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CENTRAFRIQUE: LE ROI DES TUTSIS RWANDAIS EST VENU Á BANGUI OÙ IL A PASSÉ 4H

A l’invitation de son homologue centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le président de la République du Rwanda, le Général Paul Kagame, est arrivé ce mardi 15 octobre en début d’après-midi à Bangui, capitale de la République centrafricaine, pour une visite d’Etat de quatre heures, à la tête d’une forte délégation composée entre autres de sa ministre du Commerce, du directeur du Comité rwandais des mines, du pétrole et du gaz, du chef d’état-major de l’armée et de représentants de diverses entreprises, selon une source gouvernementale rwandaise contactée.
Cette visite de travail fait suite aux multiples entretiens que les ministres de la Défense de la RCA et du Rwanda ont eu à New York, à Addis Abéba, au Rwanda et à l’occasion de plusieurs réunions des ministres africains de la Défense et de la sécurité. D’où l’importance de l’Accord militaire signé entre les deux chefs d’Etat.
A son arrivée à l’aéroport international Bangui-M’Poko, M. Kagame a été accueilli par le président Touadéra qu’assistaient le président de l’Assemblée nationale Aladji Moussa Laurent Ngon-Baba, le Premier ministre Firmin Ngrébada, les chefs des Institutions de la République présentes à Bangui ainsi que plusieurs membres du gouvernement. Les temps forts de cette visite sont:
-la remise symbolique de la clé de la Ville de Bangui au président rwandais;
-la remise au président Kagamé de la Médaille de Grand-croix dans l’Ordre de la Reconnaissance centrafricaine, la plus haute distinction honorifique du pays, signe du témoignage des bienfaits dont le pays a bénéficiés de la part du Rwanda;
-la signature de plusieurs accords de coopération dans les domaines économique, financier, minier, pétrolier et militaire.
Dans son speech, Touadéra, après avoir souhaité la bienvenue à son hôte de marque et à sa délégation, a loué l’excellence des relations qui existent entre les deux pays, tout en vantant le modèle rwandais de règlement pacifique de conflits, de réconciliation, de résilience, de stabilité et de relèvement après le génocide, toutes choses qui inspirent la RCA.
A son tour, Kagamé a remercié les autorités centrafricaines et tout le peuple centrafricain pour l’accueil chaleureux dont lui et sa délégation ont bénéficié dès leur arrivée à Bangui. Il a rappelé la qualité de la coopération entre les deux pays au nom de la «solidarité africaine» qu’il souhaite consolidée pour le développement de leurs Etats.
Après une pause à l’hôtel Ledger Plazza, Kagamé a été reçu au palais présidentiel La Renaissance où il a eu un tête-à-tête avec son homologue centrafricain avec qui il a signé plusieurs accords de coopération.
La relance de la Grande commission conjointe mixte, qui prévoit des rencontres régulières entre des délégués des deux pays, a été également au centre de l’entretien des deux chefs d’Etat, selon des sources concordantes.
Né le 23 octobre 1957 à Tambwe, une province au sud-Rwanda, le général Paul Kagame, long de 1,88m, a étudié au Rwanda, en Ouganda et aux Etats-Unis d’Amérique. Il est considéré comme un Roi voire un demi-dieu par les tutsis, alors cibles des hutus, parce qu’il avait réussi, en l‘espace de 3 mois, à mettre fin au massacre perpétré par l’ethnie majoritaire hutu contre les tutsis, ultra-minoritaires, après la mort du président hutu au pouvoir, Juvénal Habyarimana, dans un crash aérien aux origines qui constituent la pomme de discorde entre la France et le régime Kagamé, chacune des deux parties renvoyant à l’autre la responsabilité de l’attaque terroriste qui a coûté la vie au président rwandais et son homologue burundais Cyprien Tanyamira.
Chef de l’ancienne rébellion dénommée Front patriotique rwandais (FPR), Vice-président et ministre de la Défense de 1994 à 2000, le général Kagamé s’est imposé militairement pour mettre fin au génocide qui a duré du 08 avril à juillet 1994, avec un bilan particulièrement lourd: plus de 800.000 morts. Il s’est autoproclamé président de la République depuis lors, avant de transformer sa rébellion, le FPRC, en parti politique, et se faire élire démocratiquement président de la République pour la première fois le 17 avril 2000. Réélu en 2007 puis 2014, il a modifié la constitution de son pays contre la volonté populaire pour se faire réélire jusqu’en… 2034, sauf verdict de la loi de la non éternité.
Anglophone indécrottable alors que son peuple est francophone à plus de 90% avant d’amorcer le bilinguisme, et alors que son ancienne ministre des Affaires étrangères est depuis 2018 secrétaire générale de la l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) à l’initiative de la France de Macron, Paul Kagamé a eu sa manière de demander aux Centrafricains d’abandonner la langue française pour l’anglais, comme lui. Dont acte.
Le président Kagamé a quitté Bangui hier à 17h pour Kigali. Un pont long de plus de 1500m reliant Bangui à Kigali vient d’être inauguré.
Cyrus-Emmanuel Sandy, MEDIAS+

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