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La thèse du missile de plus en plus évoquée

Un rapport initial d’enquêteurs iraniens dévoilé jeudi affirme que l’équipage du Boeing 737-800 n’a pas utilisé la radio pour lancer un appel à l’aide.
Photo: Agence France-Presse Un rapport initial d’enquêteurs iraniens dévoilé jeudi affirme que l’équipage du Boeing 737-800 n’a pas utilisé la radio pour lancer un appel à l’aide.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que des renseignements venant de multiples sources indiquent que l’avion qui s’est écrasé près de Téhéran, mercredi, aurait été abattu par un missile iranien. Il a ajouté qu’il est possible que cela ait été fait involontairement.

Les nombreuses questions entourant la cause de cet écrasement tragique confirment la nécessité de mener une enquête, a répété M. Trudeau, qui ajoute que le Canada travaille avec ses alliés dans ce sens. « Comme je l’ai dit hier, les Canadiens ont des questions, et ils méritent des réponses », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse jeudi après-midi à Ottawa.

L’écrasement a tué tous les passagers à bord de l’avion, dont 138 personnes qui se dirigeaient vers le Canada. Au moins 63 passagers étaient des citoyens canadiens.

L’écrasement est survenu quelques heures seulement après que l’Iran a lancé une frappe de missiles contre des bases militaires irakiennes abritant des troupes américaines, après l’assassinat ciblé par les États-Unis d’un important général iranien en Irak.

Comme la veille, M. Trudeau est resté évasif sur la responsabilité américaine dans l’escalade de ces tensions. « Je pense qu’il y a beaucoup de questions auxquelles les gens vont réfléchir et on va chercher des réponses. Pour l’instant, ça souligne tout simplement l’importance d’avoir une enquête complète, crédible, pour qu’on ait les faits sur lesquels on va pouvoir ensuite pencher nos réflexions et notre analyse », a-t-il répondu.

Le Canada ne sait pas encore quelle sera sa part de responsabilité dans cette enquête.

« Pour l’instant, l’Iran a indiqué qu’il allait garder les boîtes noires chez eux, mais ils ont indiqué au président (Volodymyr) Zelensky de l’Ukraine que les enquêteurs ukrainiens auraient au moins accès à ces boîtes noires », assure M. Trudeau.

Deux responsables américains ont déclaré jeudi qu’il était « très probable » qu’un missile antiaérien iranien ait abattu l’avion de ligne ukrainien mardi soir à Téhéran, tuant les 176 personnes à bord.

Ces responsables, qui citent des renseignements obtenus par les États-Unis, ont réclamé l’anonymat pour discuter d’informations sensibles avec l’Associated Press. Les sources américaines ont admis qu’ils ne connaissaient pas les éventuelles intentions de Téhéran dans cette tragédie. Mais ils soutiennent que cela aurait très bien pu être une erreur — que l’avion de ligne aurait pu être pris pour une menace à la sécurité nationale de l’Iran.

L’avion du transporteur Ukraine International Airlines s’est écrasé peu après son décollage de l’aéroport de Téhéran, tuant les 176 personnes à son bord, dont 63 Canadiens. L’écrasement est survenu quelques heures seulement après que l’Iran a lancé une frappe de missiles contre des bases militaires irakiennes abritant des troupes américaines, après l’assassinat ciblé par les États-Unis d’un important général iranien en Irak.

Les responsables américains n’ont pas révélé les renseignements qui leur permettent de suggérer la thèse du missile iranien. Mais ils ont reconnu la présence de satellites et d’autres appareils de détection dans la région, ainsi que la probabilité d’interceptions de communications et d’autres renseignements similaires.

Le président Donald Trump a laissé entendre jeudi qu’il croyait que l’Iran était responsable, mais il n’a pas voulu accuser directement Téhéran. Il a toutefois écarté la thèse, d’abord avancée par Téhéran, voulant que l’écrasement ait été causé par un problème mécanique.

« Quelqu’un a pu faire une erreur de l’autre côté », a déclaré M. Trump, notant que l’avion survolait un secteur « assez difficile » dans cette région. « Certaines personnes disent que c’était mécanique », a ajouté le président. « Personnellement, je ne pense pas que ce soit même une possibilité. »

Oleksiy Danilov, secrétaire du Conseil de sécurité de l’Ukraine, a déclaré aux médias de son pays que les responsables étudiaient plusieurs causes possibles de l’écrasement, y compris le missile. « Une frappe par un missile, peut-être un système de missiles Tor, est parmi les principales [thèses], car des informations ont fait surface sur internet concernant des éléments d’un missile trouvé près du site de l’écrasement », a déclaré M. Danilov. Il n’a pas précisé où il avait pris ces informations sur internet.

Des enquêteurs ukrainiens qui sont arrivés jeudi en Iran attendaient la permission des autorités pour examiner le lieu de l’écrasement et rechercher d’éventuels fragments de missile, a déclaré M. Danilov.

Un « incident soudain à bord »

Plus tôt jeudi, le gouvernement britannique a dit enquêter sur des informations « très préoccupantes » au sujet de l’écrasement. Le cabinet du premier ministre Boris Johnson a indiqué que « les informations que nous avons vues sont très préoccupantes et nous les analysons de toute urgence ».

M. Johnson a discuté jeudi avec le président ukrainien, Volodymyr Zelenskiy, et il a exigé une « enquête complète, crédible et transparente », a indiqué Downing Street.

Par ailleurs, un rapport initial d’enquêteurs iraniens dévoilé jeudi affirme que l’équipage du Boeing 737-800 n’a pas utilisé la radio pour lancer un appel à l’aide. Les enquêteurs de l’Organisation de l’aviation civile iranienne ajoutent que peu avant l’écrasement, les pilotes avaient tenté de le ramener à l’Aéroport international Imam-Khomeini de Téhéran d’où il venait de décoller. L’avion s’est écrasé à Shahedshahr, dans une zone agricole située en périphérie de Téhéran. À leur avis, un incident soudain s’est produit à bord de l’avion, mais ils n’ont pas fourni plus d’explications.

Le rapport cite des témoins, incluant des membres de l’équipage d’un autre avion, qui ont dit avoir vu l’avion en flammes avant son écrasement, qui a provoqué une gigantesque explosion. L’Organisation de l’aviation civile iranienne confirme que les deux boîtes noires de l’avion ont été récupérées, mais qu’elles sont endommagées et qu’une partie de leurs données ont été détruites dans l’écrasement.

Le président de l’Ukraine a pour sa part annoncé que des enquêteurs ukrainiens étaient arrivés en Iran afin de participer à l’enquête. Il a aussi dit avoir l’intention d’entrer en communication avec son homologue iranien, Hassan Rouhani, pour discuter du déroulement de l’enquête.

Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a révélé que 138 passagers de l’avion avaient le Canada pour destination finale. Parmi les 63 victimes canadiennes, au moins cinq résidaient au Québec.

Avec Le Devoir

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