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Berbérati : la réponse du président Touadéra aux revendications constitutionnelles, républicaines et citoyennes du Mouvement « E Zingo Biani »

LE PRESIDENT TOUADERA LANCE LES TRAVAUX DU DESENCLAVEMENT NUMERIQUE DE LA RCA A BERBERATI

DISCOURS DE SON EXCELLENCE FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
CHEF DE L’ETAT

A L’OCCASION DE LA CEREMONIE OFFICIELLE DE LANCEMENT DES TRAVAUX DU PROJET FIBRE OPTIQUE

BERBERATI, 4 OCTOBRE 2019

– Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;
– Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
– Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;
– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement
– Madame l’Ambassadrice, Cheffe de la Délégation de l’Union Européenne ;
– Monsieur le Représentant-Pays de la Banque Africaine de Développement ;
– Madame le Préfet de la Mambéré-Kadéi ;
– Mesdames et Messieurs les Sous-préfets ;
– Honorables Députés de la Nation ;
– Monsieur le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Berberati ;
– Distingués Invités ;
– Mesdames et Messieurs ;
– Vaillantes populations de Berberati,

Je me réjouis d’être à nouveau parmi vous, à BERBERATI, à l’occasion de la cérémonie officielle de lancement des travaux du projet fibre optique.
Je voudrais adresser mes chaleureuses salutations aux populations de la MAMBERE-KADEI et les remercier pour leur accueil enthousiaste.
Je salue tout particulièrement les autorités administratives, politiques, judiciaires, militaires et religieuses locales ainsi que les Chefs traditionnels, les « ZOUKPANA », pour leurs précieuses contributions à la réussite de cette cérémonie et surtout au retour de la paix et de la sécurité à BERBERATI.
Votre présence massive pour m’accueillir et toute la délégation qui m’accompagne est un signe d’intérêt que vous accordez aux idéaux de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble, valeurs qui ont toujours caractérisé notre société.
Vous avez remarqué à la tribune la présence parmi nous, des représentants de l’Union Européenne, de la MINUSCA, de la BAD, des Directeurs Généraux des sociétés de téléphonie fixes et mobiles et bien d’autres qui ont effectué le déplacement de BERBERATI pour vivre l’évènement exceptionnel qui nous réunit en cette matinée.
Pour exprimer notre hospitalité légendaire et notre reconnaissance pour leurs appuis au relèvement de notre pays, je vous demande de les applaudir.
Mesdames et Messieurs,

Dans mon projet de société qui a été massivement approuvé par le peuple centrafricain, j’ai fait du désenclavement de notre pays, un des leviers de son développement socio-économique.

Ce désenclavement doit être assuré par la route mais aussi par les nouvelles autoroutes de l’information que sont les fibres optiques, capables de nous relier avec le monde et de manière instantanée.

Le projet structurant dont les travaux sont lancés aujourd’hui à Berberati, l’un des poumons économiques de notre pays, participe à cette politique, car il contribuera à assurer la connectivité de notre pays avec le reste du monde ainsi que nos différentes régions entre elles.

Outre son intérêt économique et les opportunités d’emploi qu’elle offrira aux jeunes, le projet fibre optique constituera un important moyen de renforcement de la cohésion sociale, du vivre ensemble et de l’unité nationale.
Il répond par ailleurs au Programme de Développement Durable d’ici à l’An 2030, adopté par l’ONU en septembre 2015 que nous avons lancé 22 août 2016.

L’une des cibles les plus importantes de ce Programme est consacrée aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

En effet, comme les autres pays les moins avancés du monde, nous devons faire en sorte que la banque de technologies et le mécanisme de renforcement des capacités scientifiques et technologiques et des capacités d’innovation soient pleinement opérationnels à l’an 2017 et renforcer l’utilisation des technologies clefs, en particulier de l’Informatique et des Communications.

C’est pourquoi, dès ma prise de fonction le 30 mars 2016, j’ai identifié le projet de la fibre optique comme l’un des piliers de mes actions pour la relance de l’économie de notre pays.

La réalisation de ce projet va nous permettre de disposer d’infrastructures haut débit, capables d’offrir aux Centrafricaines et Centrafricains une connexion Internet de meilleure qualité et à moindre coût.

Ce projet permettra aussi au Gouvernement d’introduire facilement dans tous les secteurs d’activités des applications telles que la Gouvernance électronique (e-gov), l’administration électronique (e-administration), le commerce électronique (e-commerce), l’éducation en ligne (e-éducation) et bien d’autres applications.

Il permettra aux entreprises d’avoir une meilleure efficacité, une meilleure productivité grâce à la rapidité qu’elle permet dans le traitement des données, une meilleure transparence, une meilleure traçabilité et surtout, va générer un flux important de trafic national dont les taxes appliquées seront reversées dans la caisse de l’Etat.

En sus de ce qui est mentionné, la réalisation du projet fibre optique va permettre à notre pays de créer un Point d’Echange Internet (IXP) national et sous-régional.

La position géographique de notre pays, qui est au centre du Continent africain et donc le plus court chemin par lequel va passer l’essentiel du flux de trafic entre les pays africains et le monde, va servir de carrefour pour le trafic africain et bien évidemment rapporter des dividendes appréciables pour l’Etat.

Je reconnais volontiers que ce changement ne sera pas effectif sans un véritable renforcement des capacités des fonctionnaires et agents de l’Etat suivant un planning clairement défini.

C’est pourquoi, j’instruis le Ministre des Postes et Télécommunications de veiller personnellement sur les autres objectifs du projet.

