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Forum de Paris sur la Paix : Discours du président Touadéra

FORUM SUR LA PAIX DE PARIS: LE PRESIDENT TOUADERA PLAIDE POUR LA LEVÉE TOTALE DE L’EMBARGO SUR LES ARMES ET LES FORCES ARMÉES CENTRAFRICAINES

DISCOURS DE SON EXCELLENCE PR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT
A L’OCCASION DU FORUM DE PARIS SUR LA PAIX
PARIS, LE 12 NOVEMBRE 2019

PANEL : PAIX ET SECURITE

– Distinguées personnalités ;
– Mesdames et Messieurs ;
Permettez-moi, à l’entame de mon propos, de remercier les autorités françaises et le Président du Forum, de nous accueillir et nous donner l’opportunité d’échanger avec vous sur notre vision sur « la paix et la sécurité ».
« Paix et Sécurité », l’un des thèmes judicieusement choisis pour ce Forum, intéresse, à juste titre, la République Centrafricaine, un pays post conflit qui, malgré les vicissitudes de l’histoire, n’a jamais renoncé à sa soif de paix, de sécurité et de développement.
Cette deuxième édition du Forum de Paris sur la Paix qui réunit les pays de tous les continents, est la preuve que la paix et la sécurité demeurent, fort heureusement, au cœur des préoccupations universelles.
Plus que jamais, la culture de la paix et de la sécurité s’impose à tous les individus, à toutes les organisations, à tous les États.
Elle est renseignée singulièrement par l’atrocité de la violence liée aux conflits internes, les implacables vagues meurtrières causées par le terrorisme, les affres de la guerre, la criminalité transfrontalière, les migrations, les changements climatiques, les catastrophes naturelles, la vulnérabilité des populations liée à l’absence des services sociaux de base et la pauvreté.
Il est donc évident qu’aucun Etat, quel que soit son niveau de développement ou sa puissance militaire, ne peut se targuer d’avoir définitivement gagné le pari de la paix et la sécurité, tant les menaces contre celles-ci deviennent protéiformes.
Les relations conflictuelles entre les Etats qui ont la maîtrise de l’environnement géostratégique et le pouvoir d’influencer l’économie mondiale ainsi que la géopolitique, empruntent aujourd’hui des formes extrêmement diverses qui vont de conflits armés variés, mais que l’on ne peut qualifier de guerre, à la guerre froide.
Mesdames et Messieurs ;
Je viens d’un continent, l’Afrique, qui est confronté à de nombreux défis.
Aux crises politiques, sécuritaires et sociales récurrentes, s’ajoutent de plus en plus, les défis naturels tels que la destruction de l’écosystème par suite de l’exploitation irrationnelle de ses ressources ne permettant pas de répondre aux impératifs de développement socio-économique, le changement climatique avec son corolaire l’insécurité alimentaire, la croissance démographique et l’urbanisation galopante.
Toutes ces situations qui constituent des menaces contre la paix, font le lit à l’insécurité.
Elles appellent des réponses communes, naturellement dans le cadre de l’O.N.U, mais aussi des grands ensembles régionaux, et à travers des initiatives telles que celle qui nous réunit aujourd’hui, pour la deuxième année consécutive, dans cette belle ville de Paris.
La paix et la sécurité constituent des conditions indispensables pour atteindre le progrès, la justice, l’égalité des chances et le respect des droits fondamentaux des citoyens.
Cependant, le chemin de la paix et de la sécurité, est toujours pavé d’embuches. C’est pourquoi, le combat pour la paix et la sécurité nécessite une approche globale et appelle un engagement culturel fort et permanent de tous ceux qui ont pour objectif commun de rendre la paix durable et indivisible.
Nous avons besoin d’une vision commune, car les défis mondiaux que sont la paix et la sécurité ont la particularité de nous obliger à les affronter ensemble.
Il est évident que la paix et la sécurité des plus forts dépendent aussi de la paix et la sécurité des plus faibles.
C’est pourquoi, je voudrais souligner l’urgence et la nécessité de soutiens accrus des pays riches aux pays pauvres, notamment dans les domaines d’élaboration de stratégies et des plans nationaux de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent, de renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité, d’équipements, d’échanges de renseignements, pour appuyer les outils de prévention des attaques terroristes.
Mesdames et Messieurs ;
Je tiens à souligner que la République Centrafricaine est située entre deux grands foyers de terrorisme que sont la Corne de l’Afrique à l’Est et le bassin du Lac Tchad au Nord.

Elle continue de faire face aux atrocités de l’Armée de Résistance du Seigneur de Joseph KONY, au phénomène de transhumance armée, à la criminalité transfrontalière, aux menaces de BOKO HARAM dans la région ; car la crise a affaibli l’Etat faisant de mon pays le maillon faible de la sous-région.
La fragilité de mon pays est accentuée par l’embargo décidé par le Conseil de Sécurité de l’ONU contre l’Armée nationale, symbole de la souveraineté, alors que les groupes armés se ravitaillent en armes et minutions de guerre et continuent de créer l’insécurité dans le pays, sous de prétextes fallacieux.
Je voudrais réaffirmer ici que le véritable enjeu de mon pays, et sans doute celui de beaucoup de pays, c’est la paix, la sécurité et le développement.
Ma vision, traduite en programme de société du Gouvernement, est de bâtir un Centrafrique nouveau, fort, uni, prospère, privilégiant le dialogue, la justice et l’esprit de réconciliation nationale.
Pour moi, le dialogue est le chemin le plus sûr qui mène vers la paix et la sécurité.
Les différends internes, de même que ceux qui peuvent se produire à l’échelle internationale, ne doivent pas être réglés par des confrontations violentes, mais par une concertation et une négociation permanentes, jusqu’à parvenir à un accord qui réponde aux aspirations de tous les antagonistes et qui soit, en même temps, conforme aux intérêts supérieurs de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité de la nation, ainsi que du respect de la dignité humaine.
La République Centrafricaine vient d’en faire une démonstration par la signature, le 6 février 2019 de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation entre le Gouvernement et les 14 groupes armés, négocié à Khartoum, au Soudan, sous l’égide de l’Union Africaine et de l’ensemble de la Communauté internationale.
En effet, convaincu que la paix est plus puissante que la guerre, j’ai mobilisé, depuis ma prise de fonction en mars 2016, toute mon énergie pour rechercher la paix et la cohésion sociale, en inscrivant la sécurité comme priorité n°1 dans le Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix.
Mesdames et Messieurs ;
En terminant mon propos, je voudrais réaffirmer mon engagement à sortir mon pays du cycle vicieux de la violence, et à redonner à mon peuple les plus nobles espoirs d’unité, de paix, de sécurité, de bonheur, de prospérité, de l’harmonie et de la concorde nationale.
La paix, une fois gagnée, doit être conservée par la démocratie. C’est pourquoi, je mettrai toute mon énergie pour que les élections présidentielle et législatives prochaines soient organisées dans le délai constitutionnel, avec le soutien, bien entendu, de la communauté internationale.
Enfin, dans le cadre de la coexistence pacifique entre les Etats, mon pays est déterminé à poursuivre les grandes commissions mixtes avec les pays limitrophes afin de barrer la route à tout ce qui peut compromettre la paix et la sécurité en Afrique et dans le monde.
Puisse Paris, Ville des Lumières, éclairer nos esprits afin de trouver des solutions innovantes à ces grands défis communs que sont la paix et la sécurité.
Je vous remercie.

La Renaissance

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