplomatique accrédité en Centrafrique.

Prenant à son tour la parole, le Doyen du corps diplomatique, Éric Gérard, Ambassadeur de France en Centrafrique a souligné que l’année 2020 est à la croisée du chemin, bientôt un an après la signature de l’accord de paix et à quelques mois des élections prévues à la fin de l’année. Ces élections présidentielles et législatives sont une chance pour la démocratie en République Centrafricaine. Tout en souhaitant comme le Président, des élections libres, transparentes, crédibles et inclusives, a évoqué que seules ces élections seront capables d’assurer au pays une continuité dans son relèvement.
 
« Nous sommes tous mobilisés  pour accompagner le gouvernement centrafricain dans la préparation de ce grand rendez-vous citoyen qui doit consolider l’ancrage démocratique, et consacrer la normalisation de la vie politique et citoyenne de la République Centrafricaine », a soutenu le diplomate français. « Ensemble, construisons la paix sur des valeurs cardinales, l’unité, la cohésion, la réconciliation  et la confiance, celles-ci constituent la fondation de la nation », a dit Eric Gérard.
 

En conclusions, le Doyen de la diplomatie en Centrafrique a au nom de toutes les représentations, adressé à travers le Premier centrafricain, au peuple centrafricain de toutes obédiences politiques ou confessionnelles, des vœux ardents pour que la paix et la stabilité s’installent durablement dans ce pays tant aimé afin qu’il  reprenne toute sa place au cœur de l’Afrique.

A des milliers de kilomètres de la République centrafricaine, ce même jour, le journal Xinhua, reprenant des informations déjà diffusées par l’AFP et Le Figaro, annonçait depuis New-York que « seuls 146 des 193 pays membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ont payé en totalité leur contribution au budget ordinaire de l’organisation pour 2019, d’après un porte-parole de l’ONU.

Au 9 janvier 2020, dix pays membres avaient au moins deux années d’arriérés de paiement, ce qui pourrait les priver de leur droit de vote à l’Assemblée générale de l’ONU, a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Ces dix membres sont la République centrafricaine, les Comorres, la Gambie, le Liban le Lesotho, Sao Tomé-et-Principe, la Somalie, Tonga, le Venezuela et le Yémen.

Selon l’Article 19 de la Charte des Nations Unies, un pays membre perd son droit de vote à l’Assemblée générale de l’ONU si le montant de ses arriérés atteint la contribution due par lui pour les deux années complètes écoulées. Toutefois, l’Assemblée peut autoriser ce membre à participer au vote si elle constate que ce manquement de paiement est dû à des circonstances indépendantes de la volonté dudit membre.

En octobre 2019, l’Assemblée générale a décidé que les Comorres, Sao Tomé-et-Principe et la Somalie seraient autorisés à conserver leur droit de vote à l’Assemblée générale jusqu’à la fin de sa 74e session, en septembre 2020.

A la date de ce vendredi, quatre pays, à savoir l’Arménie, l’Inde, le Portugal et l’Ukraine, avaient réglé en totalité leur cotisation au budget ordinaire pour 2020, selon M. Dujarric.

Les Nations Unies sont souvent exposées à un déficit de trésorerie car les cotisations au budget ordinaire versées par les pays membres sont souvent trop faibles ou trop tardives. En octobre 2019, M. Guterres a déclaré que l’organisation mondiale souffrait de la pire crise de liquidités en dix ans. »

Fort de ce qui précède, il ne peut que découler tout naturellement de l’analyse faite de ces deux événements, par tout centrafricain dont l’esprit est encore pur et dont l’intelligence conserve encore toute sa vivacité, dans une société où les vibrations intuitives des uns et des autres sont totalement corrompues et sclérosées, depuis l’avènement du mathématicien de Boy – Rabé et son clan de laids jouisseurs patentés aux commandes de la gestion des affaires de la cité en mars 2016, toute impossibilité pour les diplomates centrafricains de traduire en actes tous les engagements pris solennellement par le président centrafricain, ce jour – là, devant des ambassadeurs et hauts représentants plénipotentiaires de pays amis.

