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Centrafrique : « Si vous lui enlevez tous ses pouvoirs, finalement que lui restera – t – il… » ?

Telle a été la réponse sèche, nette et claire du président Touadéra à son premier ministre Ngrébada qui a bien voulu soumettre une note en conseil des ministres visant à rapporter certains pouvoirs dont s’est personnellement octroyé un certain Bertrand Arthur Piri, contrôleur général près les sociétés d’état à la primature, avec rang et prérogatives de ministre.

En effet, au lieu d’observer scrupuleusement ses attributions de contrôleur général, à lui définies et données par les lois et règlements de la République, celles de l’autorité près le premier ministre, chargée d’élaborer et de mettre en œuvre la politique générale du gouvernement dans les différents domaines de ces sociétés d’état, d’une part, et de suivre sa mise œuvre rigoureuse pour une allocation stratégique des ressources et la réalisation de leurs diverses prestations dans l’atteinte des besoins prioritaires de la population, en eau, électricité, routes et autres biens et services, d’autre part, à la grande surprise de tous les organes de contrôle a priori et a posteriori, tels que l’inspection générale d’Etat et l’inspection générale des finances, celui qui est reconnu dans tout Bangui comme le neveu ou l’autre petit – frère du mathématicien de Boy – Rabé, a cru bon de les outre – passer pour se substituer aux directeurs généraux de ces entreprises publiques, et ce, depuis plus de trois ans.

A ce titre, l’homme s’érige en ordonnateur, en administrateur et en gestionnaire de crédits de fonctionnement et d’investissement, ouverts chaque année dans leurs budgets et dont les engagements et les consommations doivent leur permettre d’assurer leurs charges mensuelles, de fournir leurs différentes prestations à leurs usagers et à la population et de bien veiller à la préservation des intérêts fondamentaux et à la vie de leurs structures. De ce fait, aucune dépense nécessaire au fonctionnement de l’entreprise, à savoir l’achat des fournitures de bureaux, des produits d’entretien et des consommables, ne peut faire l’objet d’un quelconque  engagement, d’une liquidation, d’un ordonnancement et d’un paiement, sans son autorisation préalable, même s’il est empêché ou en mission à l’extérieur, comme il se trouve présentement à Washington, au moment où nous mettons sous presse.

Ces usurpations de pouvoirs s’étendent également à l’exécution des dépenses liées aux salaires, au recrutement du personnel et à l’observation plus ou moins stricte des procédures de passation des marchés publics, puisqu’il assume aussi les fonctions de comptables, par personnes interposées, à telle enseigne que tous les directeurs des ces sociétés d’état, offices publics, agences nationales et autres n’existent que de noms et ne jouent qu’un rôle purement figuratif à la tête de ces structures. Cela est d’autant plus vrai que les usagers, les administrés, les fournisseurs et la clientèle de l’Enerca, la Sodeca, du FER, de l’ART, pour ne citer que celles – ci, ont fini, fatigués de ne pas avoir satisfaction ou de repasser, par intégrer dans leur vocabulaire les mots suivants : « Piri n’a pas encore décidé » ou « Piri n’a pas encore signé ».

Informé de cet état de centralisation de pouvoirs qui étouffe, démotive et empêche les responsables de ces sociétés et leurs proches collaborateurs de prendre toutes les décisions visant à maintenir leurs actifs dans leurs conditions existantes ou à les changer pour qu’ils puissent être en mesure de fonctionner, le premier ministre Ngrébada a pris sur lui la responsabilité, en sa qualité de chef de gouvernement, d’en débattre directement et sans ambages de la question en conseil des ministres  aux fins de rétablir les intéressés dans leurs attributions, évidemment tout en dépouillant l’usurpateur des pouvoirs usurpés. Mal lui en a pris, car, après son exposé des motifs, la réponse du président de la République a été , on ne peut plus sans appel, solennelle, irrévocable, celle que nous avons évoquée en titre : «Si vous lui enlevez tous ses pouvoirs, il lui restera finalement quoi… » ?

Une réponse partisane, foncièrement irresponsable et manifestement indigne de ses fonctions de président de la République. Une réponse  qui traduit tout simplement  non pas la réaction d’un homme d’Etat, mais plutôt celle d’un homme politique, celle d’un chef de clan, et celle d’un responsable de famille. Par ces mots, le mathématicien vient une fois de plus  de rappeler à son premier ministre et au – delà au peuple centrafricain et à la nation tout entière  qu’il n’est pas là pour le pays et le peuple centrafricain, mais pour lui et ses parents, amis et connaissances. Par conséquent, il se doit de les protéger, même s’ils sont incompétents et à la fois juges et parties ou contrôleur et gestionnaire, en ce qui concerne son neveu ou son très cher petit – frère Piri.

Vive « la République du Centre de Nulle Part et la République des Groupes Armés » !

Jean – Paul Naïba

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