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« Affaire Firmin Zoh Ponguélé du GSTC »: la consécration de la dictature du régime Touadéra

CENTRAFRIQUE: LA RÉVOCATION DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU GSTC FIRMIN ZOH-PONGUÉLÉ PAR LE MINISTRE DE LA FONCTION PUBLIQUE OU LA CONSÉCRATION DE LA DICTATURE DU RÉGIME TOUADÉRA?
Pour tout Centrafricain averti, cette décision fait suite à ce que les gens disent du régime Touadéra qui ne brille que par la dictature, la prédation, la violation chronique des lois et règlements de la République. Or, ce verrouillage de l’espace social et politique centrafricain prouve de nos jours que le gouvernement n’aime pas le dialogue. Et d’ailleurs, que faut-il entendre par « Cadre permanent de concertation et de négociation»?
Cette expression signifie tout simplement que le gouvernement et les syndicats doivent toujours entretenir le dialogue pour régler les malentendus, les différents. Elle signifie privilégier le dialogue et la concertation pour éviter des crises. Elle signifie ne pas se comporter comme le plus fort, mais plutôt être capable de concessions, d’humilité, de compromis dynamiques.
On se souvient que lors de la dernière sortie médiatique du SG du GSTC Firmin Zoh-Ponguélé, ce dernier justifiait son refus de signer le Protocole d’accord entre gouvernement et syndicats le 26 septembre dernier par le fait que sa base, souveraine et jalouse de sa suprématie, devait obligatoirement être consultée en vue d’apprécier le contenu du projet du Protocole d’Accord, ce qui n’est que normal car presque tous les statuts des syndicats énoncent clairement que « l’Assemblée générale (comme le Congrès) est souveraine ».
Parce que le GSTC a refusé de signer le document du gouvernement sans l’avis de sa base, il est devenu un paria et son leader Zoh-Ponguélé mal vu par le pouvoir et les syndicats satellites du pouvoir. Mais c’est une grosse bêtise que le gouvernement vient de commettre en expulsant des négociations la centrale syndicale la plus représentative du pays et dont les prises de positions sont des excellentes contributions pour la bonne gestion des affaires des travailleurs centrafricains.
Si la RCA était dirigée par des démocrates, les points de vue, critiques, positions et suggestions d’une centrale syndicale comme le GSTC devaient être pris en compte pour bien mener la politique sociale du pays. Seule la force des arguments devait convaincre le GSTC du bien-être fondé des actes du gouvernement et non une décision de sanction qui démontre que le pouvoir de Bangui ne veut pas du dialogue avec ceux qui ne prennent pas des armes. Si le GSTC était le nom d’un groupe armé, allait-on retirer son premier responsable du cadre de concertation? Je ne le pense pas.
Par cet acte illicite, illégal, immoral, inopportun et foncièrement arbitraire et belliqueux, le pouvoir cherche à intimider et à étouffer le principal groupe syndical du pays, à verrouiller le dialogue, pour instaurer un monologue avec les leaders syndicaux corrompus, achetés par le pouvoir, sans base, considérés comme des traîtres par ceux qu’ils ont refusé de défendre les intérêts, à savoir: les travailleurs centrafricains.
Et pourtant, les groupes armés qui banalisent la vie des Centrafricains et violent régulièrement la constitution, les droits de l’homme et l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine ne sont jamais sanctionnés. Même Alkhatim et Abbas Sidiki qui se sont retirés du processus de paix en démissionnant de leurs postes de responsabilité de la Primature (ministres Conseillers militaires) ne sont pas exclus du cadre de processus de dialogue et de concertation pour la paix et la réconciliation. Ces derniers sont-ils des saints par rapport à Zoh-Ponguélé? Entre le GSTC et les groupes armés, qui est le plus mauvais?
Et pourtant, la plupart des chefs rebelles ont pris leur distance vis-à-vis de l’Accord du 06 février pourtant considéré par les Garants et Facilitateurs comme l’unique pont de salut de la RCA. Les principaux groupes armés signataires de l’Accord ont repris leur liberté d’action en tuant, en pillant et en défiant l’autorité de l’Etat.
Abdoulaye Miskine du FDPC a refusé d’exercer les fonctions de ministre chargé de la Modernisation de l’Administration et de l’innovation du service public et a déclaré son ambition de renverser le pouvoir de Bangui, mais aucune décision n’est prise pour mettre fin à ses fonctions de membre du gouvernement.
Le mercenaire tchadien Mahamat Al-Khatim du MPC et son acolyte peul camerounais Abbas Sidiki du 3R ont démissionné de leur poste de Conseiller militaire du Premier ministre Firmin Ngrébada pour reprendre des activités hors-la-loi. Le mercenaire tchado-nigérien Ali Darass (UPC) impose sa loi sur toute la Ouaka, la Basse-Kotto et le Haut Mbomou et une partie du Mbomou, mais il n’est jamais inquiété. Abdoulaye Issène, le bras droit de Nourredine Adam, pourtant sous sanction internationale, fait agir négativement le FPRC dans le nord-est. A quand une décision, un arrêté ou un décret pour les sanctionner?
Foncièrement injuste, la suspension de Zoh-Ponguélé est un non évènement et une erreur monumentale, car elle constitue la preuve que c’est le gouvernement qui ne veut pas du dialogue, qui n’aime pas le dialogue avec les individus et les organisations qui luttent démocratiquement, les mains nues, qui choisit lui-même les centrales syndicales qui jouent son jeu pour dialoguer. Seuls les groupes armés sont écoutés, compris et adorés comme les seuls fils du pays.
Entre les groupes armés et le GSTC de Firmin Zoh-Ponguélé, le régime Touadéra a donc choisi son camp: Oui aux groupes armés, non aux syndicats patriotes et responsables. C’est de la dictature pure et simple, et on sait comment les dictatures finissent généralement.
Wait and see.
Jean-Bedel Dinga-Kpilè, MEDIAS+

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