Pour la simple raison que la République centrafricaine n’a plus droit au vote, du fait de ne pas avoir honoré ses engagements financiers, en terme de cotisations ou plus exactement de contributions annuelles, vis – à – vis de cette puissante organisation dont elle est pourtant membre. A partir de cette date du 10 janvier 2020, elle ne jouit plus que du simple statut d’observateur et ne peut donc prendre la parole pour non seulement exposer, défendre et soutenir sa cause, mais surtout pour apporter sa voix à ses meilleurs amis qui l’ont soutenue et continuent de plaider pour son sort, depuis le début de cette crise en 2012.

Si le régime de Bangui et toute la meute de ses thuriféraires qui interviennent de manière maladroite sur les réseaux sociaux, pour peu qu’un citoyen se décide à faire usage de son droit à l’action publique pour dénoncer tel ou tel cas de mal – gouvernance avéré, se sont fort curieusement tus, c’est tout simplement parce qu’ils reconnaissent la gravité de leurs bêtises et tout le poids de la honte la plus vile dont ils viennent, par – là, de faire couvrir la République et le peuple centrafricain. Même si pendant la période des pires moments difficiles de la gouvernance du général Kolingba, la RCA a perdu son droit de vote à l’OUA, ce qui a été vite régularisé, après l’accession du président Patassé au pouvoir en 1993, ils ne peuvent pas trouver aujourd’hui de justificatifs convaincants à cette si humiliante sanction qui vient d’être prononcée à l’endroit de notre  pays. Comment pouvons – nous exister, tout en apportant notre petite pierre à l’édifice, dans un monde où règne une rude concurrence, où chacun doit défendre ses intérêts, si nous ne pouvons pas faire entendre nos voix et respecter nos engagements et si nous ne pouvons que compter comme de petits gamins sur les autres ? Ne nous ont – ils pas régulièrement chanté à l’oreille que nous avons un taux de croissance le plus élevé de toute la sous – région ? Comment alors ne pas disposer d’assez de réserves et de disponibilités financières afin de faire face à de telles dépenses dont la non – exécution risque de porter gravement atteinte à l’image, l’honneur, au prestige et à la dignité de la République dans le concert des nations ? Non, en réalité, Touadéra et les siens n’ont jamais cessé de nous prendre pour des cons, car non seulement ils nous ont toujours menti, mais surtout ils n’ont aucune maîtrise réelle  de la technicité et, en l’espèce, celle des règles et us diplomatiques. Et c’est cela, la triste vérité.

En effet, si nous avions eu affaire à des professionnels, le président Touadéra aurait dû prendre connaissance de ce dossier, d’une part, et l’aurait dû régler avant d’aller à la rencontre de cette cérémonie de présentation des vœux de nouvel an avec les diplomates. En experts chevronnés, le directeur général des affaires juridiques et politiques du ministère des affaires étrangères, le directeur général du budget au ministère des finances et du budget, et le directeur général de la coopération internationale au ministère de l’économie, du plan et de la coopération internationale se seraient retrouvés, à la demande de leur chef de département respectif, pour faire l’état de lieu de notre coopération, au titre de l’exercice budgétaire 2019. C’est aussi cela, la rencontre avec les diplomates ! Ils se seraient donc, sans aucun doute, rendus compte de ces arriérés, en fonction des documents en leur possession et des échanges avec leurs partenaires et y auraient proposé des solutions. Si nous avions eu affaire à des experts et des patriotes, tout aurait été mis en œuvre pour que l’affront subi par la République fût étouffé dans l’œuf.

Mais, comme malheureusement nous avons affaire à des médiocres professionnels, ceux – ci ne pouvaient que trouver normal que ces arriérés ne fussent pas honorés et ne rien proposer au président Touadéra, si ce n’est de le laisser se couvrir du ridicule et avec lui toute une République et tout un peuple. Comment un président de la République peut – il faire un tel discours et prendre de tels engagements, si ses techniciens ne peuvent pas avoir droit à la parole dans le concert des nations ?

C’est triste et très malheureux pour un professeur d’université !

Jean – Paul Naïba  

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