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Martin Ziguélé, président du MLPC, menacé de mort par Ali Darassa

les électeurs devant un bureau de vote à Bangui le 31 mars 2016
Martin Ziguelé, Député et Président du parti MLPPC à droite, et Ali Darassa, chef rebelle et chef d’État-major de l’UPC à gauche. Montage du CNC.

 

Bambari (République centrafricaine) – CNC – Après l’opération du désarmement de Sidiki et de ses troupes dans la Nana-Mambéré et l’Ouham-Péndé, Ali Darassa, sous pression, menace Martin Ziguélé, député de Bocaranga 3, président du parti MLPC, ainsi que le ministre délégué auprès du ministre de l’Administration du territoire, monsieur Lamido ISSA BI AMADOU pour son ingratitude envers lui.

 

Décidément, la guerre est ouverte entre le chef de guerre Ali Darassa et l’honorable Martin Ziguélé, président du parti MLPC.

Déclenchée par ce dernier lors de son point de presse à l’Assemblée nationale quelques heures après l’occupation de Bambouti, dans la préfecture du Haut-Mbomou,   par les combattants rebelles de l’UPC le 17 octobre dernier, la confrontation entre les deux hommes ne fait que commencer, et Ali Darassa ne compte pas se laisser faire :

« Ou c’est lui, ou c’est moi », disait-il.

Pour l’honorable Martin Ziguélé, député de Bocaranga 3, dans sa déclaration lors de son point de presse, explique que « Ali Darassa, dans sa disposition d’esprit,  veut rouler tout le peuple centrafricain, y compris les autorités du pays dans la boue ». Il demande au passage aux garants de l’APPR-RCA (accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine) de «  frapper et réduire ses capacités militaires afin de le contraindre à se retrancher uniquement à Gbokologbo en attendant le DDRR ».

Finalement, Ali Darassa, sous pression, avait retiré ses troupes de Bambouti le 10 novembre dernier  pour les positionner non loin de la sous-préfecture de Mboki, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la République centrafricaine.

Martin Ziguélé, toujours droit dans ses bottes, explique que le retrait des troupes d’Ali Darassa de Bambouti vers une autre ville de la région n’est pas la solution, et demande toujours aux garants de prendre des mesures coercitives contre lui et son mouvement.

En répliquant aux nombreuses attaques de l’honorable Martin Ziguélé, Ali Darassa lui interdit formellement de circuler dans des villes sous son contrôle, avant de le menacer directement : ou c’est lui, ou c’est moi ».

Comme si cela ne suffisait pas, Ali Darassa, commandant de l’unité spéciale de mixte de sécurité (USMS) de la région centre, ministre conseiller du Premier ministre, chef d’état-major de l’unité pour la paix en Centrafrique (UPC),  interdit aussi toutes nominations des  sous-préfets, des maires, agents préfectoraux et municipaux dans des zones sous son contrôle.

Pour lui, toute nomination des fonctionnaires dans sa région et qui ne revêtirait  pas de signature de Monsieur Aliou, Ministre de l’élevage représentant son entité au gouvernement, sera considéré comme nulle

et de nulle effet

Le maire de la ville de Pombolo, de passage à Gbokologbo pour la JMA-2019 à Bambari, a été la première victime de cette nouvelle décision. Son malheur, c’est d’avoir circulé dans son bagage le décret de sa nomination. Découvert par Ali Darassa lors de contrôle du maire à Gbokologbo. Le décret a été complètement déchiré par le chef rebelle en personne qui lui expliquait que cette nomination  est nulle et sans effet, avant de proférer de menace de mort à l’endroit du ministre délégué  auprès du ministre de l’Administration du territoire, monsieur Lamido ISSA BI AMADOU qui n’est pas sur place ce jour.

Pour rappel, le ministre Lamido ISSA BI AMADOU, représentant le groupe 3R dans le gouvernement de Firmin NGRÉBADA, est lui aussi l’un des proches du chef rebelle Ali Darassa avant sa nomination dans le gouvernement en mars derniers. D’ailleurs, certains le considèrent comme celui qui aurait fait venir pour la première fois en Centrafrique Ali Darassa et Abas Sidiki, deux anciens collaborateurs du tchadien  Baba Laddé.

Pour de nombreux observateurs, Ali Darassa considère les régions occupées par ses hommes comme un État indépendant au sein de la République centrafricaine. Il agit et réagit comme un chef de l’État face au président Faustin Archange TOUADERA, pourtant officiellement élu par le peuple centrafricain.

Par ailleurs, le chef rebelle Ali Darassa, dans son entretien avec ses proches, ne cesse de crier haut et fort que grâce à lui que la célébration de la JMA 2019 a eu lieu dans la tranquillité : «  j’ai déployé plusieurs dizaines de mes hommes à Bambari, à la demande du gouvernement, pour sécuriser la JMA, en appui aux FACA et la Minusca », explique-t-il à son entourage.

La semaine dernière, une dizaine des hommes de l’UPC ont été aperçus à Zémio, non loin de la localité de Mboki où ils avaient quitté Bambouti pour se retrancher.

Rappelons que l’unité pour la paix en Centrafrique (UPC) est l’un des quatorze groupes armés signataires de l’accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine avec le gouvernement centrafricain en février dernier.

 

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