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CENTRAFRIQUE: LE MINISTRE DONDRA CONJURE UNE GRÈVE DES DÉPUTÉS Á L’ASSEMBLÉE NATIONALE QUI RÉCLAMENT LE VERSEMENT DE 140 MILLIONS DE FCFA EN VUE DE LA VULGARISATION DE L’ACCORD DE KHARTOUM

Incroyable mais vrai. Les députés ont refusé de travailler hier à l’heure pour exiger qu’on leur verse d’abord de l’argent promis pour une activité sans objet, activité qu’ils peuvent pourtant mener avec leur propre argent. Enquêtes et récit.
La sixième législature de la République centrafricaine ne cesse de surprendre. Ce qui s’est passé ce lundi 07 octobre 2019 pousse les uns et les autres à dire que les députés ne sont qu’au service de l’argent et non de la nation, leur grève (ou saute d’humeur) ayant retardé la séance d’audition sans débat du ministre des Finances et du budget venu pour faire une présentation générale du projet de la loi de finances 2019.
Selon plusieurs sources tant parlementaires que gouvernementales dignes de foi, le ministre des Finances et du budget, Henri-Marie Dondra, devrait se retrouver ce lundi 07 octobre 2019 face aux élus de la nation pour une présentation du projet de budget exercice 2020, notamment faire comprendre aux députés le contexte de l’élaboration du projet de loi, les acquis et difficultés du passé, les contributions extérieures, les innovations contenues dans ledit projet de loi, le montant du budget arrêté en recettes et en dépenses, les stratégies d’exécution du budget…
La séance de présentation devait débuter à 10 heures. Malheureusement, les locataires de la Maison des Lois de la République centrafricaine y ont trouvé une occasion en or pour poser un préalable au bureau de l’Assemblée nationale: le versement de 140.000.000 (CENT QUARANTE MILLIONS) de FCFA à raison d’un (1) million par député, somme qui n’est en fait qu’une promesse qui leur aurait été faite pour aller vulgariser auprès de leur électorat le texte de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation signé le 06 février 2019 par le président Touadéra et 14 groupes armés.
L’information a été portée à la connaissance du gouvernement et pour ne pas rater l’échéance, le ministre Dondra, qui a reçu l’information avant, a été obligé, en bon briseur de grève, de faire ses acrobaties habituelles pour mettre à la disposition des députés la totalité des 140 MILLIONS de FCFA. Sceptiques comme saint Thomas, les députés ont attendu d’avoir chacun un (1) million de FCFA dans sa poche avant de prendre le chemin de l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Ceci expliquant cela, la séance initialement prévue à 10h n’a pu démarrer que dans les environs de 12h30.
De cette grève des élus de la nation, on peut tirer quelques leçons.
1-LA GRÈVE EN CENTRAFRIQUE COMME SOLUTION Á DES REVENDICATIONS LÉGITIMES
Qui pouvait imaginer que le Trésor public disposait en liquide 140.000.000 FCFA qui auraient dû servir à payer les médicaments essentiels qui manquent cruellement dans les hôpitaux, les tables-bancs qui manquent dans les écoles, les arriérés de vacation des enseignants du secondaire et du sup, la bourse des étudiants à l’étranger? On peut donc affirmer que les caisses du Trésor public ne sont pas vides mais pleines d’argent qui déborde. Il suffit seulement d’une simple grève bien organisée pour qu’il y ait décaissement de l’argent comme ce fut le cas de ce lundi 07 octobre 2019 à Bangui.
C’est aussi une bonne leçon pour les enseignants vacataires qui réclament en vain leurs arriérés de frais de vacation dont le montant n’atteint pas souvent une telle somme exigée et perçue en moins de deux heures par les députés. Si ceux qui sont censés être des modèles passent par la grève pour avoir gain de cause, il est important de suivre la leçon qui vient d’en haut. Les centrales syndicales ont-elles tiré des leçons d’une grève bien organisée pouvant obliger les princes qui nous gouvernement à décaisser une telle somme en une fraction de seconde? Ne doit-on faire que la grève dans ce pays pour se faire entendre et être satisfait?
2- LES DÉPUTÉS CENTRAFRICAINS SONT DES OPPORTUNISTES BUDGÉTIVORES
On le voit clairement sauf mauvaise foi, que beaucoup de députés sont au service de l’argent et non de la nation. Pour preuve, malgré le salaire de 1.500.000 (UN MILLION CINQ CENT MILLE) Francs CFA que chaque député perçoit par mois, chaque député dispose en plus de 350.000 FCFA par mois pour, dit-on, aller expliquer aux populations de leurs circonscriptions les activités parlementaires qu’ils ont réalisées. Donc, chaque député perçoit pas mois 1.850.000 (UN MILLION HUIT CENT CINQUANTE MILLE) Francs CFA. Un tel traitement n’est-il pas assez suffisant dans un pays considéré comme l’un des plus pauvres et endettés du monde?
Fallait-il encore créer d’autres lignes budgétaires spécialement réservées à la dissémination de l’Accord de Khartoum/Bangui huit mois après sa signature? On comprend facilement que ce fameux Accord n’est qu’un simple arrangement pour enrichir les uns et les autres alors que la population tire le diable par la queue. Un véritable fonds de commerce?
Aujourd’hui, des centaines de milliers voire deux millions de Centrafricains continuent de vivre encore en terre étrangère depuis le déclenchement de la dernière crise déclenchée par la coalition séléka. Ils ont tout perdu et veulent rentrer chez eux. Malheureusement, ils n’ont plus rien qui puisse leur permettre de se réinstaller dans leurs zones respectives. Ce que chaque député à reçu ce lundi 07 octobre peut aider au moins 50 déplacés ou réfugiés à retourner chez lui. Donc avec les 140 millions de FCFA, le gouvernement pouvait financer le retour à domicile de 7000 déplacés ou réfugiés. Pourquoi alors ne pas utiliser cette somme pour faciliter le retour des déplacés et réfugiés chez eux? Et combien de Centrafricains on pouvait sauver la vie avec 140.000.000 FCFA? Telles sont les questions qui préoccupent.
Qui plus est, on sait que tous les députés ne sont pas d’accord avec l’Accord de Khartoum du 06 février, notamment ceux de l’opposition démocratique et les vrais indépendants. Ces députés qui s’opposent à l’Accord dit de Khartoum vont-ils eux aussi percevoir chacun un (1) million de FCFA sachant qu’ils ne vont pas battre campagne pour l’acceptation de l’accord par leurs électeurs? Ou alors vont-ils trahir ou se débiner par amour de l’argent?
On le voit, la grève de ce lundi matin laisse le Centrafricain dans des réflexions en ce qui concerne la moralité de nos députés. On ne peut pas refuser les fruits et consommer les jus naturels extraits de ces fruits.
En réalité, le véritable problème de ce pays est que les Centrafricains à tous les secteurs n’aiment pas leur pays. Ce manque de patriotisme est à l’origine de cette longue crise militaro-politique qui ne fait que perdurer sans raison valable. Car, s’il y avait patriotisme, avec un (1) million de FCFA que le député a perçu, il peut lui-même faire quelque chose pour le retour d’au moins 75 déplacés ou réfugiés qui ont besoin de pailles et de chevrons de bois de la brousse pour élever un hangar. Ou bien, équiper des établissements scolaires et/ou sanitaires. Mais comme « l’enfer, c’est les autres » (Jean-Paul Sartre), ils abandonnent la population à son triste sort.
Législature de trahison du peuple !
Damoclès Diriwo, MEDIAS+

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