Je relève la nécessité de mettre en œuvre des stratégies d’urgence axées sur :
– le développement de l’économie numérique par les usages et les compétences ;
– le processus de migration des entreprises et sociétés nationales vers le numérique ;
– la vision des banques, des établissements de micro-crédits et l’économie numérique ;
– l’encadrement des populations et associations sur l’économie numérique.
C’est pourquoi, j’exhorte les jeunes, les notables, les autorités locales et toute la population centrafricaine à s’approprier ce bien qui ouvre désormais nos portes sur le monde.
Vaillantes populations de BERBERATI ;

Je voudrais saisir cette occasion pour vous parler un peu de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, négocié à Khartoum au Soudan et signé le 6 février 2019 à Bangui, par le Gouvernement et les 14 groupes armés, grâce à l’appui de l’Union Africaine, des pays de la sous-région et de toute la Communauté internationale.
Comme j’ai eu à le préciser en plusieurs circonstances, cet Accord n’est qu’une étape dans notre quête quotidienne de la paix, de la stabilité et du développement de notre pays.
Je dois insister sur le fait que la sécurité, la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble constituent les fondamentaux pour inverser la situation socio-économique déplorable dans laquelle nous ont entraîné les douloureux évènements que notre pays a connus.
Il est temps de tourner cette sombre page et de nous remettre résolument au travail pour reconstruire notre beau pays, la République Centrafricaine.
Sans la paix, nous ne serions pas rassemblés aujourd’hui à Berberati pour lancer ce projet important pour le développement de notre pays.
Nous devons saisir l’opportunité que nous offre cet Accord pour revenir sur le bon chemin de paix, de cohésion sociale et de vivre ensemble.
Pour cela, nous devons rompre définitivement avec les démons de la destruction, la vengeance, le rejet de l’autre, la haine et les violences aveugles dont les conséquences ne sont que la désolation dans nos communautés, nos ménages et la paupérisation de nos concitoyens.
Je réaffirme ici à BERBERATI, que c’est pour la paix, la sécurité dans notre pays, dans nos régions, dans nos préfectures, dans nos sous-préfectures, dans nos communes, dans nos quartiers et villages, dans nos ménages que vous m’aviez massivement élu, non pour faire la guerre.

Cette vision est aussi approuvée et soutenue par la communauté internationale. Elle a été récompensée et encouragée par le Prix Spécial de la Paix qui m’a été décerné par la Fondation Internationale Issa HAYATOU et l’Organisation Mondiale pour la Paix, le 11 septembre dernier, après le Saint Père, le Pape François.
Ce prix, qui est le vôtre, m’encourage à continuer à vous exhorter à soutenir l’Accord pour la Paix et la Réconciliation et à faire confiance à cette initiative qui, j’en suis convaincu, va nous ouvrir des perspectives meilleures.
Je voudrais vous informer que grâce à cet Accord, certains groupes armés tels que les 3R de SIDIKI, les FDPC d’Abdoulaye MISKINE, les RJ de SAYO et les Anti Balaka de la Nana-Mambéré ont déjà été désarmés dans le cadre du DDRR.
Une fois les groupes armés désarmés, nous mettrons en place les Unités Spéciales Mixtes de Sécurité, composées à 60% des éléments issus des anciens groupes armés et 40% des FACA, pour assurer la sécurité des régions en attendant le déploiement effectif des FACA.
D’ores et déjà, nous avons procédé au redéploiement conjoint des FACA avec la MINUSCA dans certaines régions jadis sous l’influence des groupes armés, notamment à Paoua, Bambari, Bouar, Bangassou, Kaga-Bandoro, Alindao et Bria.

Mais certaines voix s’élèvent pour décrier une prétendue violation de la Constitution et une certaine connivence entre le Gouvernement et les groupes armés.
D’autres vont jusqu’à nous accuser de ne pas faire la guerre pour sauver le peuple face aux exactions des groupes armés et réclament la tenue urgente d’une conférence nationale souveraine.
Une telle demande, émanant de surcroît d’une association illégitime, est démagogique, fallacieuse et inopportune. Elle vise seulement à empêcher l’organisation des futures élections présidentielle et législatives pour instaurer une autre transition qui leur permettrait d’usurper la souveraineté du Peuple.
Je rappelle que l’un des principes cardinaux de notre République est le Gouvernement du Peuple par le peuple et pour le peuple. Les institutions éligibles, chargées de diriger l’Etat, tiennent leurs pouvoirs du peuple par voie d’élections, au suffrage universel direct.
A ce propos, toutes les institutions prévues par la Constitution du 30 mars 2016 ont d’ailleurs été mises en place dans le délai constitutionnel et fonctionnent harmonieusement. Il n’y a pas de crise institutionnelle dans notre pays.
Je vous exhorte donc à la vigilance pour barrer la route à toutes les manœuvres tendant à replonger le pays dans le chaos et à mettre en péril notre démocratie en construction.

Mesdames et Messieurs ;
Je voudrais, en terminant mon propos, réitérer mes félicitations au Ministre des Postes et Télécommunications et ses collaborateurs pour le travail accompli et l’encourager à poursuivre les réformes pour le développement du secteur des TIC en République Centrafricaine.
J’exprime toute ma reconnaissance aux partenaires au développement notamment, la BAD et l’Union Européenne qui ont su percevoir en notre approche de désenclavement numérique, une réelle volonté de promouvoir la cohésion sociale, la paix, la bonne gouvernance à travers cet outil précieux de développement des affaires, de changement de mentalité, d’ouverture sur le monde de manière non discriminatoire par le désenclavement numérique, qui donne la chance à chaque fils et fille du pays, quelle que soit sa position géographique, de développer ses connaissances et accroître ses capacités multiformes dans un esprit constructif et une vision communautaire.
C’est donc avec optimisme que je déclare lancés, les travaux du projet fibre optique en République Centrafricaine.

Je vous remercie.

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